Partager l'article ! [événement] Saison culturelle européenne en France, 2e semestre 2008: De juillet à décembre 2008, les cultures des vingt-sept É ...
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Les contours de la Saison culturelle européenne qui se tiendra à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008 se précisent peu à peu. Entretien avec le commissaire général de la saison, Laurent Burin des Roziers.
Comment établissez-vous la programmation de la saison européenne ? S’agit-il de présenter un "échantillon" culturel de chacun de nos vingt-six pays partenaires
?
Notre ambition est d’abord de valoriser les rencontres et les échanges. C’est ainsi que nous allons montrer vingt-six projets "tandems" résultant de la rencontre entre des artistes européens :
Juliette Binoche et Akram Khan, Sacha Waltz et Pascal Dusapin, mais aussi, par exemple, des étudiants en arts graphiques français et bulgares qui vont travailler ensemble sur un projet
d’affiche autour de l’alphabet cyrillique. Nous allons également nous efforcer d’actualiser notre vision de la création contemporaine en Europe, dans toutes les disciplines, en partenariat avec
les grandes institutions et festivals français – des Rencontres d’Arles à la Cinémathèque françaises, des Transmusicales de Rennes à La Villette – qui vont accorder une place exceptionnelle en
2008 aux créateurs européens. Il s’agit notamment de faire découvrir des artistes et des œuvres d’Europe centrale et orientale qui sont, pour des raisons historiques évidentes, relativement
moins connus du public français. Enfin, nous allons mobiliser les médias et les opérateurs culturels pour mettre à l’honneur, à travers une série de cycles, le meilleur de la production et du
patrimoine européens : vingt-sept livres, vingt-sept films, vingt-sept concerts, vingt-sept expositions, vingt-sept spectacles.
Doit-on parler de "la" culture européenne ou "des" cultures européennes ?
C’est une question aussi ancienne que l’Europe elle-même, ou presque. Disons qu’elle remonte à la fin de l’Empire romain, au moment où se mêlent l’iconographie chrétienne et diverses traditions
artistiques païennes préexistantes. On verra du reste au Musée de Cluny, dans le cadre de la Saison européenne, les merveilles que produit cet "Art des frontières", du VIIIe au
XIIe siècles. Ensuite, comme chacun sait, l’épanouissement des littératures et des cultures nationales n’a jamais été exclusif de mouvements qui ont traversé notre continent – de
l’art roman à la Renaissance, du Baroque aux Lumières, du romantisme au surréalisme, etc. – tout en trouvant ça et là une couleur propre, des formes d’expression locales. La question
aujourd’hui est de savoir dans quelle mesure l’"Europe" demeure une catégorie culturelle pertinente, entre une scène artistique mondialisée, celle que l’on retrouve dans les biennales d’art
contemporain et les festivals de cinéma, et la persistance de certains courants "nationaux" qui font qu’on peut parler d’une photographie "allemande", d’un théâtre "britannique", d’un design
"finlandais" ou d’un cinéma "roumain". Nous faisons pourtant le pari que la culture européenne n’est pas réductible à la somme de ces scènes nationales ou locales.
Quel signal un tel rendez-vous étalé sur six mois est-il susceptible d’envoyer au public français ?
Parole de lecteur