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Festival d'Avignon

11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 22:34
UNE VIE BARBELÉE

Prix Femina du roman étranger en 95, le récit de Jeroen Brouwers, adapté à la scène, fit quelques beaux soirs au Cloître des Célestins à Avignon en 2006. Il raconte la vie d’un gamin dans les camps japonais durant la seconde guerre mondiale.


Autobiographique, l’histoire est contée avec une sorte de détachement qui en rend l’horreur encore davantage perceptible. Ce que vivent un enfant, sa sœur, sa mère et sa grand-mère est le quotidien de l’humiliation, de l’obstination à survivre, du côtoiement permanent avec la mort, des souffrances physiques et morales dont les répercussions conditionneront l’existence du futur adulte narrateur.

Le traitement scénique de Cassiers donne à la performance de Dirk Roofthooft un écho particulier. L’usage de la vidéo en direct permet de percevoir le personnage de manière quasi cubiste. Il est filmé grâce à plusieurs caméras qui, par intermittence, se conjuguent afin de montrer l’acteur et le personnage de façons diversifiées. Au gros plan de son visage s’ajoutent des visions de son dos, des rapports entre profils et face, l’apparition d’une silhouette minuscule façon ombre chinoise, des gestes dédoublés comme en écho de l’action qui se déroule…


L’homme devient une image kaléidoscopique de lui-même. Tantôt géant puissant, tantôt fourmi microscopique ; tantôt humain identifiable, tantôt morceaux de chair anonyme. D’où une tension permanente entre présences réelle et virtuelle. Tensions que l’écriture accroît en confrontant la conduite ordinaire et les séquelles psychologiques d’une enfance bousculée sur la réalité du présent.

S’éclairent alors, sans pour autant être expliqués, les échecs amoureux, le mal être permanent, la difficulté à être père, la barrière difficilement franchissable du rapport à autrui et au fonctionnement de la société. Derrière l’apparente banale vulgarité de celui qui cure les ongles de ses orteils et se râpe les durillons du pied, il y a la sensibilité d’un individu que la vie a écorché dès la petite enfance. Et c’est d’autant plus fascinant que la retenue du comédien, alors qu’il semble toujours prêt à exploser et à se désagréger, donne un poids formidable aux mots  tandis que les lumières et l’environnement sonore en soulignent subtilement les côtés crépusculaire, sulfureux, écorchés. Et que résonne en chacun la question de savoir s’il y a quelque bonté dans les humains.

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Texte : Jeroen Brouwers (éd. Gallimard) (traduction : Patrick Grilli)
Mise en scène : Guy Cassiers

Adaptation : Guy Cassiers, Dirk Roofthooft et Corien Baart
Assistance à la mise en scène : Hanneke Wolthof
Distribution : Dirk Roofthooft
Dramaturgie : Erwin Jans
Décor, vidéo & lumière : Peter Missotten (De Filmfabriek)
Décor sonore : Diederik de Cock
Musiques : Duruflé, John Cage, J.J. Cale
Réalisation vidéo : Arjen Klerkx
Costumes : Katelijne Damen
Accessoires : Myriam Van Gucht
Coproduction : Toneelhuis / ro theater

Spectacle créé à Rotterdam au Rotterdamse Schouwburg le 16 octobre 2004

Au Théâtre de l’Ancre à Charleroi, les 23 et 24 avril 2008
Guy Cassiers sera présent dans le Festival In d’Avignon 2008 avec deux spectacles nouveaux : « Wolfsker s » et « Atropa »










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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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