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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 22:37

DES HOMMES, DES FEMMES…

Le sous-titre de la pièce est « comédie-tango ». D’abord parce qu’il s’agit de tango, ensuite, en référence aux « comédies-ballets » de Molière, au sens où il s’agit de théâtre qui laisse sa part à la musique et à la danse. Donc du théâtre d’abord.


Cette pièce n’est pas un cours de danse, même si l’on assiste aux premiers pas de certains des personnages sur la piste. Ce n’est pas non plus le récit d’un bal ou d’une soirée tango, même si l’on y danse tout du long. Trente-huit séquences se succèdent, avec une dynamique en crescendo, mettant en scène des couples différents, parfois récurrents, qui nous font connaître ce que la danse provoque en eux.

 

Le_coeur.JPG
Le tango obéit à une charte

Car le tango renvoie à des archétypes, c’est en cela que le cœur des danseurs n’est pas moderne : « l’homme fait l’homme et la femme fait la femme ». Une femme hyper-féminine, perchée sur de hauts talons, aux jambes interminables et souples, et un homme qui dirige cette femme, celle-ci, en contact, devant lui offrir une certaine résistance. Et ce n’est pas si simple…


Les couples qui se suivent,  ne se ressemblent pas, des timides aux plus sûrs d’eux, des débutants aux aguerris, de tout âge et de toute condition sociale. Tout cela s’inscrit dans le mouvement des corps. Et c’est la musique et la danse qui les lie ou les sépare. Cette musique, répétitive et la plupart de temps délicieusement surannée, sait se faire discrète pour laisser entendre le glissement des pas. Pour un peu, on entendrait aussi le froissement des étoffes. Sensualité…


Les parties dansées sont belles et hypnotisantes, la performance du danseur de la troupe, Jean-Sébastien Rampazzi y étant pour beaucoup : il parvient à mettre de la grâce jusque dans le maniement de l’aspirateur, chorégraphie très réussie. Dominique Léandri, sa partenaire, est également une tanguera particulièrement douée.

La danse possède un discours

Danse et discours se mêlent sans se gêner et même les silences sont habités. Les textes sont souvent drôles et percutants, allant jusqu’à interroger le thème de la paternité ou la signification de la mode des danses de salon. Face aux repères brouillés des identités sexuelles, la mouvance traduirait-elle une recherche des repères anciens ?

Martine Drai réussit son pari de faire une pièce de théâtre sur une danse et les contradictions qu’elle engendre chez ceux qui la pratique, dans la veine « homme-femme, mode d’emploi ». Conquis, on ressort de cette pièce avec une seule envie : apprendre le tango. Eh bien, dansez maintenant !

Alexandra FRESSE (Paris)

Texte et mise en scène de Martine Drai
Scénographie et lumières : Martine Drai
Avec : Catherine Davenier, Hervé Falloux, Dominique Léandri, Jean-Sébastien Rampazzi

Du 12 mars au 7 avril
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 17h00 (relâche le mardi)

A l’Atalante
10 place Charles Dullin, 18e
Réservations : 01 46 06 11 90

Photo © DR

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Published by Alexandra FRESSE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Anna 30/03/2008 16:24

Spectacle très réussi, un vrai régal, dû à la finesse du texte, plein d'humour et d'autodérision, exigeant et jamais pesant , et par là-dessus c'est dansé et musical ! un spectacle total sur un plateau nu, quelle performance.

Chronique Fraîche