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Festival d'Avignon

15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 22:54
LA MORT LEUR VA SI BIEN

Voici un exercice brillant et drôle sur l'art d'accommoder les restes (humains) avant ensevelissement ou incinération.

Bob Jésus est-il un de ces prédicateurs américains comme son nom pourrait le suggérer ? Que non pas ! Ce Bob - Robert, plus exactement - Jésus, de la dynastie industrielle américaine des Jésus fondée aux States fin XIXème, et dont l'origine lointaine, côté maternel, se situe en Flandre, est à la tête d'une petite entreprise d'embaumement, de "croque-morts" (in french).  Bob Jésus nous raconte l'histoire de cette dynastie d'"honnêtes commerçants". Bob Jésus est un professionnel sérieux. Bob Jésus est fier de sa réussite. Bob Jésus est passionné depuis l'enfance par son art.  Mais Bob Jésus a un problème de taille : il a peur de la mort. Il a peur surtout de mourir seul. Aussi la solution qu'il va imaginer pour résoudre ce problème risque d'avoir des conséquences pour les spectateurs… Une solution dans le genre « Comment craquer le dernier maillon d'une" success story" américaine ? ».


Bob Jésus a fait de la mort l'œuvre de sa vie et logiquement, il entend bien, sans descendance, qu'elle disparaisse avec lui. Alors qu'il est aux petits soins pour ceux qu'il appelle "les horizontaux", Bob Jésus n'a jamais été à l'aise avec les humains debout, "les verticaux". A la compagnie des vivants, il préfère celle des morts, qu'il veille avec compassion durant ses heures d'insomnie, puisqu'il ne dort que deux heures et qu'il carbure au café. Café noir, forcément… D'abord vif et entreprenant, il a des remarques judicieuses sur, par exemple, le comportement à adopter lors d'une cérémonie, notamment à propos des pompes, non pas funèbres mais celles, impeccables, qu'il convient de chausser… Puis au fil du récit de l'histoire familiale et des confidences plus intimes, la façade s'effrite et le manager dynamique s'effondre.

Les Jésus du pays de Mark Twain…

L'humour dit "noir", plutôt british de Didier Gesquière, à l'écriture comme à l'interprétation, est non pas celui au ton ravageur des Topor, Panique et Cie, mais plutôt celui, à la Swift, qui n'est pas sans rappeler ce vieux film de Tony Richardson : "The loved one"/Ce cher disparu", dont le slogan était "le film qui ne respecte rien ni personne". En 1965, il est vrai, le cérémonial funéraire et les procédés d'embellissement des défunts étaient encore peu connus en Europe. Et malgré le succès de la série "Six feed under", tout ce qui entoure la mort d'un être dit "cher" n'est toujours pas un banal sujet de conversation dans nos familles en 2008…  Un traitement non dramatique du sujet est donc encore plutôt rare.

Il faut souligner la rencontre étonnante entre une toute jeune metteure en scène, Sofia Betz, et un acteur qui a roulé sa bosse sur pas mal de terrains culturels et géographiques. Rencontre d’où jaillit une complicité dans l'humour que vient compléter une maturité certaine favorisant à la fois la distanciation vis-à-vis d'un tel sujet et l'humanité qui se profile derrière le regard plein d'acuité porté sur ceux que l'on appelle "les proches" des défunts. Complices également, Sarah de Battice, avec sa scénographie intelligente jouant sur les verticales et horizontales, et Benoît Lavalard qui réalise un méticuleux travail sur les lumières (on ne verra plus du même œil une table dressée pour une réception…). Tout cela fait un excellent (très) "seul en scène" de Didier Gesquière, auteur-acteur trop rare sur nos planches.

Suzane VANINA (Bruxelles)

Texte et interprétation : Didier Gesquière
Mise en scène : Sofia Betz
Scénographie : Sarah de Battice
Lumière : Benoît Lavalard

Production Les Riches-Claires, du 8.4 au 26.4.2008 – Tél : +32(0)2.548.25.80 – richesclaires@swing.be – www.lesrichesclaires.be
 


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
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