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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 09:14
CHACUN SON TOUR

Après le succès de Ciel ! Mon Feydeau !, la compagnie Anthea Sogno et le théâtre vivant présentent une nouvelle pièce de Feydeau : La Main passe. Tout aussi efficace, cette pièce transposée à l’époque moderne décortique avec autant d’entrain que d’humour l’infidélité des couples mariés.


La compagnie Anthea Sogno, du nom de la comédienne principale, était taillée pour jouer du Feydeau. Fidèle à l’esprit burlesque de ce grand dramaturge contemporain, le jeu des comédiens incarne avec brio la pièce La Main passe, exagérant son impulsion comique.

L’infidélité est banalisée, dédramatisée par un traitement humoristique du texte qui atténue la gravité réelle de cet acte. Les situations, toujours grotesques ou inattendues, sont interprétées par des comédiens très en verve, qui s’emportent avec véhémence, tremblent à n’en plus pouvoir parler devant la femme aimée et mariée, mentent jusqu’à inventer des péripéties parfaitement absurdes et pleurent d’une tristesse hyperbolique. La douleur, loin d’être niée, est mise en scène.

main-passe1.jpg
Mitch Hooper, le metteur en scène, insiste sur la souffrance des êtres trahis. Durant ces instants suspendus où une musique absolument romantique résonne dans tout le théâtre, certains comédiens, en avant-scène, sanglotent assis derrière une immense toile sur laquelle est projeté, grâce à un rétro-projecteur, un film sur l’être aimé. Mais, les images, exagérément proches, exhibent les poncifs les plus classiques des relations amoureuses. Leur portée dramatique est tellement évidente qu’elles en perdent toute tonalité tragique. Balayés les pleurs, le metteur en scène Mitch Hooper prend le parti pris de distancier la douleur et de la rendre ridicule en misant sur la perpétuation d’un cercle vicieux. Celui où les couples mariés sont condamnés à ne plus s’aimer, à se tromper, à divorcer, à se remarier, puis à se retromper et ne plus s’aimer. L’amour y est ainsi décrit comme un jeu de cartes dans lequel la main passe à l’autre.

Feydeau, l’universel

Déplacée à notre époque, cette version de La Main passe prend de charmantes libertés de ton et de gestes qui réactualisent gaiement et sensuellement cette pièce intemporelle et universelle. Le rétro-projecteur s’inscrit dans un ensemble contemporain beaucoup plus vaste. Les costumes illustrent la modernité physique de cette adaptation de Feydeau : un jean, une chemise ouverte, une robe sexy en soie, un tee-shirt négligé, des femmes en tenues légères, des hommes aussi.

Polyvalents, ces éléments actuels servent à donner l’illusion que les scènes se passent aujourd’hui tout en jouant, pour certains, un rôle fondamental dans l’évolution de la pièce : la caméra numérique, qui orne l’appartement reconstitué sur scène, sera le déclencheur de l’intrigue. Preuve implacable pour le mari trahi, cette caméra filmera, à son insu, l’infidélité évidente et érotisée de la femme mariée, pleine de désir pour un nouvel amant. Une manière de dire qu’à notre époque, avec la nouvelle technologie, il est moins facile de trahir son couple, ou du moins, plus facile d’être découvert.

La Main passe propose un moment où les rebondissements en tous genres, les situations les plus farfelues et les personnages les plus drôlement hypocrites rythment la pièce sans s’essouffler. La drôlerie générale et naturelle des comédiens éveille la bonne humeur et la pleine adhésion du public.

Cécile STROUK (Paris)
 
La Main passe
Auteur : Georges Feydeau
Mise en scène : Mitch Hooper assisté de Vincent Harter
Interprétations : Anthéa Sogno, Anatole de Bodinot, Patrick Azam ou Christophe Barbier ou Stéphane Roux, Sacha Petronijevic ou Guillaume Crozat, Michel Papineschi ou Bruno Paviot, Smadi Wolfman ou Elise Roche, Michel Baladi ou Jean Tom, Hervé Masquetier, Philippe Simon ou Bernard Castel
Décor : Olivier Prost
Lumière : Pierre Befve

Au théâtre Michel à Paris, du mardi au samedi à 20h45, matinées le samedi à 16h et le dimanche à 15h.
Réservation : 01 42 65 35 02






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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2007-08
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