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Festival d'Avignon

3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 10:35
UNE VÉRITABLE FOLLE JOURNÉE

C’est vraiment une folle journée que celle des « Noces de Figaro » présentées au Théâtre des Amandiers de Nanterre. Un opéra moderne et frais, amusant et captivant de la première à la dernière note.

L’Opéra National de Paris se déplace au Théâtre des Amandiers de Nanterre, dans le cadre du projet «hors des murs ». L’orchestre est composé des Lauréats du Conservatoire (CNSMDP) et de jeunes mais déjà talentueux chanteurs riches d’une belle expérience et dirigés par le maestro Sylvain Cambreling.


Luca Pisaroni et Camilla Tilling forment un couple convaincant, lui en Figaro, elle en Susanna avec toute la fraîcheur, la  légèreté et l’amusement que supposent les rôles (n’oublions pas que Mozart avait trente ans quand il composa ce chef d’œuvre). Une distribution vraiment inspirée tant pour les protagonistes que pour les personnages de second plan. Fantastique Helene Schneiderman dans le rôle de Marcellina, elle enthousiasme la salle en créant sur la scène de véritables moments de one woman show. Tout aussi à l’aise, Christine Schäfer dans les larges vêtements et les chaussures à semelle compensée de Cherubino auquel elle donne les gestes d’adolescent naïf et passionnel, toujours très spontané. Aux chanteurs se joint un « récitativiste » (1), Jürg Kienberger, personnage presque surréaliste qui, entouré d’animaux empaillés ou jouant des instruments, ajoute une touche d’humour et de détachement à cette représentation drôle et audacieuse.

Musicien de formation, le metteur en scène Christoph Marthaler transforme la maison du Conte d’Almaviva en un magasin de robes de mariage : le bureau au centre de la scène, où Bartolo, Marcellina et les deux promis ne sont que des employés, le comte et la comtesse étant les propriétaires de l’entreprise.  Les chassés-croisés amoureux, les déguisements, les faux-semblants et les coups de théâtre se passent tous dans le même endroit, la cour du magasin, au fil des heures dont le changement s’opère par de simples jeux d’éclairage. 

L’humour en première ligne

La satire sociale des personnages inversés dans leurs rôles sociaux perd, dans cette mise en scène, un peu de valeur, pour mettre en évidence l’aspect comique propre de cet opéra bouffe mozartienne (à remarquer que les serveurs et les patrons ont les mêmes valeurs vocales). Toutefois, Figaro reste un homme plein de bon sens, face au Comte dont l’honneur ne reste sauf que grâce à son épouse qui lui offre son pardon assorti d’une belle leçon de morale. Même les abus de pouvoir et le thème d’Œdipe (Marcellina voudrait se marier avec Figaro ne reconnaissant pas en lui son fils) perdent en épaisseur face au caractère gai et burlesque de la musique, comme dans une volonté de mettre en deuxième plan les éléments dramatiques. 

Dans les opéras mozartiens on peut trouver toutes les indications pour la mise en scène - pauses, couleurs, atmosphères, mouvements – musique et situations marchant du même pas. Dans l’interprétation de Sylvain Cambreling et Christoph Marthaler, qui avaient déjà travaillé ensemble, chaque mot et chaque trouvaille semblent avoir été pris en considération. Et malgré la modernisation du texte, on peut ne peut que saluer la cohérence dans la lecture dramaturgique.   
 
Cristina BARBATO (Paris)

(1) Néologisme créé par la troupe pour désigner un comédien muet qui joue aussi d’un ou plusieurs instruments

Les Noces de Figaro
Texte : « Le Nozze di Figaro ».  Livret de Lorenzo da Ponte, musique de Wolfgang Amadeus Mozart  (1786) d’après Le Mariage de Figaro de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
Direction musicale : Sylvain Cambreling
Mise en scène : Christoph Marthaler
Décors et costumes : Anna Viebrock
Lumières : Olaf Winter
Chorégraphie : Thomas Stache
Chef des Chœurs : Till Drömann
Distribution : Stéphane Degout, Christiane Oelze, Camilla Tilling, Luca Pisaroni, Christine Schäfer, Helene Schneiderman, Roland Bracht, Burkhard Ulrich, Eberhard Francesco Lorenz, Pauline Courtin, Frédéric Caton, Elisa Cenni, Marie-Adeline Henry, Jürg Kienberger
Orchestre des Lauréats du Conservatoire (CNSMDP)
Production : Opéra national de Paris en coréalisation avec le Théâtre Nanterre-Amandiers

Photo © Christina Leiber

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Published by Cristina BARBATO - dans À Paris 2007-08
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