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Festival d'Avignon

9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 18:39
ANTI-CAFARD, ANTI-BOURDON

Tel un « Microcosmos » méchamment allumé, cette comédie, sous le vernis de la rigolade, laisse échapper un message en filigrane qui nous rappelle que l’homme est un loup pour l’homme et que la course au pouvoir est très dangereuse pour la santé.


« L’ambitieux se rêve au faîte du pouvoir tout en s’aplatissant dans la boue du servilisme », disait Balzac. Cette formule qui n’a jamais été autant d’actualité pourrait servir d’accroche à ce spectacle qui, sous l’apparence d’une grosse déconnade, fustige habilement ces carriéristes de tous bords et opportunistes de tous poils.


Un sympathique jardinier est menacé de renvoi parce qu’il refuse de biner un lopin de pelouse. Il s’en moque, car le lopin en question abrite un lieu qui fourmille de vie que lui seul voit. Frelonus vient de mourir. Un autre roi est appelé araignée. C’est la favorite du défunt, Enveia qui s’autoproclame reine. Diablerie : elle n’est qu’une abeille ouvrière, incapable donc d’assurer la fabrication de la gelée royale qui nourrira ses sujets. La ruche est en émoi. Les intrigues se fomentent. On dit pis que scolopendre des uns et des autres. Enveia, attifée d’une sacrée guêpière, l’essaim généreusement proéminent, s’est fichue dans un sacré guêpier. Tout le monde lui cherche des poux dans la tête. Comment s’en sortira-t-elle ?

Entre absurde et dérision

Les insectes sont à la mode. On ne compte plus les films d’animation qui leur font honneur, du délirant « Fourmi Z » au récent « Bee Movie ». Probablement inspirés par ces œuvres qui, à l’instar de La Fontaine, peuvent tout dire en mettant en avant la gent rampante ou ailée, les auteurs de cette version déjantée de « Microcosmos » s’en sont donnés à cœur joie, multipliant les calembours, les situations loufoques, le tout persillé de quelques grossièretés, sporadiques et donc très efficaces. Le propos papillonne allégrement entre absurde et dérision mais réussit aussi, et c’est là que réside toute la réussite de cette pièce, à épingler ces carriéristes dont la mégalomanie n’a d’égale que leur prétention démesurée. Les retours itératifs dans le monde des hommes, avec l’asservissement de ce pauvre jardinier aussi sympathique que le cantonnier heureux de Fernand Raynaud, prennent des allures de règlement de compte avec ces petits dictateurs des temps modernes qu’on appelle « patrons ». Humains ou insectes, même combat.

Sur scène, ils sont sept et interprètent plus de 25 rôles ! Autant dire que ça bouge. Et bien ! Très motivés, les comédiens papillonnent de plaisir et ça se voit. Le texte qu’ils défendent mérite bien ça. Freddy Viau signe une mise en scène aussi vitaminée qu’une foule en plein « ruche hour », dopée à la bonne humeur mais non dénuée de noirceur. La séquence de la guerre est en ce sens un modèle. Mais la sinistrose endémique ne passera cependant pas par l’Akteon Théâtre pendant six semaines et « Dard Dard » est bel et bien un spectacle idéal pour faire passer les coups de cafard et de bourdon…

Franck BORTELLE (Paris)


Dard dard comédie insecticide

Texte et mise en scène : Freddy Viau

Assistante à la mise en scène : Angélique Fridblatt

Avec Marie-Béatrice Dardenne, Angélique Fridblatt, Laetitia Richard, David Dos Santos, Régis Romele, Régis Chaussard en alternance avec Romain Rondeau, Freddy Viau et la voix de Jean Guidoni.

Bande son : Régis Delbroucq

Chorégraphie : Alexandra Antoine et Eric Choquet

Costumes : Rick Dijkman et Katia Abros

Décors et accessoires : Nicolas de Ferran

Mise en lumière : Cristèle Moreau

Durée : 1h25

Aktéon Théâtre, 11 rue du Général Blaise, 75011 Paris (métro Saint-Ambroise ou Saint-Maur).

Réservations : 01 43 38 74 62

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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