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Festival d'Avignon

10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 17:49
RIRE DECONCERTANT

Drôle de pièce que celle choisie par Cécile Combredet, comédienne d’origine parisienne  installée à Montpellier depuis cinq ans. Afin de mettre en scène son personnage -Aglaé, une trentenaire «écolo-bio» qui déteste les clichés- elle évolue une heure durant face au public, dans le public, derrière le public… Bref, avec son public ! Drôle et contemporain.

Ce qu’elle aime, Cécile Combredet, elle le décrit simplement : jouer dans des lieux insolites, travailler sur de nouvelles formes. C’est sans doute une des raisons qui ont incité Jean-Michel Soloch, le directeur du Théâtre d’O, à choisir ce spectacle pour ambassadeur de la saison. Aussi, se joue-t-il depuis plusieurs mois dans divers lieux de l’agglomération de la ville. Et ce monologue, que cette Montpelliéraine d’adoption dit être approprié à une salle d’attente, la conduit du rire aux larmes. Elle séduit, agace, critique, déplore, se révolte ou subit ce que sa génération vit au quotidien dans notre société. «Ah ! les trentenaires, génération sacrifiée qui va bientôt aborder la quarantaine…»


Pour mieux comprendre cette génération, la comédienne et Marie Raynal, metteur en scène, ont mis le Studio Gabriel Monnet du Théâtre d’O sens dessus dessous. Pas un gradin, juste des sièges posés en carré autour d’un espace vide dans lequel la jeune femme évolue au plus prés de son public qui regarde, écoute, participe parfois, s’esclaffe de rire. Avec une mise en scène aussi intimiste, difficile de ne pas admirer la concentration de l’artiste et sa performance. Une heure durant, elle occupe seule le théâtre de ses illusions perdues, de ses convictions bafouées, de l’implication sociale de ses origines à son avenir… Avec pour tout décor : un sac de plage sous le bras ! Voilà qui suffit à la fille du Tché!

Un récit schizophrène à souhait

Pas si simple pourtant d’être captivante, de garder le contact, d’assurer le lien et de plaire. Car il ne s’agit pas ici de séduire mais bien d’incarner, de se dédoubler. Présenter les combats d’une génération qui n’a pas fait la révolution de Mai 68 peut paraître dérisoire.  De la montée du chômage, des droits et des devoirs, elle dresse un inventaire : «Vous cherchez la sortie de l’Assedic ? Encore faut-il pouvoir y entrer !»

Un peu illuminée, elle rêve de jardinage ou de planter un baobab à L’Élysée… Des ambitions au demeurant pas si éloignées des attentes éco citoyennes actuelles. Bref elle ironise, décortique, plante le décor.  Saugrenues, ses pensées le sont assurément mais cela nous a été sympathique. Aglaé est perdue dans le dédale de son histoire, la résonance de ses aïeux, dans la vie. Un monologue parfois autobiographique qui renvoie à bien des égards à de vieux souvenirs ou à des périodes pas si éloignées de nous. Un one woman show qui reste drôle et contemporain à la fois sans prise de tête aucune.

                                 Christelle ZAMORA (Montpellier)

« On se fait la bise ? »
Création / Théâtre d’O
Les 12, 13, 14 et 28 mars 2008
De et par Cécile Combredet, compagnie le Bao
Mise en scène Marie Raynal.

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Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2007-08
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