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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 17:49
JEUX DE MASSACRE

Huit-clos étouffant où une famille se déchire à pleine dents, « Noël chez les K » oscille entre règlement de comptes et dénonciation d’une upper class américaine figée depuis les Kennedy et refermée sur elle-même. Embarquement immédiat pour un soir de réveillon où on fait valser la dinde entre deux secrets de famille.

C’est la veille de noël, tout le monde chez les K., famille de la banlieue de Washington, s’impatiente de revoir Martin, fils prodige, adoré plus particulièrement de sa sœur jumelle, Jackie O. Mais la présentation impromptue de sa fiancée va semer le trouble. La jeune femme innocente va devoir affronter une mère parricide, une sœur dépressive et incestueuse ainsi qu’un second frère en quête d’identité sexuelle…


A coup sûr, ce synopsis peut couper l’appétit. Dès les premières secondes, on s’aperçoit dans quelle galère on est tombé : une mère ogresse couvant sa Jackie O, peste capricieuse en talons aiguilles atteinte d’une jalousie maladive, un cadet aux bizarreries mentales. L’arrivée de Martin anime cette torpeur familiale grâce à une mise en scène exploitant de façon ingénieuse l’espace restreint de l’Essaïon. S’épanouissant dans une difficulté technique, les dialogues entre les cinq personnages s’entrecroisent habilement, faisant ressortir l’aspect absurde et décalé de ces K, chacun prisonnier de son incapacité à prendre en compte l’autre.

Au fil de la pièce, Jackie O, impeccablement interprétée par Ariane Boumendil, se révèle d’une possessivité féroce. Plus elle fera preuve d’un mépris insupportable à l’égard de sa rivale, plus la situation va se tendre crescendo, plus la promise québécoise va faire ressortir la folie ambiante en se posant comme seule personne normale au milieu de ce barnum horrifique.

Une tauromachie en rouge et noir

Dans un décor dépouillé, têtes de taureau en cercle et chromatisme en rouge et noir, on assiste peu à peu à la mise en pièces de l’intruse qui a commis l’erreur de vouloir détacher Martin de l’emprise fraternelle et filiale. Dès lors, la corrida se met en place.

La machine s’accélère, les personnages plongent dans la folie la plus abyssale. La pièce ne dure qu’une heure, mais quelle richesse dans le jeu des acteurs face à un texte difficile pavé par une mise en scène complexe. Le clan des K, égocentrique, nombriliste, va révéler ses plus hideux secrets. Pourtant, l’humour, bien que noir, n’est pas exclu. On se surprend à rire de certaines répliques au milieu de ce marasme moral. Bien sûr, on vous déconseille d’y emmener votre tante restée vieille fille ou votre charmante belle-maman, sauf si vous tenez à les faire syncoper d’indignation !

Outre qu’elle ne laisse personne indifférent, cette pièce est également l’occasion de découvrir les auteurs du théâtre américain des années 90. Ici, Noël chez K, originellement titrée The House of Yes est un petit chef-d’œuvre de la comédie noire signée Wendy McLeod, qui a obtenu un franc succès critique à Londres et New York. .

A la fois macabre façon Famille Addams puissance mille, satire de la classe américaine aisée renfermée sur elle-même, l’œuvre de Wendy McLeod va bien au-delà d’une transgression gratuite des mœurs de notre société. Ne vous fiez donc pas aux apparences et laissez-vous inviter chez les K !

                                           Marie-Pierre CREON ( PARIS )

Noël chez les K, de Wendy McLeod (1995).
Adaptation et mise en scène : Séverinne C.Koppe assistée de Linda Requeda
Chorégraphie : Roberte Léger
Costumes : Alix Baudoux
Décor : Rachel Marcus, réalisation : Sabine Algan
Lumières : Bastien Loiseau Majewski
Musique originale composée par Franck Sforza

Au Théâtre de l’Essaïon, 6 rue Pierre au lard, à l’angle du 24 rue du Renard, 75004 Paris. Métro : Rambuteau, Châtelet ou Hôtel de Ville.
Lundi, Mardi, Mercredi à 21h30. Location : 01 42 78 46 42 ou sur www.essaion-theatre.com
Jusqu’au 27 Mai 2008.

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Published by Marie-Pierre CREON - dans À Paris 2007-08
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