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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 23:03

DU JUANITA BANANA DANS LA BOHEME

L’opéra, c’est un peu comme le foie gras. Certains en raffolent, d’autres le détestent. L’opéra, une tentation dans laquelle on aimerait se perdre un peu plus, mais cela s’arrête à des airs de Rossini fredonnés timidement… Alors, Les Aventures de la Diva et du Toréador sont faites pour vous ! Chantée par deux pointures, cette parodie va vous réconcilier avec le genre, tout en vous donnant d’impression d’être un savant connaisseur.

Au départ, un toréador Dom Juan façon Bébél. Il tue le taureau, revient décontracté savourer sa victoire au champagne, accroche à son tableau de chasse a queue de la bête et un nouveau cœur conquis à l’aide de son majordome, complice blasé par les frasques sentimentales de son maître. Arrive la Diva, veuve joyeuse à l’accent teuton trahissant un trop plein d’émotion passagère, un ego de plus emballé dans un écrin d’organza noir. Pour notre toréador, c’est le coup de foudre crescendo. Il en perd ses mots. Commence alors une folle romance, bientôt ternie par un malentendu entrainant la rupture puis l’affrontement de ces deux personnages hors du commun…

 

Diva.JPG
Décor rouge passion d’un kitsch stylisé accentué par des cornes de taureau incongrues, costumes affichant un gros cœur à paillettes, la note humoristique est donnée. Nous sommes là pour nous amuser. Après tout, n’est-on pas à la Gaieté Montparnasse ? La machine lancée, impossible de rester de marbre face à l’interprétation visuelle du Deci-delà, cahin-caha chanté par cette Diva et ce Toréador juchés sur un âne en peluche faisant office de destrier romantique. Très vite, ce genre a priori guindé se débride : les robes très « Sissi Impératrice » dissimulent un corset de cuir sado-maso tandis que l’accent germanique invite à la confusion : « Foulez-fous faire pissou afec moi ? » et déroute le pourfendeur d’ovin en boléro à pampilles. Bientôt, on assiste à un duel…en chansons ! Et à foison ! Des parodies de tubes d’opéras que l’on a tous croisés sur les ondes ou lors d’une émission perdue dans l’ingratitude d’une programmation hertzienne plus que nocturne, on va s’en fourrer, fourrer, fourrer jusque là !

L’érudition par le rire


Pourtant, rien n’est au rabais dans ce spectacle invitant à déformer les codes sacrés de l’art lyrique. Et pour cause, ses interprètes ont chacun une grande carrière de soliste international. La Diva Raphaëlle Farman a côtoyé les plus grands chefs d’orchestre comme Rostropovitch. Cette soprano a dans la peau La Traviata, La Bohème, Faust… et même des opéras chantés en direct. Son partenaire, le baryton Jacques Gay, est lui aussi un habitué des plus grands rôles du répertoire. Tous deux ont eu l’idée de désacraliser l’opéra. Ces coutumiers des grandes scènes ont décidé de propager leur art dans une salle bien plus modeste que la Scala ou que le Burgtheater. Rendre les classiques accessibles et drôles, quel ambitieux pari !

Pour le régal du spectateur défilent les airs de Verdi, d’Offenbach, de Franz Lehàr, la sérénade O Sole Mio, l’ivresse de La Périchole… Diva et Toréador s’imprègnent même du glamour d’Hollywood reprenant les canons de la comédie musicale comme West Side Story, My Fair Lady… Les connaisseurs adoreront les deviner. Les néophytes pourront suivre une première initiation loin de l’entourage déprimant que peut constituer un parterre d’érudits snobs. Le spectacle prend des airs de quizz auquel on se plaît à jouer dans la bonne humeur. Car, entre deux vocalises dont la perfection rappelle le professionnalisme de ses interprètes, la jalousie argotique du matador vis-à-vis de feu le Colonel de sa Diva est là pour nous signifier que nous avons la permission de rire : « Ouais benh, feu, feu, il a bien fait d’s’éteindre ! ».

N’oublions pas l’irrésistible jeu de mime du pianiste, Fabrice Coccitto, aux variations musicales bluffantes attisant un souffle désopilant sur cette fantaisie lyrique.

Comme de bien entendu, l’affrontement se terminera dans la réconciliation sirupeuse des amants qui, comme de bien entendu, auront une lune de miel entre Venise, New York, Londres et Vienne. Et, comme de bien entendu, vous sortirez de la salle avec la banane aux lèvres, le cœur joyeux en moderato cantabile.

 

Marie-Pierre CREON (Paris)

La Diva et le Toréador, à l’affiche du 9 septembre au 19 mai 2008. Durée : 1h 20
Gaîté Montparnasse, 26 rue de la Gaîté, 75 014 Paris
Métro Edgard Quinet ou Gaîeté.

Places disponibles : Lundi à 20h 30, Dimanche à 19h, Samedi à 17h.
Tarifs : 30 euros ( 1ère catégorie ) et 25 euros ( 2ème catégorie ).







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Published by marie-Pierre CRÉON - dans À Paris 2007-08
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