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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 21:00
DANS LA DOUCEUR D’UNE SOIRÉE SARDE…

Dernier spectacle du festival « Paroles au Paradis » qu’abrite le Lucernaire, « Premier pas » clôture en beauté une série d’intenses sources de plaisir distillées par ces poètes de l’oralité, les conteurs. Eric Printus se raconte. Ecoutons-le…


La salle est plongée dans l’obscurité. Retentit une musique bien connue de tous. « Il est né le divin enfant ». Le son est un peu éraillé pour ne pas dire franchement pourri. Rien de bien solennel donc. Effectivement, entre en scène un bonhomme, pardessus gris, et tenant à la main un transistor, celui-là même qui laisse évader les notes du célèbre avènement. Quelques secondes puis la musique se tait. L’homme prend la parole. Et nous raconte une histoire. Il était une fois… C’est la belle nuit de Noël… Un enfant vient de naître… Stop ! Non, il ne s’agit pas de ce sauveur qui se saigna aux quatre veines pour l’amour de l’humanité. Le bébé, il est en face de nous, quarante ans plus tard… Un peu illuminé, là sans l’être vraiment. Il va nous narrer une histoire de gosse en Sardaigne qui, convaincu que la vie ne va pas être un long fleuve tranquille, va peupler son existence de fées, de bergers, de chèvres…


Minimalisme maximal


Le décor est réduit à un strict minimum : un banc. Le jeu de scène est à l’avenant. Point de chorégraphies ou de mouvements expressionnistes pour parapher l’espace et symboliser des tourments intérieurs. La lumière suit le non mouvement, deux ou trois interventions de l’éclairagiste suffisent. Point trop n’en faut. L’essentiel n’est pas dans tous ces artifices. C’est avant tout une voix qui fait le spectacle. Eric Printus s’en remet aussi à elle pour faire passer le message. Quelques haussements d’épaule, un pardessus qui tombe, rien de plus.

Cette économie de moyens va bien sûr donner la pleine dimension au texte. Un texte qui n’oublie pas d’être drôle mais qui surtout s’ancre dans les origines du comédien. Nous sommes en Sardaigne, pays des fiers bergers. Nous partons sur des sentiers montagneux, redescendons dans les plaines en compagnie d’ancêtres, de fées. Un monde imaginaire qui prend cependant sur une réalité faite de tous ces sentiments qui font l’Homme : la jalousie, l’appât du gain, l’amour… Car le conte n’est jamais qu’un habile subterfuge pour faire passer par l’oralité quelque moralité. Printus se dit d’ailleurs « oralisateur ». Joli formule, comme celles dont son texte regorge, notamment dans cette histoire de chèvre partie dans la montagne toutes les nuits et qui en revient au petit matin, le pis généreusement lacté. Son maître n’est hélas pas Seguin. Il serait même plutôt « ce gain »… Dommage pour elle, dommage pour lui…

Eric Printus est le dernier à se produire dans le cadre de ce festival « Paroles au Paradis ». Une manière de clore en beauté cette initiative rare et donc précieuse…

Franck BORTELLE (Paris)


Premier pas (Paris)
De et avec Eric Printus
Durée 1h
Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris (M° Vavin, Station ND des Champs fermée pour travaux)
Réservations : 01 45 44 57 34
Jusqu’au 19 avril à 21 heures




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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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