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Festival d'Avignon

26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 23:08
LA GUERRE AUJOURD'HUI PLUS QU'HIER ET BIEN MOINS QUE DEMAIN ?

A mi-chemin entre Franz Kafka et Maxime Gorki, « Archipel » propose une parabole futuriste sur fond de guerre du Liban dans un spectacle dynamique, moderne et vivifiant, mais difficilement accessible à un public non averti.


Les guerres n’en finiront jamais et jamais non plus n’en finira l’imagination des auteurs pour les dénoncer. Providentielle rançon de l’horreur que de fertiliser la créativité… Souvent passéistes parce qu’empiriquement plus crédibles, les textes revêtent les formes de récits linéaires jonchés de repères temporels. Accessibles à tous, ces œuvres tiennent lieu de témoignages et ouvrent les yeux sur la violence aveugle que génère cette « connerie » comme la nommait Prévert.

Archipel---eric-legrand.jpg
Prenant le contrepied à ces habitudes, Issam Bou Khaled opte pour le futurisme. Il ne laisse donc, d’entrée de jeu, guère d’espoir à cette société libanaise dévastée, diminuée. Demain seront encore des guerres, des bâtiments détruits, des cadavres qui jetés à la mer, permettront de construire un pont qui reliera Beyrouth à Chypre. Vaste chantier de l’ignominie. C’est d’ailleurs dans une canalisation qui relie les deux lieux que se trouvent trois personnages sûrement pas en quête d’horreur. Ils sont en effet morts, sans espoir de revoir la lumière du jour, genre de morts vivants  chers à Roméro ou Carpenter. Dégringole du monde des vivants un sac poubelle d’où sort, sordide chrysalide, un papillon bien étrange : une enfant-éprouvette ratée. Cette intrusion  va engendrer une agitation grâce à laquelle chacun va révéler son passé et  désirer retrouver la surface.

Un bilinguisme pas toujours bien assuré


En plantant le décor en 2100 dans un égout aux couleurs verdâtres, l’auteur et metteur en scène ne lésine pas sur les effets dévastateurs des conflits armés. Ses personnages s’agitent sans grande logique, comme livrés à eux-mêmes, sans repères, sans but, sans vie sociale. Leurs comportements, qui semblent sortis à la fois de l’univers de Kafka et de Gorki (on ne peut s’empêcher de songer au « Bas fonds » du célèbre romancier russe), n’obéissent à aucun code et résonnent de déraison.  Il reste donc à se laisser porter.

La mise en scène, énergique, jouant parfois de drôlerie purement scénographique, y pourvoirait si… Un bémol de taille en effet vient perturber cette partition ambitieuse pourtant non dénuée de charme. FLa farce surréaliste a ses limites. Elles sont ici d’ordres essentiellement linguistiques. Les quelques mots prononcés en arabe et qui convulsent de rire une partie du public vont laisser l’autre en rade. Difficile donc de se laisser emporter sans résistance par un courant aussi abscons, même si un tel spectacle peut aussi ouvrir grand les portes de l’imaginaire. Mais pour cela, quelques clefs dans les bonnes serrures s’imposent…

Franck BORTELLE (Paris)

Archipel, d’Issam Bou Khaled
Une coproduction Le Tarmac de la Villette-Collectif Shams de Beyrouth
Mise en scène : Issam Bou Khaled

Avec : Roger Assaf, Bécharah Atallah, Sawsan Bou Khaled, Bernadette Houdeib
Scénographie : Hussein Baydoun
Costumes et accessoires : Sawsan Bou Khaled
Recherches musicales : Cynthia Zaven, Roger Assaf, Sarmad Louis
Création lumière : Sarmad Louis

Le Tarmac de la Villette , 211, avenue Jean-Jaurès ,75019 Paris
Réservations : 01 40 03 93 95
Du 19 février au 15 mars 2008, du mardi au vendredi à 20 h, les samedi 23 février et 8 mars 2008 à 16 h, samedi 1er et 15 mars 2008 à 20 h
Durée : 1 h 10

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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