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Festival d'Avignon

4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 22:37
VIVA LA NOSTALGIA

Un piano. Une voix. Un univers clairement revendiqué tourné vers la nostalgie, le temps qui passe, l’enfance. Un zeste de romantisme. Un physique de jeune premier, séducteur et séduisant. Aussi classique que hors normes. Un talent fou à découvrir d’urgence…


Nous, journalistes, aimons bien coller des étiquettes sur des nouveaux talents. Se dire qu’on a déniché une future star. Mais certains artistes ne se laissent pas étiqueter aussi facilement et ce sont pourtant bien souvent eux qui nous font aimer encore plus notre métier. Stéphane Corbin, de toute évidence, est de ceux-là. Alors, Corbin c’est qui ? Un Delerm avec une vraie voix ? Un Obispo avec de vrais textes ? Un Polnareff mélancolique ? Un Sheller de l’intime ? Impossibles références qui lui glissent dessus comme pluie sur les rémiges d’un col vert. Aussi classique qu’inclassable, il a autant les allures de premier de la classe que du héros de sa chanson « Ballade à Nathan », qui s’échappe moins pour faire l’école buissonnière que pour parcourir le monde.

corbin.jpg
Insaisissable parce que naviguant sur des ondes guère « staracadémisées », Stéphane Corbin est de ces oiseaux fous qui se posent là où on les attend le moins. Une ballade sur le temps qui passe en ouverture installe le spectacle dans une nostalgie teintée d’un romantisme acidulé, impression que complète le piano où courent, agiles, des notes au bout de ses doigts. Des amours mortes avant d’être nées, ces passions d’ados, confortent l’impression avec « Pas sur la même ligne ». Même chose avec l’une des plus jolies chansons du récital qui parle d’un bol avec le prénom écrit dessus et qui, témoin muet de toute une vie, du berceau au linceul, nous accompagne, « ami fidèle qui me rappelle comment je m’appelle ».

Une drôle de rupture

Entre chaque titre, quelques mots. Justes et forcément autobiographiques. Puis à mi-parcours, après « Nos retrouvailles », écho de « On se reverra » qui le précède, une « Daisy » va provoquer la rupture. Pas simplement parce qu’elle est partie et qu’il lui crie « Reviens », mais bien parce que le ton change. Après les élégies romantiques, le chansonnier touche la corde du rire. Et elle vibre à merveille. Le texte est enjoué, drôle comme du Fernand Raynaud auquel il fait d’ailleurs un clin d’œil fort à propos. Des séparations comme celle-ci, on en redemande, quel bonheur !

Le ciel, le soleil, les nuages, le vent, les inondations (« Paris Déluge ») prennent ancrage dans les textes sans que pourtant jamais ne se fasse sentir une impression de déjà entendu. Juste récompense du soin apporté au mot, aussi indéniable que celui des compositions. Romantisme donc. Oui et clairement revendiqué. Si le mal-être a bien changé depuis Lamartine et vient désormais de ces « villes inhumaines », l’appel du large (« Corsaire ») demeure, tout comme ces préoccupations sur le temps qui nous file entre les doigts (« Mille soleils ») ou sur notre rôle ici-bas (« Les Causes perdues »).

A la fois drôle et grave, Stéphane Corbin nous rappellerait finalement davantage quelques-unes de nos grandes chanteuses qui osent faire rire et émouvoir, derrière leur piano noir… Mais n’enfermons pas ce drôle d’oiseau dans une cage. Sa liberté, c’est sa richesse. Et c’est aussi la nôtre.

Franck BORTELLE (Paris)

« Les Murmures du temps »
Avec Stéphane Corbin (piano et chant)
Cabaret Essaion, 6 Rue Pierre au Lard, 75004 Paris
6 rue Pierre au Lard 75004 Paris
www.essaion-theatre.com
Réservations : 01 42 78 46 42
Jusqu’au 31 mars 2008 tous les lundis à 21 heures 30
Durée 1h10


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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