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Festival d'Avignon

25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 19:06
ABUSEUR AMUSEUR

Alors que le Don Juan de Josep Palau i Fabre se joue au Teatro español et que le Circulo de Bellas Artes a présenté une réécriture du mythe dans le cadre du festival du théâtre des communautés autonomes,  au Teatro de La Abadia, Dan Jemmett met en scène la version de Tirso de Molina, El Burlador de Sevilla o El convidado de piedra.

Il est des moments où certaines pièces, certains mythes, concentrent tout particulièrement l’attention des créateurs. En Espagne, la légende du célèbre séducteur est dans l’air du temps. Parmi ses différentes versions, c’est la vision chaotique offerte par Tirso de Molina qui a interpellé le metteur en scène britannique. « Travailler sur "L’Abuseur de Séville" de Tirso de Molina, c’est tenter de faire un énorme puzzle du monde » dit Dan Jemmett. « Mais il ne s’agit pas d’un puzzle ordinaire. Les pièces semblent presque s’emboîter, pourtant, il y a des pays que nous n’avons jamais vus, des villes dont on n’a jamais entendu parler, des mers que nous n’avons jamais entendues nommer. Et tout nous inspire des voyages que, jusqu’à présent, nous n’avons pas encore commencés ».

el-burlador.jpg
Pour nous inviter à ces voyages, le metteur en scène et la troupe de l’Abadia se proposent justement de réagencer les éléments du puzzle, en changeant l’ordre de certaines scènes ou en opérant des coupures dans un texte dont on garde le rythme des vers originels. On joue avec les pièces, on les assemble, les désassemble pour rendre la dynamique de l’œuvre.
 
Un jeu baroque

Souci baroque d’effacement des frontières. On déplace, dans le temps (du ska au cabaret, la musique colore le spectacle au son des années 60), dans l’espace (scènes et coulisses sont interverties : les comédiens se changent à vue, tandis que certaines actions sont jouées derrière le rideau). Illusion démultipliée. Hormis le couple central du maître et du valet, chaque acteur interprète trois à quatre personnages. Il en résulte un spectacle vivant et agréable. On s’interroge pourtant sur le bien fondé de ce réagencement. Si ce mélange d’ingrédients hétéroclites confère une certaine fraîcheur au texte de Molina, il manque de cohérence, de cette vision structurante qui est la marque des grands auteurs.

Les acteurs sont néanmoins bien dirigés. Leur jeu est juste et maîtrisé. Antonio Gil, qui a cherché à « tromper le trompeur,  à manquer de respect au mythe », tout en « respectant ce qu’il y a d’universel dans ce classique », campe un Don Juan parfaitement irrévérencieux, tandis que Lino Ferreira interprète un Catalinón délicieusement comique. La scène du second dîner est, sans conteste, une des plus savoureuses. Le lieu de représentation (la salle Juan de la Cruz, aménagée dans une ancienne église) confère en effet une résonance singulière au jeu du maître et du valet s’immisçant à pas feutrés dans la chapelle où réside le "convive de pierre", pour le plus grand plaisir de ces convives de chair que sont les spectateurs…

Alexandra VON BOMHARD (Madrid)

El Burlador de Sevilla o El convidado de piedra, de Tirso de Molina
Metteur en scène : Dan Jemmett
Avec: Ester Bellver, Lino Ferreira, Antonio Gil, David Luque, Luis Moreno, Marta Poveda
Scénographie et costumes : Dick Bird
Lumière : Dominique Borrini

Teatro de La Abadia, du 22 février au 30 mars 2008
Sala Juan de la Cruz
c/ Fernández de los Ríos, 42,  28015 Madrid  - Tel : 91 448 11 81  - www.teatroabadia.com
 

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Published by Alexandra VON BOMHARD - dans En Europe 2007-08
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