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Festival d'Avignon

24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 17:52
UN POUR TOUS, TOUS POURRIS !

L’inimitable imitateur dégaine la sulfateuse et dégomme en rafales la classe politique, la nouvelle chanson française et le monde de la télévision avec une impertinence et un à-propos jouissifs. Il sème à tous vents et récolte des tempêtes de rire. Méritées.

Le saviez-vous ? Il y a aujourd’hui deux catégories de personnes : les méchants et les nantis. Vous voudriez quand même pas qu’il soit de la race des méchants ? Il, vous ne voyez pas de qui il peut bien s’agir ? Eh bien, je vais vous le dire. Selon Timsit, c’est quelqu’un qui a tout pour « camper un personnage burlesque : petit, cocu et de mauvaise foi ». Fabrice Luchini, grand exégète littéraire devant l’éternel qui s’est penché sur la puissance intrinsèque d’un texto disant « Si tu reviens, j’annule tout », voit en lui « Chrétien de Troyes avec une game-boy ». Lui se définit comme quelqu’un « qui répond à des questions imparables où on est obligé d’être d’accord. »


An 2012. Cinq années ont passé depuis que la France est entrée dans l’ère irrespirable de l’ancien maire de Neuilly. Cinq ans de « bling bling », de « pipo(lisation) », de « m’as-tu-vu avec ma jolie Rolex et mes talonnettes ». Un parc d’attraction, le « Sarkoland », avec Foucault, Sébastien et Fogiel comme animateurs et Delarue, qui fait « du journalisme, pas du voyeurisme », comme infirmier. On y croise pêle-mêle Clavier (« qui est à la modestie ce qu’Alain Delon est à l’humour »), Borloo («  la contraction de bordélique et alcoolo »), Sevran (« toujours derrière les jeunes talents »), Douillet et Bernadette (Shrek et E.T), Raphaël (« qui ne se prend par pour de la merde, c’est normal puisqu’il en chante »), Christophe Willem dit « La Torture » grand gagnant de l’émission « La nouvelle Tare », Pasqua le parrain trahi ou encore Marine Le Pen qui, « pour la fille d’un porc, a plutôt du chien ».

Calogero, Raphaël, Gainsbourg, Brel…

En s’adjoignant les services d’auteurs dont le jeune Gaspard Proust, Dahan réussit un tour d’horizon saignant de toute la classe politique, de la nouvelle chanson française et du monde de la télévision. En gros, tous ces personnages surmédiatisés qui « se foutent quand même un peu de notre gueule », comme aurait dit Coluche. Le rapprochement avec le génial « Enfoiré » n’est pas fortuit. Certes moins engagé que le père des « Restos », Dahan ne marche toutefois pas bien loin du sillon creusé par l’illustre aîné. L’imitation lui permet de faire dire tout à tout le monde. Il passe ainsi par la vulgarité moins langagière que comportementale d’un Bigard devenu un parangon de foi crétine, par la colère énigmatique d’un Kouchner qu’un GPS à portée de main empêche de tourner à droite ou par le désarroi d’un Stéphane Bern érigé en Trissotin mondain, pleurnichant aux obsèques du président tué « d’une balle dans la tête alors que le tireur visait le genou. » En prenant ces stars comme porte-paroles de ses propres observations, Dahan perd en férocité « coluchienne » ce qu’il gagne en drôlerie, rehaussée par son génie d’imitateur auquel il convient d’ajouter une belle aisance dans la danse et le chant. C’est une trentaine de personnalités qui passent ainsi par le prisme de l’imitation, de Calogero à Brel (avec une étourdissante « Valse à cinq ans »), de Nougaro à Gainsbourg (deux forts beaux hommages) sans oublier un incontournable passage par notre Johnny national.

On peut regretter cependant l’absence de femmes dans ce bel aréopage. Ségolène Royal n’est évoquée que par le président (« Une crème anglaise non parce qu’elle est anglaise mais parce que pendant 20 ans elle a accompagné le flanc »), de même que Dati, Carla, Cécilia ou Ockrent.

Mais en ratissant très large, en renvoyant dos à dos la droite et la gauche, ce spectacle, parfois un poil démago, ne vire-t-il pas au consensuel ? Un partout la balle au centre, donc ? Oui et non, car au centre il y a Bayrou qui, du coup, la prend en pleine poire…

Franck BORTELLE (Paris)

Sarkoland (Paris)
Texte de Gérald Dahan, Ludovic Bruneau, Alexis Maquart, Edouard Pluvieux, Gaspard Proust et Vincent Martigny
Avec Gérald Dahan
Théâtre Dejazet, 41 Boulevard du Temple, 75010 Paris
Réservations au 01 48 87 52 55
Durée : 1h50
Jusqu’au 14 juin 2008 et en tournée dans toute la France (dates non fixées à ce jour)
Du mardi au samedi à 20h30, le samedi à 17 heures.

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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