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Festival d'Avignon

24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 19:29
OPÉRATION PINTER

Gérard Pinter, avec la fougue délirante qu’on lui connaît, mène tambour battant et cor sonnant une comédie loufoque où un transsexuel revient au bercail après son opération. Un retour sur fond de campagne électorale dans une province bien coincée. Une interprétation de haut vol mais un texte parfois poussif dans un spectacle qui vire parfois au one man show.


Paul n’est plus. C’est Paula désormais. Brune et  pulpeuse à la Monica Bellucci, elle revient voir sa soeurette chérie, une pisse froid provinciale mariée au premier édile de la commune. Les élections approchent, les sondages sont catastrophiques. La bonne est en cloque. Père inconnu. Le temps presse pour renverser la vapeur. Paula n’est pas la bienvenue…

Les trois coups sont remplacés par un tonitruant hallali. Le rideau s’ouvre sur un appartement provincial où rien ne manque, du portrait de l’épagneul défunt à la tête de sanglier empaillée sans oublier les incontournables fusils, signes ostentatoires de rigidité bourgeoise d’une société abonnée au « Chasseur français » et fière de ces activités de pseudo virilité. Qui est le chasseur ? Qui est la proie ? Pas sûr que Gérard Pinter ait cherché à filer la métaphore. C’est bien le reproche qu’on pourrait d’ailleurs lui faire. L’écriture, même si elle réserve de bonnes surprises et ne manque pas de rebondissements, souffre d’une impression de déjà vu. Certains gags franchement poussifs (dont celui d’une glande bovine qui sauta au cou de Paula pour expliquer ce que personne ne veut reconnaître comme une pomme d’Adam) nuisent à la légèreté et surtout à la finesse avec laquelle cette histoire aurait pu être menée. C’est finalement cette franchouillardise provinciale, qui aurait dû être dynamitée par des mots corrosifs de l’auteur, qui englue ce spectacle dans le convenu. Les situations souvent énormes ne sont pas soutenues par un dialogue en contrepoint suffisamment pétillant pour que l’ensemble atteigne des sommets de drôlerie et surtout de sarcasme.

Une interprétation convaincante

Reste l’interprétation. De ce côté-là, en revanche, les choses vont plutôt bien. Même si l’auteur Pinter offre à l’acteur Pinter la plus belle part du gâteau, tant dans les situations que les meilleures répliques, ce dernier ne se privant pas d’en rajouter parfois, d’en faire des caisses et de cabotiner outrancièrement, on peut dire que la bonne humeur distillée par les six comédiens très convaincants est réelle et totale. Grâce à une mise en scène alerte et énergique, les six personnages légèrement en manque d’auteur, réussissent à remporter les suffrages d’une salle convulsée par des rires.

C’est donc un spectacle qui, même s’il ne sera jamais recommandé par le R.A.C (Rassemblement Anti-Chasse) et en dépit de ses nombreux tics dévolus au genre, remplit honorablement son cahier des charges.

Franck BORTELLE (Paris)

Opération Cousine
 de Gérard Pinter
Mise en scène : Gérard Pinter et Dominique Deschamps
Avec Gérard Pinter, Caroline Bal, Anne-Elisabeth Blateau, Franck Jouglas, Christophe Petit, Laurence Roy
Durée : 1h45
Théâtre Fontaine, 10 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris
Réservations : 08.92.70.77.05 ou 01.48.74.74.40

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Franck BORTELLE 25/02/2008 23:57

Après avoir consulté quelques sites et discuté de la question avec mes amis et collègues de l'association LGBT dont je suis un des membres fondateurs, il apparaît effectivement que j'aurais dû mettre au féminin, même si étymologiquement le terme de "transsexuel(le)" désigne l'état entre les deux et non la finalité post opératoire. Merci pour votre remarque.

Solange D. 25/02/2008 11:40

Vous écrivez: " Gérard Pinter, avec la fougue délirante qu’on lui connaît, mène tambour battant et cor sonnant une comédie loufoque où un transsexuel revient au bercail après son opération". Or, si j'ai bien compris votre article, il me semble que le personnage Paula est bien UNE transsexuelle (et non ...UN). Je comprends bien que cette erreur relève plus d'un manque d'information que d'un comportement discriminatoire.

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