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Festival d'Avignon

20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 21:56

PLUS NOIR QUE DRÔLE


Considéré comme le fils caché de l’humour avec un grand « H », l’humour noir en vertu duquel on peut rire de tout, est à l’honneur grâce à trois comédiens qui le remettent au goût du jour. Malgré une mise en scène intéressante et une interprétation plutôt convaincante, l’ensemble peine à décoller.

Les derniers spectateurs ne sont pas encore arrivés et les haut-parleurs continuent à diffuser une musique d’ambiance de Cole Porter. Pourtant sur la scène, un drôle d’énergumène, hiératique et spectral, agite son balai en faisant les cent pas. Progressivement il attire l’attention des spectateurs. Entrée tonitruante de Bernard Menez. Les lumières s’éteignent de suite. De saynètes en saynètes, un salmigondis de situations désopilantes, nihilistes, absurdes, surréalistes va se mettre en place.

anthologie-D-Assum-ao-Timsit-Menez-1.JPG


« L’anthologie de l’humour noir » d’André Breton est un concentré de textes compilés mais non écrits par le pape du surréalisme. S’y mêlent des auteurs aussi différents que Charles Cros, Huysmans ou Apollinaire. Marc Goldberg en a extrait quelques- uns et a tenté de les théâtraliser, refusant de faire de ce spectacle une simple lecture mise en espace et de créer une continuité dramatique forcément artificielle. C’est donc plutôt du côté du décor et des interprètes qu’il va chercher une certaine « logique » et éviter l’impression de fourre-tout que le surréalisme induit parfois, à plus forte raison avec douze auteurs différents.


Une adaptation pas toujours très convaincante


Le décor, composé d’une cible gigantesque, de deux marques au sol que laisse la police pour suggérer la position dans laquelle un cadavre y a été trouvé, d’une paillasse de laboratoire et d’un écran géant, va s’animer avec habileté et bien qu’imposant, il ne détourne pas l’attention du spectateur par rapport au texte. Les comédiens quant à eux s’en tirent très honorablement malgré quelques regrettables bafouillages de Bernard Menez.


Pourtant il y a quelque chose qui cloche. On ne rit presque jamais. Si le vade-mecum de l’assassinat élevé au rang d’art de Thomas de Quincy prête à sourire autant que la conférence sur la manière d’endiguer la pauvreté en Irlande en bouffant les gamins en bas âge, certains textes s’enlisent à force d’être matraqués (notamment le sketch interminables des phrases polysémiques) ou sont amenés de manière trop attendue. Il manque assurément à ce spectacle un relief dans sa mise en scène, dans le ménagement des surprises. Là, tout est lisse et tombe à plat malgré quelques phrases amusantes et des situations cocasses (le cercueil d’où le hareng sort). C’est dommage car voilà le genre de spectacle qu’on aimerait adorer.


Franck BORTELLE (Paris)


Anthologie de l’humour noir d’André Breton
Mise en scène et adaptation : Marc Goldberg
Avec Bernard Menez, Patrick d’Assumçao, Roland Timsit


Vingtième Théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020 Paris (M° Ménilmontant ou Gambetta)
Réservations : 01 43 66 01 13
Du 8 mars au 27 avril 2008. Du mercredi au samedi à 19h30, dimanche à 15 heures.

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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