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Festival d'Avignon

30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 16:18
LE BOUFFON DANS TOUTE SA SPLENDEUR

... ou de Falstaff à Falstafe, la transfiguration réussie des deux premières parties du Henri IV de Shakespeare dans le style inimitable de Valère Novarina, sublimée par une mise en scène passionnée de Claude Buchvald.


Falstaff, mis au monde par Shakespeare comme un double hyperbolique qu’il lancerait dans le siècle, traverse ses pièces, triomphant dans sa marginalité… Sous la plume acérée du grand Novarina, il obtient le rôle- titre et entre en pleine lumière sous le nom de Falstafe, dans une réécriture jouissive, bien plus décalée que déplacée.

Un animal debout et qui parle, ceci est un homme !

Un physique atypique, un surpoids aussi confortable qu’assumé, une langue bien pendue : il est aisé de brosser le portrait de celui qui va déclencher l’hilarité dans une salle mythique où se sont rassemblées les quelques milliers de personnes présentes pour la première, le 12 mars.


Dans une Angleterre à feu et à sang d’une guerre de conquête interminable et extrêmement meurtrière, le jeune prince Henri et son fidèle acolyte Sir John Falstafe, suivis d’une bande d’énergumènes sans foi ni loi, mènent une vie de bohème, loin des tremblements qui menacent le trône. Jupons, bourses et bonne chère sont les uniques notes qui rythment leurs journées… Tels des adultes qui auraient –volontairement- oublié de grandir, notre bouffon et sa bande baignent dans une inconscience revendiquée, niant les responsabilités patriotiques qui devraient reposer sur leurs épaules. De quoi déclencher la fureur du roi Henri IV, effondré de l’indignité d’un fils qui tarde à révéler ses qualités de prince…

Entre comédie et tragédie

Et lorsque, contre toute attente, ce dernier se reprend, tournant le dos à sa vie de turpitudes pour prendre en main un royaume en passe de perdre son souverain, le bouffon de comédie interprété par un Gilles Privat survolté plonge dans la tragédie… Après nous avoir fait rire aux éclats durant toute sa pièce, sa vie est jouée.

La pièce truculente à souhait, voit se multiplier les acrobaties tant verbales que gestuelles dans une mise en scène astucieuse ; les bons mots surabondent dans une ambiance enjouée et côtoient, sans souci, les grandes tirades historiques dans une langue puissante et vivace, tout en s’apprêtant à déclencher les rouages d’une machine infernale que rien n’arrêtera.

Mais avant que tout ne rentre dans l’ordre, le désordre aura été une fête, celle de la langue française, du jeu primitif et joyeux des pulsions et de la subversion, que nous aurons savouré tel un fruit bien mûr avant que l’été ne meure. A présent l’Histoire peut à bien faire son œuvre…

Aurélia HILLAIRE (Paris)


Texte : Valère Novarina
Mise en scène : Claude Buchvald
Interprétation : Jacques Bailliart, Marie Ballet, Didier Dugast, Jean- Christophe Folly, Mathieu Genet, Régis Kermorvant, Jean-François La Bouverie, Nelson- Rafaëll Madel, Olivier Martin- Salvan, Claude Merlin, Gilles Privat, Bastien Thelliez, Loïc Venon et Christine Vézinet

Création sonore et musicale : Blaise Merlin
Chansons : Christian Paccoud
Scénographie : Yves Collet, assisté de Mathieu Bianchi
Lumière : Marc Delamézière, assisté d’Eric Gaulupeau
Costumes : Corinne Petitpierre
Maquillage : Michelle Bernet
Maître d’armes : François Rostain
Assistante à la mise en scène : Marie Ballet
Et l’équipe du TNC : décor, costumes et accessoires
Peinture réalisée par Christian Lureau

Au Théâtre de Chaillot, salle Jean Vilar, du 12 mars au 5 avril 2008 - durée 2h40
1 place du Trocadéro -01 53 65 30 00

Photo © Loïc Venon

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Published by Aurélia HILLAIRE - dans À Paris 2007-08
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