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Festival d'Avignon

10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 16:33
CLAIRE MAIRO : UNE FORCE FRAGILE

Entre émotion, révélation, coups de cœur et coups de gueule, l’artiste a retracé son parcours avec sincérité et verve. Un chemin semé d’embûches, de doutes, de rencontres heureuses et de réussite.

Qu’avez-vous fait professionnellement et artistiquement avant votre arrivée en 2003 à Paris ?


J’ai  vécu 15 ans à Montpellier où j’ai fait ma scolarité. Puis, je suis allée vivre à Nîmes pendant trois ans. A 16 ans, j’ai arrêté les études pour faire serveuse. Un métier que j’ai trouvé ingrat. On se fait de l’argent, mais on bosse toute la journée et on n’a plus le temps pour le dépenser. Pourtant, j’ai fait ça longtemps, j’étais rentrée dans un cercle vicieux. Vers 26 ans, j’ai travaillé dans un magasin de musique. Un an après, je vivais une rupture amoureuse très difficile : c’est ce qui m’a fait fuir Nîmes et partir à Paris pour réaliser cette envie de longue date de faire du one-woman show.


Vous y pensiez depuis longtemps, donc...

Oui. Déjà petite, je faisais des imitations, je chantais, je montais sur scène, même si c’était pour faire l’arbre ! Puis, j’ai eu une révélation en 1989. J’avais 14 ans et j’ai découvert Muriel Robin. Cette femme m’a scotché : je trouvais qu’elle avait une puissance comique incroyable. Elle a concrétisé mon idée de faire du one-woman show. Je me souviens que l’un des premiers sketches que j’ai joué au collège, c’était un sketch de Muriel mais en allemand. C’est ma professeur d’allemand qui avait eu cette idée de traduction pour me faire apprendre la langue. J’ai travaillé comme une folle dessus et ça a vraiment marché. Ca m’a permis de prendre confiance en moi sur le plan artistique.

Pourtant, vous avez attendu encore des années pour vous lancer ?

C’est vrai. Je savais depuis le début que j’avais quelque chose à régler avec le métier d’artiste, que ma place n’était pas à Nîmes mais j’avais très peur. Je n’étais pas sûre de moi à ce moment-là et je ne me connaissais pas encore. Puis, je savais que pour faire du one-woman show, il fallait écrire. Or, je n’avais jamais écrit.

Quelles idées aviez-vous en tête quand vous avez décidé de monter à Paris ?


J’avais plein d’ambitions. Notamment celle de révolutionner le one-woman show. Evidemment, j’ai vite déchanté, je ne suis pas un génie ! Je ne pensais pas que ça allait être aussi dure et que le milieu artistique parisien serait si éloigné de l’image enthousiasmante que je m’en faisais.

C’est-à-dire ?

Le problème du milieu artistique est qu’il est dirigé par des commerciaux qui s’intéressent plus à l’argent qu’au talent. Et l’argent pourrit les esprits. La gloire aussi. Combien d’artistes prennent la grosse tête et deviennent suffisants alors qu’ils se prétendent comiques, proches des gens et sympathiques ! J’ai été déçue par l’hypocrisie ambiante. C’est un milieu dont je me méfie et me protège. Un jour, tu es encensée, le lendemain, on ne te connaît plus. Du coup, je préfère évoluer comme je le fais : doucement, à mon rythme. Je gravis les échelons petit à petit mais sûrement.

« Petit à petit »… Vous êtes quand même sur scène pour un spectacle de 5 mois au Petit Gymnase à Paris au bout de 5 ans passés à Paris.


Tout est allé assez vite quand je suis arrivée à Paris. Au bout de 15 jours, je rencontrais déjà la réalisatrice Myriam Donassis. Elle a aimé mes textes : elle y a senti une énergie et une grande envie. Très vite, on a commencé notre collaboration. Ca fait maintenant 5 ans qu’elle est ma metteuse en scène.
Pendant un an et demi, on a travaillé à la réalisation du premier one-woman show « Claire Maïro se donne en spectacle ». On s’est beaucoup marré. Et ce qui est bien avec Myriam, c’est qu’on se complète. Elle me permet de gagner en précision et en concision dans mes textes, moi qui ai tendance à trop en dire.

Vous écrivez donc vos sketches à quatre mains ?


Oui. Et souvent, ils sont pris de mes expériences personnelles. Pour moi, il est nécessaire d’avoir vécu le sketch pour que ça paraisse convaincant. C’est pas toujours facile d’ailleurs : parfois, je suis trop proche de mes textes et c’est dur pour moi de les dire. Ca remue trop de choses en moi. En tout cas, chaque texte a une résonance autobiographique particulière : « La Robinite », par exemple, est un vrai hommage à Muriel Robin.

A propos de Muriel Robin, vous l’avez rencontré à plusieurs reprises. Elle vous soutient et vient à votre spectacle. Comment tout ceci s’est mis en place ?


Avec Muriel Robin, j’ai toujours entretenu un rapport particulier, même quand je ne la connaissais pas. Je ressens cette femme, je me sens liée à elle. Elle occupe une place dans ma tête, dans mon cœur et dans mes tripes. C’est pour ça que j’ai voulu lui rendre cet hommage : je lui dois quelque chose.
Mais pour jouer « La Robinite », je devais avoir son accord et celui de Pierre Palmade, co-auteur de ses sketches. Au bout de quelques mois, j’ai eu un coup de fil. C’était Muriel Robin qui me disait qu’elle avait aimé le sketch et qu’elle me donnait l’autorisation de le jouer. Elle a d’ailleurs très généreusement accepté d’écrire sur mon dossier de presse un mot me concernant. J’en ai été très touchée.
Peu de temps après, j’allais à son spectacle « Les Fugueuses » et la rencontrais de visu avec Myriam. On est resté 1h30 à discuter, très naturellement. Elle m’a dit qu’elle aimerait voir mon spectacle. Il était prévu qu’elle vienne le 14 février, mais ça ne s’est pas fait pour une raison exceptionnelle. J’étais dépitée parce que j’attendais ce moment avec une grande impatience. En même temps, je savais qu’elle allait venir, c’est quelqu’un de droit, d’honnête et d’engagé. Et elle est venue jeudi dernier : ça m’a fait du bien parce que je me sentais découragée cette semaine-là. Quand elle est passée à ma loge après le spectacle, c’était un moment très fort pour moi.

Peut-être une éventuelle collaboration avec Muriel Robin ?

Pour l’instant, rien n’est défini. Je sais juste qu’on a toutes les deux le même rapport à la musique. Pourquoi pas faire de la chanson ensemble. On verra bien comment les choses évoluent.

En tout cas, ça marche plutôt bien pour vous…


Oui, ça marche plutôt pas mal. Au bout de cinq ans à Paris, j’occupe la scène du Petit Gymnase pendant 5 mois, trois soirs par semaine. Je suis contente, vraiment. C’est un travail de longue haleine qui commence à être récompensé et reconnu même si on n’en vit pas encore. Je continue, à côté, de faire un boulot pour assurer mes arrières.

Qu’est-ce que cette réussite naissante change dans votre vie de tous les jours ?


Déjà, je dors moins ! Ensuite, devenir comédienne m’a permis de me trouver. Aujourd’hui, je me sens en cohérence avec moi-même, je me sens à ma place sur cette scène parisienne. La scène, c’est ma vie, ma bouffée d’oxygène. J’ai besoin de ça pour me sentir bien parce que c’est là où je m’oublie, où je me libère de mes frustrations et de cette réalité qui ne me suffit pas.

Et dans votre rapport à l’art ?

Ca a confirmé ma fibre artistique et surtout ça m’a permis de prendre conscience du travail, des efforts et des sacrifices que cela représente de faire le métier d’artiste.

Jusqu’où comptez-vous aller dans le one-woman show ? Quel est votre but ?

Je compte aller jusqu’à plus soif ! Ma première étape restant d’aller jusqu’au bout du spectacle au Petit Gymnase, qui se termine le 14 juin. Ensuite, je nourris le rêve de faire l’Olympia. Pour moi, ce lieu est un lieu mythique, emprunt de la trace d’Edith Piaf.
Je sais, en tout cas, que j’arrêterais un jour le one-woman show pour faire du cinéma, du théâtre ou de la chanson. Je suis très attirée vers la chanson. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’en introduis dans mon spectacle, c’est un art qui me touche beaucoup parce que la musicalité est pour moi partout. Dans les gestes, les mots et le corps.

Cécile STROUK (Paris)

Claire Maïro « mouille sa chemise »
Auteur : Claire Maïro et Myriam Donasis
Interprétation : Claire Maïro
Mise en scène : Myriam Donasis

Au théâtre du Petit Gymnase à Paris, à partir du 31 janvier, du jeudi au samedi à 19h15

Réservation : 08 92 68 36 22
Plus d’informations : www.clairemairo.com
Photo © Léonard Cohade.

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Published by Cécile STROUK - dans En bonne compagnie
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