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Festival d'Avignon

1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 10:48
UN SHAKESPEARE TRÈS (TEN)DANCE

La tragédie universelle du plus grand dramaturge de tous les temps est une nouvelle fois revisitée. Cette adaptation mérite largement le détour. Dépoussiérée et modernisée, elle allie performance d’interprétation et partis pris de mise en scène tout à fait passionnants.

Deux tourtereaux dans la « Tempête. » Roméo, fils de la famille Montaigu, aime Juliette Capulet. Deux familles que seule une haine séculaire unit. La suite, on la connaît tous… Elle est cependant annoncée d’entrée de jeu, comme pour désamorcer un suspens qui n’en est pas un, par un homme cintré dans une robe rouge et qui porte hauts talons et bas résille. Ce n’est pas simplement le suspens qui est ainsi désamorcé, mais tout le poids des ans qui sacralisent l’œuvre prétendue intouchable et dont on prononce le nom de l’auteur avec une incandescente dévotion. La salle se bidonne. Ça part bien pour la plus grande tragédie des temps modernes…

Après ce prologue, qui dans la pièce originale est joué par un chœur, nous retrouvons ce drôle de zigue, qui nous a, au passage, sommé d’éteindre nos portables, dans le rôle de Nursy, la nounou de Juliette. Le portable se téléporte chez Shakespeare… Originalité va rimer avec modernité. Et adaptation avec désacralisation…


Trois éléments de décor. La maison des Capulet : salle à manger au rez-de-chaussée, chambre de Juliette à l’étage. Une boutique d’apothicaire apostolique (pharmacien ET curé), dont les étagères en forme de croix regorgent de potions – l’une d’elles aura raison de Roméo. Et une régie télé rendant compte régulièrement du drame avec journaliste envoyée sur les lieux et commentaires du prince de Vérone.

Réactualisation à tous les niveaux

Ces éléments en perpétuel mouvement vont conférer, outre sa modernité à l’adaptation, une énergie et un rythme à l’ensemble de la pièce. Le reste de l’espace, quant à lui, est occupé par douze comédiens. De leur bouche, un dialogue qui n’a retenu de la pièce médiévale que quelques bribes. La réactualisation s’opère à tous les niveaux  : langage, décors, costumes, musique.

Et ça marche  ! L’ensemble, tout en restant fidèle au dramaturge et à la trame de sa pièce, est ancré dans une réalité bien contemporaine. Si Vérone reste le lieu du drame, il pourrait être rebaptisé du nom de toutes les cités de la planète, à l’instar du West Side de New York où Robert Wise planta le décor de sa version de «  Roméo et Juliette  » en 1960 et auquel on pense forcément quand la scène s’anime de chorégraphies sur des musiques dance. Difficile de ne pas songer aussi à l’adaptation de Baz Luhrman, plus proche du texte, mais décontextualisée temporellement. Cette version de Pauline Bureau emprunte un peu à ces deux films mais en radicalisant la distanciation avec l’original. La haine des deux clans est abrupte et se tisse à coup de harangues d’une violence langagière plus du tout shakespearienne. Les amours de Roméo et Juliette, quant à elles, n’ont rien de commun avec celles de Claire Danes et Di Caprio. Elles sont gauches, maladroites, ce qui en renforce la désespérance,  la fragilité et l’inéluctabilité de leur fin tragique.

De ce juste milieu entre volonté affichée de dépoussiérer une œuvre et déférence envers son auteur naît un spectacle atypique, énergique, entre comédie décalée et tragédie et rehaussé d’une interprétation très convaincante. L’ensemble peut surprendre, mais corrobore avant tout l’intemporalité d’un propos qui fait la marque des chefs d’œuvre.

Franck BORTELLE (Paris)

Roméo et Juliette
De William Shakespeare
Adaptation et traduction de Benoîte et Pauline Bureau
Mise en scène de Pauline Bureau
Avec Elya Birman, Yann Burlot, Mikaël Chirinian, Nicolas Chupin, Fabien de Chalvron, Alban Guyon, Gaëlle Hausermann, Régis Laroche, Samantha Markowic, Marie Nicolle, Bryan Polach, Anthony Roullier et à l’image Jean-Louis Jacopin
Scénographie : Jérémie Duchier
Lumières : Jean-Luc Chanonat
Costumes : Alice Touvet
Son : Vincent Hulot
Chorégraphie : Fatima N’Doye
Vidéo : Bastien Ehouzan
Régie : Nicolas Lamartine
Durée : 2 heures

Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris (M° Château de Vincennes)
Réservation : 01 43 28 36 36  (Collectivités : 01 43 74 73 83)
www.latempete.fr
Du 24 avril au 25 mai 2008
Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h30
Jeudi à 19h30
Dimanche à 16h00

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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