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Festival d'Avignon

23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 23:59
L’AMOUR ET LE BURIN

Adrian Brine signe la mise en scène d’une pièce du scénariste américain Neil LaBute. Un spectacle inégal mais bien emmené par de jeunes acteurs convaincants.


Les choses prennent forme dans un musée : Adam, jeune étudiant sympathique, cheveux plaqués, lunettes épaisses, nez à la Cyrano et vêtements élimés, est chargé de la surveillance d’une salle dans laquelle est exposée une statue dont la nudité n'est cachée que par de belles feuilles de vigne. Evelyn, une jeune femme extravertie et bravache rentre et s'intéresse de si près à l'anatomie de la statue, qu'Adam est obligé de la rappeler, timidement, à l'ordre. Les jeunes gens flirtent, un rendez-vous est pris...

la-forme-des-choses.jpg
Cette scène a le mérite de donner le ton de la pièce, une comédie dont le cynisme se cache maladroitement derrière une feuille de romantisme. Car la jeune femme, étudiante en art, n'a qu'une envie, c'est de taguer sur la statue le phallus, qu'un excès de puritanisme a recouvert de ces chastes feuillages. Sous l’influence d’Evelyn, Adam va lui aussi se métamorphoser progressivement en un jeune homme moderne tandis que son couple d’amis, Philippe et Jenny vont être respectivement stupéfaits et séduits par ces transformations.

Neil LaBute est un digne héritier de la vague de scénaristes américains auteurs de comédies déjantées mais que la conscience sociale porte à un niveau intéressant, tout comme les frères Farrelly (Deux en un) ou encore Judd Apatow (En Cloque, mode d’emploi).

Avec cette pièce, portée à l'écran en 2003 sous le titre The Shape of things, Neil LaBute livre une comédie mordante, plus souvent mordante que franchement drôle d'ailleurs, prenant pour cadre la vie universitaire. Le puritanisme, le poids du mariage dans certains milieux, le matérialisme de la jeunesse, tout est ici pointé du doigt avec plus ou moins de subtilité dans des répliques concises et directes comme « galant, c’est la version médiévale de loser… ».

Un mur de cynisme

Ce que Neil LaBute vise surtout, c'est le culte de la perfection, et le cynisme malsain ambiant qui fait de l'homme un matériau de base apte à être modelé selon les normes du moment.

La Forme des choses pose la question de la subjectivité de l’art et de ses dérives, mais les ficelles sont trop grosses pour que cela fonctionne. C’est quand l’auteur s’intéresse de près aux mœurs, aux espoirs et au langage propres au milieu universitaire que la comédie se lance véritablement. La Forme des choses interroge le langage verbal et corporel des étudiants, analyse leurs incompréhensions et les met face à face avec eux-mêmes. Issu en ligne directe de la tradition du loser magnifique des comédies américaines, Adam se distingue pourtant de ses cousins parce qu’il n’obtient même pas de rédemption finale : semblable à un bonhomme crash test, il est lancé à grande vitesse contre un mur de cynisme.

La mise en scène d’Adrian Brine est très énergique, à l’image des personnages. Tout va à trois cents à l’heure, mais il parvient tout de même à jouer de manière assez subtile sur les faux-semblants, un peu comme la feuille de vigne posée sur la statue. Les quatre jeunes comédiens sont très justes, avec une mention spéciale pour les deux rôles féminins, Julie Delarme et Marie-Julie Baup, qui composent comme le ying et le yang une Evelyn diabolique et une Jenny d’un romantisme béat.

Morgan LE MOULLAC (Paris)


La Forme des choses
De Neil LaBute
Adaptation de John Thomas
Mise en scène d’Adrian Brine
Avec : Julie Delarme, Jérôme Foucher, Marie-Julie Baup, César Méric
A partir du 15 janvier 2008
Du mardi au samedi à 21h, samedis à 17h, dimanches à 15h
Au Petit Théâtre de Paris,
15, Rue de Blanche
75009 Paris
Tel : 01 42 80 01 81

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans À Paris 2007-08
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