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Festival d'Avignon

28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 19:36
UN POÈME D’AMOUR ET DE MORT

La compagnie du Lierre propose sa nouvelle création, Noces de Sang, premier texte de la trilogie dramatique de Gracia Lorca, auquel suivront Yerma et la Maison de Bernarda Alba. Les comédiens, dirigés par Farid Paya, abordent l’analyse du conflit psychologique présent dans la tragédie en y apportant leur propre style, privilégiant la dimension musicale.

Federico Garcia Lorca pressentait des forces cachées dans les cœurs et les sentiments des hommes, un désir d’être différent de ce que l’on est, de se libérer de la culpabilité des fautes d’autrui, qui mène à la catastrophe quand on cherche à échapper à son propre destin. C’est la même condition de douleur dont tous ses personnages partent, en cherchant à se rebeller aux mêmes préjugés  et aux vieilles lois en invoquant les raisons du sang et du sentiment. En les voyant comme seule alternative à la misère spirituelle, les protagonistes choisissent le désespoir et la mort.


Ainsi, la protagoniste de « Noces de sang » se retrouve à épouser un homme riche et plaisant, mais  qu’elle n’aime pas, seulement pour des causes sociales. Elle doit cacher son amour impossible pour Léonard, son ancien fiancé, qui l’aime à sa fois, mais qui n’a pas de moyens et s’est marié avec une autre femme. Mais elle se rebelle à cet ordre préconstitué et le jour même de ses noces,  elle s’enfuit avec Léonard dans le foret en provoquant un gros défit entre son promis et l’amant, qui se conclut avec la mort des deux prétendants.

L’intrigue est tirée d’une chronique noire, un meurtre qui s’est passé à Nijar en 1928 et dont les journaux espagnols ont beaucoup parlé. Cette histoire réelle devient, sous les mains du poète et dramaturge, la matière d’une tragédie universelle où la crise de la famille s’inscrit dans un théâtre méditerranéen à la tradition millénaire. L’Andalousie et le folklore paysan perdent ainsi toute connotation de réalité pour puiser directement dans l’essence, dans l’âme. 

Un spectacle très méditerranéen

Une atmosphère de Méditerranée rêvée est évoquée dans le spectacle grâce à la musique qui accompagne l’entier développement de l’action scénique.  Composé par Marc Lauras, un mélange de  rythmes et de sonorités est exécuté au violoncelle par l’auteur lui-même puis par les comédiens avec d’autres instruments (violon, accordéon et percussions).

La structure de la pièce présente toute une trame d’histoires dont on ne prend connaissance qu’à travers les narrations des personnages mineurs : la mère du Fiancé, les voisines, la femme de Léonard, qui donnent au drame une choralité, comme dans l’ancien théâtre grec. Le metteur en scène ajoute d’autres plans interprétatifs au texte dramaturgique, en abordant les trois actes de façons différentes : les tableaux de l’acte I sont traités comme du théâtre des tréteaux ; l’acte II s’ouvre à la musique et à la danse, le troisième se développe dans un espace vaste et sombre.

Dans une alternance de lumière et de ténèbres, la narration s’éloigne du vérisme et se teinte de fantastique, surtout dans les dernières scènes. Fidèle à l’esprit de l’auteur, la pièce est bien structurée et jouée, mais parfois un peu trop caricaturale. Dans le jeu choral ressortent toutefois les interprétations des comédiennes et chanteuses  Antonia Bosco (la mère), Sowila Taïbi (la servante et la voisine), Martine Midoux (la femme de Léonard).

Cristina Barbato (Paris)

Noces de sang
Texte : « Bodas de sangre » de Federico Garcia Lorca (1933)
Traduction : Marcelle Auclair et Jean Prévost (Éditions Gallimard – 1947)
Mise en scène et scénographie : Farid Paya assisté de Joseph Di Mora
Conseiller à la dramaturgie : Aloual
Avec : Aloual, Antonia Bosco, Guillaume Caubel,
Isabelle Chevallier, Marion Denys, Rosaline Deslauriers, Yanis Desroc, Sonia Erhard, Patrice Gallet, Martine Midoux, Sowila Taïbi, David Weiss.
Musique de et avec : Marc Lauras
Lumières : Thierry Meulle
Création des costumes : Évelyne Guillin
Coiffes : Yuki Yaoko
Maquillage : Michèle Bernet
Production : Compagnie du Lierre

  © Agathe Poupeney

Au Théâtre du Lierre présente du 12 mars au 27 avril 2008

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Published by Cristina Barbato - dans À Paris 2007-08
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