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Festival d'Avignon

27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 22:39
L’INSOUMISE ET LA POSSEDEE

Bette Davis-Joan Crawford. Deux monstres. Sacrés ? Deux monstres assurément, réunis par Aldrich pour tourner « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? ». Chevronné du 7ème art, Jean Marboeuf, a imaginé leur correspondance durant cette période. Un duo qui vire au duel. Méchamment jubilatoire.


Flash back. 1961. Joan Crawford, six ans après son dernier gros succès « Johnny Guitar » et 15 après son oscar, n’est plus une jeunette. Robert Aldrich, éclectique cinéaste à succès auteur de « Vera Cruz » et « En quatrième vitesse » lui propose l’un des deux rôles de son nouveau film « Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? ». Crawford contacte Bette Davis, la célèbre « Eve » de Mankiewicz, deux fois « oscarisée » mais il y a plus de vingt ans, pour incarner la terrifiante Jane du titre, garce démoniaque qui, par jalousie, martyrise sa sœur, brillante comédienne dont la carrière a été stoppée net par un accident qui l’a clouée dans un fauteuil roulant. Les rapports entre les « deux sacs à patates » s’avèrent houleux. « L’Insoumise »  de Wyler et « La Possédée » de Curtis Bernhardt se livrent à de ravageuses joutes épistolaires…

QU-EST-IL-ARRIVE-A-1.jpg
Tous les coups sont permis


L’échange commence entre les deux comédiennes et progressivement devient trilatéral, Aldrich jouant l’arbitre. Aucune concession. Pas la moindre gentillesse qui ne soit assortie d’une vacherie. « Il faudra que je me vieillisse et m’enlaidisse »  affirme Crawford avant d’ajouter que Davis est « la seule à pouvoir incarner ce personnage cruel, laid et monstrueux ». Hypocrisie de star, quand on sait que la plus âgée des deux n’était pas Davis….
On peut imaginer la jubilation pour les deux comédiennes, excellentes, à défendre ce texte de Jean Marboeuf, cinéaste génial (« Coup de sang » l’an dernier est l’un des plus beaux films de 2007) et scénariste émérite. C’est d’une méchanceté féroce doublée d’une drôlerie vacharde. La vulgarité de Bette Davis, la réaliste qui parle du cinéma, de sa partenaire (« la pécore texane »), des scriptes (« toutes des connasses ») fait écho à la verve assassine et plus subtile de Crawford adepte de l’intériorisation. Chaque faiblesse de l’une est une brèche dans laquelle s’engouffre l’autre avec une délectation parfois morbide.

Passionnante réflexion sur le star-system et ses désillusions, ce dialogue à bâtons rompus -si possible sur le dos de l’autre- où les répliques, à l’instar du patronyme de Dietrich selon Cocteau, commencent comme une caresse et se terminent comme un coup de cravache, rivalise d’audace et de sarcasme. Mais la mise en scène, brillante, qui induit sans cesse le passage d’un témoin affûté prêt à tuer (échange de la cigarette, présence permanente des deux comédiennes dans l’espace de la scène), réunit plus qu’elle n’oppose ces deux « sœurs » moins ennemies que siamoises car vouées aux mêmes gémonies d’un système encore plus diabolique que toutes les deux réunies…

Franck BORTELLE (Paris)

Qu’est-il arrivé à Bette Davis et Joan Crawford (Paris)
Texte de Jean Marboeuf
Mise en scène Didier Long
Avec Julie Marboeuf et Séverine Vincent
Décor : Jean-Michel Adam
Lumières : Laurent Béal assisté de Cyril Brunel
Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
Musique : François Peyrony
Thèmes symphoniques : Roland Vincent
Durée : 1h15
Théâtre des Bouffes parisiens, 4 rue Monsigny, 75002 Paris
Location : 01 42 96 92 42 ou www.bouffesparisiens.com


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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