Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 20:56
CYRANO, LE VRAI

Saviez-vous que le Cyrano de Bergerac dépeint dans la pièce d’Edmond Rostand ne ressemble pas au vrai Cyrano ? « L’autre monde ou les états et empires de la lune », pièce baroque inspirée des écrits de ce personnage méconnu du 17e siècle, lève le voile sur l’identité réelle de Cyrano, plus complexe que celle de son double littéraire.

Qui aurait cru, après la pièce d’Edmond Rostand et le film de Jean-Paul Rappeneau, que Savinien de Cyrano de Bergerac était un grand libertin, féru de cosmogonie et sensible aux plaisirs homosexuels ? Au cours de son existence, Cyrano de Bergerac a écrit une œuvre subversive qui, mutilée par la censure, n’a jamais pu être publiée de son vivant.


Avec une intelligence aiguisée, une verve joyeuse et un esprit très critique, Cyrano de Bergerac livre un livre onirique où il laisse s’exprimer librement son imagination, ses folles rêveries et ses fantasmes polissons. Il invente, avec exaltation, un monde peuplé de machines volantes, de livres magiques, de jeunes éphèbes qui lui chatouillent délicatement le corps et d’animaux. Au centre de cet univers fictif, il virevolte de lune en lune, de monde en monde, vivant des aventures toutes plus rocambolesques les unes que les autres.

Aussi, mettre en scène ce livre luxuriant et incandescent relève du trait de génie, nécessitant un travail titanesque de compression, de sélection, d’imagination et de compréhension de l’œuvre. En fervent admirateur de Cyrano, le metteur en scène et comédien Benjamin Lazar a pourtant relevé ce défi avec talent.

La griffe de Lazar

Dans le grand théâtre de l’Athénée théâtre Louis Jouvet, Benjamin Lazar interprète, vêtu d’habits d’époque, un Cyrano à la faconde inspirée et au jeu très habité. Usant d’un langage classique enjolivé par un accent marqué, il clame avec force, précision, clarté, humour et suspens des textes pourtant difficiles à dire. Son aisance lyrique est magnifiée par des mouvements corporels emplis de grâce et d’élégance. Se déplaçant avec légèreté, gigotant ses doigts avec vélocité et grimpant agilement sur son échelle, il s’approprie les textes avec une authenticité évidente.

La mise en scène de Benjamin Lazar est à l’image de son interprétation. Au travers d’une scène éclairée par les seules lueurs de bougies et décorée par quelques objets en bois, il arrive à créer l’atmosphère mi-fantastique mi-envoûtante propre au livre de Cyrano. Atmosphère renforcée par d’agréables morceaux de musique médiévale, émanant de deux musiciens à la virtuosité aussi discrète que fine.

« L’autre monde ou les états et empires de la lune » témoigne d’une plume qui a soif de liberté, et qui, dans cette mise en scène baroque, rayonne de plein feu.

Cécile STROUK (Paris)

« L’Autre Monde ou les États et Empires de la Lune » (Paris)
Auteur : Savinien de Cyrano de Bergerac
Mise en scène : Benjamin Lazar
Interprétation : Benjamin Lazar, Florence Bolton (dessus et basse de viole), Benjamin Perrot
Scénographie et costumes : Adeline Caron
Lumières : Christophe Naillet
Maquillages : Mathilde Benmoussa
Recherche musicale : Benjamin Perrot, Florence Bolton
Regard sur la mise en scène : Louise Moaty

Au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet (Paris), du 10 au 26 avril, le mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 20h, le mardi à 19h, le samedi à 15h et le dimanche à 16h
Réservation : 01 53 05 19 19
Photo © Nathaniel Baruch

Partager cet article

Repost 0
Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche