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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 19:46
ATTACHANT

La jeune compagnie L’Attache cœur présente une création sur le grand départ qui ne manque pas de charme ni de poésie. Une rencontre entre deux personnages, un homme et une femme, flottant entre deux rives et manipulés par une étrange marionnettiste.


Une femme vient de rater son bus, à deux minutes près. C’est le soir, et il n’y aura plus de bus avant le lendemain matin. Coincée là, dans cet espace vide où trône un siège fait de valises, elle soliloque, tout en s’en voulant de parler seule. Elle parle de ses attaches qu’elle n’aime pas sentir l’enserrer. On comprend qu’elle fuit. Un homme était là et l’écoutait. Il a oublié son nom. Qui sont-ils, où sont-ils ?


Pendant qu’ils parlent, se cherchent, se disputent et s’excusent, un troisième personnage, jeune fille toute de blanc vêtue, tire les ficelles, presque au sens propre. Présence muette et souriante, elle n’intervient pas dans l’histoire au même niveau : elle a sorti de sa valise, au début de la pièce, deux pantins de bois, dont on comprend qu’ils représentent les personnages. Mais qui est-elle ?

Une mort qui sourit

La réponse vient au milieu de la pièce et on s’en veut un peu de la révéler, mais il en va de la compréhension de l’histoire : la jeune fille en blanc, au sourire enjôleur, c’est la mort. C’est elle qui décide de jouer avec ces deux êtres qui cherchent, par leur mémoire, à rester dans la vie. Les souvenirs sont symbolisés par des sphères, ouvertes et vidées de leurs paillettes ou de leurs plumes, répandues sur le sol. Jusque quand tiendront-ils ? L’enjeu n’est pas tant de rester en vie que d’accepter de mourir, de faire le grand saut vers l’inconnu. Quand lâcheront-ils donc prise ?

On est reconnaissant envers l’auteur et metteur en scène Krystell Lebrun d’avoir évité les poncifs et les archétypes. Avec une mort en noir, au visage sinistre et dotée d’une grande faux, on aurait compris plus vite de quoi il en retournait, mais on serait resté dans le banal. Ici, la mort est une jolie blonde qui semble d’abord juste attendre son heure en écoutant une musique lancinante puis joue avec des pantins, comme dans un rite vaudou, jusqu’à leur faire perdre la mémoire de qui ils sont. La mort apparaît alors bien douce pour ceux qui errent dans l’entre-deux mondes.

Le jeu des deux personnages principaux est fort : ils vont jusqu’au bout de leurs émotions et nous y entraînent. La marionnettiste et danseuse, Lucie Reinaudo, fait preuve d’une réelle présence, même si elle est un peu plus effacée. On aurait aimé plus de parties chorégraphiées car ce sont des moments denses : on sent que tous les trois ont un vrai potentiel et peuvent porter la pièce encore plus loin.

La gare routière est l’endroit idéal pour cette histoire. Suggérée seulement par quelques bagages, sous des sphères qui évoquent la galaxie d’un monde parallèle, elle est un lieu de transition, de passage. Là où commence le voyage. Dans leur vie réelle, les deux protagonistes sont pour de bon en train de partir, et se rejoignent dans leur démarche de départ vers un ailleurs plus souriant. Ce n’est cependant pas vraiment la destination qu’ils attendaient : « un pas de trop » et les voilà prisonniers dans le dernier des songes.

Alexandra FRESSE (Paris)

Texte et mise en scène : Krystell Lebrun
Chorégraphie : Krystell Lebrun, Lucie Reinaudo
Musique : Victor Avron
Avec : Camille Lamache, Thibault Motte, Lucie Reinaudo
Régisseur : Antoine Cherix

Du 1er au 31 mai, les jeudis, vendredis et samedis à 19h30

Le Passage vers les étoiles
17 Cité Joly, 75011 Paris
Réservations : 01 43 38 83 45

Photo : DR

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Published by Alexandra FRESSE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

lebrun 13/05/2008 14:14

Beaucoup d'émotion et de tendresse parfaitement portées par un trio de jeunes comédiens . Une mise en scéne soignée que met en valeur un texte ciselé avec des mots forts portant un suspens savamment entretenu...Et si la mort était si belle...DEHEL 

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