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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 12:59
DRÔLE DE BIGNOLE

Dans un spectacle délicieusement fantasque où il interprète une demi-douzaine de personnages tous plus branques les uns que les autres, Xavier Lainer nous convie à une heure et quart de rire non-stop. L’écriture est fine, mordante et sans bavure. L’interprétation suit.

Qui n’a pas eu dans sa vie à supporter sa concierge, toujours prête à vous rendre de précieux services en échange de non moins précieuses informations sur votre voisin, celui dont personne ne sait rien ? Tout savoir pour mieux servir, n’est-ce pas là la devise de ces chères bignoles ? Birgit, elle, ce serait plutôt «tout savoir pour mieux sévir. » Contrôle, intervention, assaut ! C.I.A ! Flanquée d’une kalachnikov en bandoulière et chaussée de rangers, les couettes façon gretchen de Bavière, elle a décrété que dans son immeuble, ça marcherait au pas. Mais, pas d’inquiétude, elle a tout de même sa féminité puisqu’elle passe son temps libre à tricoter des gilets... pare-balles !


Au 32 rue Sainte-Marthe, on paye ses charges mais ça fait une paye qu’on est chargé. À bloc. Barré. Déjanté. À l’Ouest comme cette proprio d’une chambre de bonne donnant plein Est, folle des énergies qui passent ou ne passent pas et qui parle de « désincarcérer une carne désincarnée » pour dire qu’elle sort le poulet du four. Frappé comme ce banquier de la BBF (Banque Boulimique de France), qui vend des « crédits révolver » et écoute du Vivaldi pendant qu’il se fait braquer. Jobastre comme ce Marseillais qui, tout en faisant sa gym, dicte à sa femme une lettre d’excuses pour ne pas aller enterrer un vieil ami pour cause de thalasso. Siphonné comme ce torero homo qui a « épousé une radasse de l’aristocratie pour faire plaisir à papa », alors qu’il n’a d’yeux que pour son Lucien.

Fée Niasse, exauce-nous !

Mais qu’est-ce qui motive donc tout ce beau monde dans la vie ? Pas que des choses avouables. À travers ce panel de personnages, les auteurs se sont livrés à une introspection intuitive des comportements humains dans leur plus paroxystique folie. Entre un directeur de banque pire que les crapules qui le braquent, la proprio prête à refourguer un placard où « les toilettes sont dans la salle de bain voire l’inverse » et une concierge qui flingue tout ce qui bouge, c’est un tour d’horizon qui n’épargne personne. Seul le torero émerge de cette férocité par une pitié pour la bête mise à mort devant un parterre de crétins hurlant « olé ! » Paranoïa, appât du gain, petit égoïsme matériel sont autant de travers que soulève ce spectacle délirant où Xavier Lainer s’en donne à cœur joie en interprétant tous ces personnages. Sans oublier une fée Niasse qui va exaucer à sa manière tous les vœux que le public aura inscrits sur un papier avant le début du spectacle. Inutile de dire que cette interactivité, basée sur l’inévitable nécessité d’improviser, termine en beauté ce spectacle jusqu’alors très écrit.

La mise en scène ne manque pas non plus d’astuces. Chaque texte constitue un sketch qui se termine par des images vidéos de l’immeuble. Il ne faut pas les voir comme un interlude permettant au comédien d’enfiler une nouvelle tenue, mais bien comme un élément à part entière de l’intrigue, qui s’avère souvent très drôle pour peu qu’on y prête vraiment attention. 

Bref, non seulement on rit de bon cœur pendant plus d’une heure, mais assurément ce spectacle nous aide à regarder nos voisins avec beaucoup plus d’indulgence…

Franck BORTELLE (Paris)

Les Murs ont des oreilles (Paris)
Texte Xavier Lainer et
Mise en scène : Bruno Feyssinet
Durée : 1h10
Théâtre des Blanc Manteaux, 15 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris (M° Hôtel de Ville)
Réservations : 01 48 87 15 84 ou www.blancsmanteaux.fr
Les mardis et mercredis à 21h30

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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