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Festival d'Avignon

10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 15:16
RENARD, RIBES, EPICURE…

Un quatuor de prestige dégustant et faisant savourer la verve de Jules Renard et de Jean-Michel Ribes. Jean-Louis Trintignant, joliment entouré de Clémentine Célarié, Jean-Louis Bérard et Manuel Durant, nous fait passer un moment exquis où pleuvent les aphorismes. Cynique, cruel et délicieux.

Le rideau s’ouvre sur les quatre comédiens, assis à une table. Manuel Durant à gauche. A ses côtés, Clémentine Célarié. A droite, les deux Jean-Louis. Trintignant et Bérard. Ces présentations faites, place à la lecture. Une lecture qui n’en est pas une, bien que des pages soient tournées en cadence par les comédiens qui bien sûr connaissent leur texte. Ce texte que le spectateur, aussi, aurait envie d’apprendre par cœur. Renard, qui ne supportait d’entendre ce nom s’il n’était pas précédé de « Jules ». Cynisme et règlements de comptes avec les femmes, les imbéciles, la Camarde. Mais aussi quelques jolies formules plus tendres, plus tristes aussi. Et puis Jean-Michel Ribes, passé maître ès situations absurdes, dont les spectateurs du récent « Phasmes » avec Mesguich ont pu apprécier la douce folie.


« Pourquoi laisserais-je ma place dans l’autobus à cette femme qui devrait déjà être morte ? » Devinette : Renard ou Ribes ? Dans l’atmosphère feutrée à l’éclairage tamisé de cette salle Barrault/Renaud, les deux auteurs semblent ne faire qu’un. Unité de drôlerie, d’imagination, de fulgurance des formules. Mais aussi unité et harmonie des quatre « lecteurs ». Se renvoyant les aphorismes comme autant de joutes verbales, les comédiens prennent un plaisir évident à murmurer ces mots, puis à laisser passer deux ou trois secondes pour attendre les réactions du public. Ce n’est pas débité à la mitraillette. On prend son temps, on savoure, on déguste.

Un plaisir immédiat

Evidemment, et malgré l’excellente prestation de ses trois partenaires, on est là pour Trintignant. Une émotion légitime nous submerge devant cet homme au physique fatigué, mais à l’esprit enjoué dont cette voix tendre et douce se fait la messagère. Difficile quand il parle de la mort de ne pas se demander à quoi ou à qui  il songe à cet instant précis. Pourtant, les mots de Renard, peut-être catharsis idéale face à l’inadmissible, sortent vainqueurs, avec toute leur drôlerie vacharde et leur ironie mordante.

Bien sûr, en sortant d’un tel spectacle, on n’aura pas retenu grand chose. Le plaisir est immédiat et se poursuivra, comme un pis-aller, par une (re)lecture du Journal de Jules Renard. Sans la voix de Trintignant, Célarié, Bérard et Durand. Mais n’est-elle pas là, la vraie magie du théâtre, dans cet instant dont on saisit toute la saveur jouissive sans se préoccuper de ce qu’il en restera ? Car durant un peu plus d’une heure, ces quatre comédiens soutenant ces deux auteurs nous servent une bien agréable page de philosophie. Epicurienne, bien sûr…

Franck BORTELLE (Paris)

Jean-Louis Trintignant, extraits choisis
Textes de Jules Renard et Jean-Michel Ribes
Avec Jean-Louis Trintignant, Jean-Louis Bérard, Manuel Durand et Clémentine Célarié
Théâtre du Rond-Point, 2bis avenue Franklin D.Roosevelt, 75008 Paris
Location : 01 44 95 98 21 ou 0 892 701 603
Du 14 mars au 19 avril 2008 à 18h30 (relâche les lundis et dimanches)
© Brigitte Enguerand

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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