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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 17:32
“MOI, JE SUIS LE PATRON!”

Ayant eu sa première en juillet 2007 au Théâtre Goldoni de Venise, à l’occasion du troisième centenaire de la naissance de l’auteur, le spectacle reprend en février au Théâtre Carcano de Milan et continue sa tournée à travers les principales villes italiennes. 

Une chambre insérée dans une autre, une maison-coffre-fort qui semble s’enfermer en soi-même et en son immutabilité, en empêchant  chaque incursion d’une Venise qui fait pression et en retranchant chaque sentiment ou rapport personnel. Un espace scénique fixe et particulièrement fonctionnel, apte à souligner la grandeur d’un seul personnage, autour duquel, physiquement aussi, les autres personnages tournent et dont la présence est tangible même quand il n’est pas sur scène : Todero.  


Il est un pantalon qui, avec son masque, a déposé ses qualités de marchant et sa connotation  de débonnaire père de famille pour se mettre les vêtements d’un vieux avare et superbe, toujours prêt à agir à son profit dans chaque situation. Todero est patron et serviteur des biens qu’il a accumulés et fait de la devise « moi, je suis le patron » la règle qui soutient son univers, au nom de cet argent qu’il prétend instrument de maîtrise des existences d’autrui et élixir de longue vie.

Si Todero s’éloigne des “cousins” peintes par Molière et de leur comique intrinsèque, c’est pour son « caractère odieux », qui est au comble dans la rencontre avec les autres personnages : un fils condescendant (interprété par l’amusant  Francesco Migliaccio), une belle-fille qui subit jusqu’à quand n’est en jeu le bonheur de sa fille, un facteur qui lui a toujours volé, un serviteur fidèle (Franco Santelli, qui suffit de peu de mots pour faire transparaître sa professionnalité ) et deux couples d’amoureux moins querelleurs et passionnés qu’ailleurs.  

Une mise en scène qui suit l’auteur


Jamais l’auteur n’avait dessiné un protagoniste si nettement et irrémédiablement négatif, jamais on n’avait demandé aux interprètes Goldoniens une épreuve d’acteur d’une si grande épaisseur. Le comédien Giulio Bosetti semble en sentir le poids  et,  malgré sa profonde exploration de l’œuvre du dramaturge vénitien, il ne s’en approche et n’en assume le rôle que maintenant, en se laissant diriger par Giuseppe Emiliani. Avec son jeu qui vise à une  soustraction et qui ne cherche pas forcément le comique, il redonne au personnage cette force qu’il avait perdue après autant d’interprétations, souvent visées à une excessive caractérisation.   

Grâce aussi à la grande expérience et de l’habileté technique des deux premières dames Marina Bonfigli et Eleonora Fuser, Emiliani donne naissance à un spectacle rigoureux, élégant et de style vieille école, qui ne cache pas de se faire guider par l’auteur.

Même si l’humanité est encore « riche de vices et de peu de virtus », le publique d’aujourd’hui fatigue à s’identifier avec les personnages sur scène, peut être pour l’utilisation du dialecte vénitien qui rend difficile l’abattement du quatrième mur. Mais, comme chaque chef d’œuvre qui se respecte, le spectacle  arrive quand-même à faire participer le public, satisfait d’une soirée de bon théâtre où se réjouir du jeu de comédiens de talent.   

Cristina BARBATO (Milan)


Lire la version en italien, par Crisitna BARBATO.

Sior Todero brontolon
Texte: “Sior Todero brontolon” de Carlo Goldoni
Mise en scène: Giuseppe Emiliani

Musique: Giancarlo Chiaramello
Décor: Nicola Rubertelli
Costumes: Carla Ricotti

Intérpretation: Tommaso Amadio, Marina Bonfigli, Giulio Bosetti, Federica Castellini, Sandra Franzo, Eleonora Fuser, Alberto Mancioppi, Francesco Migliaccio, Franco Santelli, Umberto Terroso.
Production: Vortice - Teatro Fondamenta Nuove, Teatro Carcano, Teatro Stabile del Veneto “Carlo Goldoni”

Rome : Teatro Quirino ETI Vittorio Gassman . Du 27/03/2008 au 20/04/2008

Photo © Angelo Redaelli




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Published by Cristina BARBATO - dans En Europe 2007-08
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