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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

18 février 2006 6 18 /02 /février /2006 17:04
« HÔTEL TROIS ÉTOILES »

Le spleen a emménagé chez Dorothy Parker avec dans ses valises, l’alcool, le cynisme et ce doux parfum des années 30. Bibi à plumes et renards sur l’épaule, elle est, ou plutôt, elles sont toutes au bord de la crise de nerfs.

"Il" va partir, les cintres sont vides, le couple va mal, les cavaliers de mauvais danseurs, les maris volages … Que reste-t-il ? Le Véronal bien sûr !! Ironiser sur la solitude, l’ennui et le célibat en déshabillé de soie noire et robe de chambre assortie, voila l’effet Parker. Dans la bourgeoisie new-yorkaise des années folles, Dorothy Parker dépeint ce que l’on craint devenir, la femme désespérément désespérante. Cependant il s’agit, avant de se servir un autre verre, d’être toujours sarcastique. « Plus je vois des hommes et plus j’aime mon chien ». Ou si la conversation lors d’un dîner se concentre sur le « goût exquis de la salade » et que votre voisin de table vante la saveur de ses petits pois, répétez-vous comme Dorothy Parker que « s’il vous fait un cours sur les légumineuses, il va prendre une claque » !! Mais le tour de force de l’auteur réside dans le fait que l’éventail féminin de la société américaine est représenté : la femme de couleur « pleine de bon sens populaire et qui se moque de cette bourgeoisie guindée et superficielle », la maîtresse de maison pingre et raciste mais qui se défend de l’être... Benoîte Groult le souligne parfaitement : « Ces dames respectables consacrent leurs journées aux bonnes œuvres et se comportent avec leurs servantes comme des négriers ».

Pathétique et drôle

Sur scène les quatre comédiennes font revivre l’auteur et celles qui lui ressemblent avec brio et justesse. Geneviève Mnich, Suzanne Schmidt, Sylvie Jobert, Yvette Caldas et Betty Bussmann n’ont pas de difficulté à rendre les personnages tantôt pathétiques tantôt férocement drôles. Les regards, les attitudes, les gestes ponctuent parfaitement le texte de Dorothy Parker. Librement inspiré de son œuvre, les auteurs Valeria Moretti et Rachel Salik ont réuni dans ce spectacle de quoi nous donner envie de lire Dorothy Parker. Selon Rachel Salik (également metteur en scène) : « j’ai voulu faire revivre Dorothy Parker, l’esprit le plus brillant, le plus pétillant, le plus provocateur de l’Amérique des années 30. Causticité, élégance, ironie, humour désabusé … » Pour cela, elle obtient de ses comédiennes qu’elles gardent les variations du texte, passant d’une élocution lascive à un flot interrompu de paroles telles des oscillations de maniaco-dépressifs. Je regrette toutefois que les comédiennes n’évoluent pas dans un décor plus ingénieux. Je n’ai malheureusement pas vu dans la scénographie « une ligne de fuite, une échappée propice au rêve » dont a parlé Rachel Salik.
Nous resterons surtout sensibles à la férocité du texte de Dorothy Parker, à l’interprétation de toutes les comédiennes et facilement, nous nous laisserons envahir par le son qui s’échappe du piano-bar de l’hôtel.

Priscilla GUSTAVE-PERRON

« HÔTEL DOROTHY PARKER » Jusqu’au 18 mars / 20 heures / durée : 1 h 30
THÉÂTRE DES DÉCHARGEURS - 3 rue des Déchargeurs 75001 Paris - Tel :  01 42 36 00 02

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Published by Priscilla GUSTAVE-PERRON - dans Chroniques 2005-06
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commentaires

BELIN 02/03/2006 14:21

je ne dirais qu une chose : j espère que la qualité de la pièce est à l hauteur de celle de cette excellente chronique

Chronique Fraîche