Air du temps

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Mercredi 9 avril 2008

UNE PÂLE IMITATION

 

Après avoir fait le tour du monde et remporté un succès certain, « FAME, le musical » arrive en France. Traduite pour l’occasion en français et retravaillée sur le plan chorégraphique et scénique, cette adaptation conçue par David De Silva peine toutefois à convaincre.

 

Par sa formule simple mais efficace, le film « FAME » réalisé par Alan Parker a marqué les années 80. Encore aujourd’hui, nombreuses sont les personnes qui gardent en tête les airs de la chanson « FAME » et qui se souviennent de ces jeunes gens formés dans une prestigieuse école de danse new-yorkaise. Tous ces talents en herbe rêvent de devenir un jour de grands artistes. Mais cette formation difficile de quatre ans requiert sacrifice, courage, travail et discipline.

 


Le mythe créé autour de « FAME » explique ce large public venu assister à cette adaptation. Tout était, a priori, réuni pour fournir un spectacle de qualité : reprise d’une histoire à succès, moyens financiers, orchestre apparent, chorégraphe de talent, jeunes dynamiques, beaux costumes. Et pourtant, cette adaptation n’arrive pas à ressaisir l’univers excitant, frissonnant et captivant du film.

 

 

La traduction française que propose ce « FAME » écorche l’intérêt et la profondeur du sujet du film. Les dialogues, d’une certaine pauvreté, sont à la fois ternes et menés sans véritable trame narrative. Et ce n’est pas l’interprétation inégale des jeunes artistes qui sauve la vacuité de ces dialogues. Déformé par un manque de conviction et de talent dramaturgique, le jeu de ces comédiens apparaît factice. Il en est de même pour les nombreuses chansons chantées sur scène. Le timbre de la voix n’est globalement pas maîtrisé, il explose dans des envolées qui se veulent lyriques alors qu’elles amochent la portée émotionnelle de certaines chansons.

 

Merci les professeurs

 

Si les chants et le jeu des jeunes comédiens sont faiblement convaincants, ceux des professeurs sont plus habités. Ces derniers témoignent d’une vraie expérience scénique et vocale. Leur interprétation assurée redonne un peu de rythme à un spectacle vacillant.

 

Les chorégraphies de Raphaël Kaney Duverger, par leur dynamisme et leur variété, permettent également de relever le caractère plutôt fade de l’ensemble. Les jeunes, qui restent de très bons danseurs, s’approprient les chorégraphies avec force et enthousiasme. Ces moments de danse, enlevés par des morceaux de musique joués par un orchestre énergique, sont les rares instants où le public se sent transporté. Un peu plus de temps forts chorégraphiés, sans prise de parole théâtrale, aurait rendu le spectacle certainement plus passionnant.

 

Dans cette frénésie trop marquée et cette volonté de trop en faire, « Fame, le musical » en oublie de travailler l’essentiel : l’histoire et les émotions.

 

Cécile STROUK

 


FAME, le musical

Mise en scène : Ned Grujic

Interprétation : Fabian Ballarin, Jean-Michel Vaubien, Claire Baradat, Léovanie Raud, Julie Victor, Eric Jetner, Sandrine Seubille, Sylvain Rigault, Hélène Buannic, Charlotte Filou, Sofia Naït-Abdelaziz, Etienne Ducamain,  Joseph-Emmanuel, Dan Menasche, Chloé Pimont, Joss Costalat, Rachel Valéry, Eric Chantelauze, Annick Cisaruk, Patrice Dozier

Conception : David de Silva

Chorégraphie : Raphaël Kaney Duverger

Décors : Marco Daverio

Costumes : Jef Castaing

Lumières : Christophe Grelié

Paroles : Jacques Levy

Musique : Steve Margoshes

 

Au théâtre Comédia, le mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h30, le samedi à 17h30 et 21h, du 28/03/2008 au 31/05/2008.

Réservation : 01 42 38 22 22


par Cécile STROUK commentaires (6)    ajouter un commentaire
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Commentaires

Et bien moi, je suis entièrement d'accord avec Cécile. J'ai découvert le film d'alan Parker seulement l'an dernier en DVD (Il n'est quasiment jamais passé à la TV). J'ai été surpris par sa gravité et son réalisme cru, pour l'époque (1980). Ce qui au fond n'est pas étonnant de la part de Parker, quand on regarde sa filmo...
Alors que dire de cette rigolade sur scène ? Qu'est ce que ça a à voir avec Fame ? Les personnages changent de nom, les chansons pourtant excellentes sont absentes et remplacées, les dialogues sont souvent ridicules ou clichés, le casting manque de mixité raciale (un thème pourtant important du film) et parait bien lisse. Le minimalisme du décor et l'anachronisme des costumes et accessoires n'arranger rien. Au moins, quand je suis allé voir West Side Story sur scène (d'une rigueur et d'un respect total), j'y ai retrouvé mes petits. Là, je me suis fait avoir et je n'aime pas ça. Je suis venu retrouver l'émotion de Fame et je suis reparti avec celle d'Un Dos Tres...
commentaire n° : 1 posté par : Anton le: 08/05/2008 21:58:05

Change de boulot Cécile STROUK !! Ce buz désastreux qui entoure le spectacle sort d'où ?? C'est la question qui me taraude en sortant du spectacle. Peut-être le livret pourrait-il subir un petit coup de jeune, mais la mise en scène comme les comédiens sont impeccables ! Et taper de cette façon sur la troupe des jeunes comédiens, chanteurs, danseur est proprement halluciant ! Parce qu'ils sont talentueux et que le spectacle est une réussite, plein de peps et d'émotion.

commentaire n° : 2 posté par : Caro le: 30/04/2008 11:23:47
Signore Fabrizzio, je vous sens bien amer de la liberté d'expression dont jouissent les critiques et votre amertume se décline ma foi de manière fort tendancieuse. Pour critiquer, il faut savoir faire mieux sinon se taire, dites-vous. Je serais tenté de vous inviter pour commencer, afin d'éviter de vous tirer une balle dans le pied car la chose est douloureuse, de vous retourner la remarque, vous qui critiquez une critique avec beaucoup moins de tact et de talent que ne l'a fait Cécile. Mais nous tournerions vainement en rond si nous en restions là. Aussi, poursuivrais-je plutôt sur le terrain de la dichotomie indispensable qui existe entre le critique et le critiqué et qu'un auteur français résumait en cette phrase magnifique "Il faut être sur la scène ou dans la salle mais pas entre les deux sinon on se prend le rideau sur la tête" mais que trois mots suffisent aussi à synthétiser "Chacun son job".
commentaire n° : 3 posté par : Franck BORTELLE le: 15/04/2008 12:21:43
Je suis en total desaccord avec l'article precedent. Pour avoir vu le film à plusieurs reprise, il s'agit vraiment d'une exellente adaptation. Pour ce qui est de la suite de scènes sans grande relation il ne faut pas s'en prendre au français mais aux Américain qui ot conçu le livret il ya quelques années. Donc déjà se renseigner sur l'histoire du spectacle serait pas trop mal. Après j'ai été pris par le spectacle du début à la fin et non pas seulement durant les chorés.

A savoir : Ce spectacle est descendu par la critique mais le sentiment des gens qui sortent de la salle est très bon. Donc attention il ne faut pas lire que les gens qui ont le pouvoir mais savoir aller au delà.
commentaire n° : 4 posté par : Guillaume le: 13/04/2008 00:07:38
profondeur du FILM ?? wow quel mot!
j'espere que cette gentille dame telle Cecile , elle saura mieux faire sur scene , elle sait chanter? elle sait danser aussi bien ? elle a notion de choreographie telle de critiquer l'excellent boulot du maitre ?   elle sait jouer mieux que le garcons que eux , ils font tout ça sur scene sansinterruption??

Oui? bon et pourquoi elle ne c'est pas presentè au castings ? ou elle ètait au casting et elle a été recalé ??
Pour critiquer on doit savoir faire mieux ,si non mieux se taire.....
commentaire n° : 5 posté par : fabrizio le: 11/04/2008 19:39:50

pourriez-vous me rappeler la profondeur de l'histoire du film ? je ne suis pas sûre que nous ayons vu le même. la sortie des élèves dans la rue reste mythique certes mais avez-vous récemment revu ce "chef d'oeuvre" ?
j'ai vu Fame au comedia et je n'ai pas du tout été déçue par rapport au film, au contraire, même si je suis partiellement d'accord sur l'inégalité des performances.

commentaire n° : 6 posté par : lecarte le: 09/04/2008 22:11:33

MUSARDER




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