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Festival d'Avignon

26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 21:50
EN ATTENDANT LE TRAIN

Quatre clochards et un illusionniste se retrouvent dans une gare désaffectée. Ils attendent qu’un train s’arrête et les emporte ailleurs. Ailleurs, ou nulle part…


Dans un grand espace sombre et profond se croisent des personnages sans destin. Leur occupation principale : répéter la scène qu’ils joueront lorsqu’un train s’arrêtera. La femme, Loupka, y montera pour échanger sa valise de clocharde contre celle d’un voyageur, bien pleine. Mais les trains passent et ne s’arrêtent jamais, déversant à chaque passage sur ces rebuts de l’humanité des monceaux de déchets. Et parfois une bouteille d’alcool, vite descendue par les protagonistes.

orchestre-titanic.jpg
Un jour, un train s’arrête, le temps de laisser descendre un individu tout de blanc vêtu. Un illusionniste. Il va mener tout ce petit monde en bateau, un bateau nommé Titanic, dont ils constitueront l’orchestre qui jouera jusqu’à ce que l’ensemble disparaisse…Car il est affaire de disparition dans cette pièce. L'illusionniste, alcoolique lui-aussi qui joue les professeurs, leur enseigne qu'il existe plusieurs moyens de disparaître du monde réel. Grâce à l'alcool, notamment, ou en se réfugiant dans la religion. Ou par l’illusion. Il est question aussi de salut, Loupka veut expier ses péchés et Doko, le plus convaincant des quatre sans-abris, vit avec le remord d’avoir laissé mourir de faim son ourse. Il est donc aussi question de Katia, l’ourse disparue, qui ressurgit lors d’interludes oniriques.

La pièce, qui commence pendant que les spectateurs s’installent, démarre avec beaucoup de lenteur et de lourdeur. Ce qui est sans doute nécessaire pour entrer dans l’univers de ces personnages sans espoir. L’atmosphère est glauque à souhait, et le lieu, près de la Gare RER, colle parfaitement à la pièce puisque le bruit des trains qui passent à l’extérieur vient se superposer au bruitage des trains de la pièce : on ne sait parfois plus faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est fictif. Enfin, les lumières, jouant des clairs obscurs, mettent en valeur un espace à plusieurs dimensions.

Avec le temps, le texte gagne en profondeur, et la poésie flirte parfois avec la métaphysique. Ces personnages n’attendent pas le train que pour dévaliser les passagers mais voudrait bien y prendre place, comme tout à chacun. Reprendre le train de la vie. S’il n’est pas trop tard… Mais peut-être qu’à force d’illusions, le salut de ces âmes en peine est-il illusoire. Et si tout ceci n’était qu’un rêve ?

Autour de cette création du théâtre bulgare, Gare au Théâtre organise durant un mois et demi des rencontres avec l’univers de l’Europe Centrale, entre Bulgarie et Roumanie : deux pièces de théâtre, six films et des lectures viennent ici se compléter.

Alexandra FRESSE (Paris)

De Hristo Boytchev
Mise en scène de Mustapha Aouar / Compagnie de la Gare
Avec : Barnabé Perrotey, Fabrice Clément, Nouche Jouglet-Marcus, Pascal Bernier, Stéphane Schoukroun
Lumière : Pierre-Yves Toulot
Environnement sonore : Christian Sébille.

Du 21 février au 30 mars 2008, du jeudi au samedi 21h, le dimanche 17h.
Gare au théâtre, 13 rue Pierre Sénard, 94400 Vitry-sur-Seine
Réservations : 01 55 53 22 26

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Published by Alexandra FRESSE - dans À Paris 2007-08
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