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Festival d'Avignon

20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 08:06
192 HEURES DE THEATRE NON-STOP 

« Die Erscheinungen der Martha Rubin » a été sans conteste  l’une des sensations des 45e TheaterTreffen qui se déroulent en ce moment à Berlin. Dans une ville de cahutes et roulottes décrépies, les spectateurs observent, mangent ou dansent au milieu des quarante acteurs pendant plus de 10 jours. Une performance saisissante et troublante signée par le duo dano-autrichien Signa.


Ça ne rigole pas à l’entrée du bidonville de Ruby Town. « Mettez-vous en rang », « Restez silencieux » assènent les militaires en habit années 40. Passeport, empreinte digitale, visa de 12 heures, contrôles dans la ville, le visiteur devra se plier aux règles de l’Etat du Nord qui gère la frontière avec le bidonville décrié. Le théâtre a déjà commencé, le spectateur se retrouve embarqué dans une pièce dont il ne connaît que peu de choses : Ruby Town est une ville isolée, coincée entre deux frontières, où vivent les descendants de Martha Rubin (jouée par Signa Sorensen, l’une des initiatrices du projet). Celle-ci, ancienne danseuse de cirque et cavalière est l’objet d’un véritable culte. Dans la chapelle ésotérique qui domine le village, elle dort la plupart du temps, et lorsqu’elle s’éveille, partage ses visions noires et prémonitoires. Qu’on soit prévenu : les habitants de Ruby Town sont adeptes du trafic, de la pornographie, boivent beaucoup et seraient même frappés de « radioactivité » selon les militaires.


Dans cette ville de bric et de broc sortie de l’imagination du duo dano-autrichien composée par Signa Sorensen et Arthur Köstler, cabanes et roulottes servent de maison et de théâtre à une quarantaine d’acteurs, pour la plupart non professionnels qui y vivent, dorment, chantent, pleurent, s’enivrent, s’embrassent. Les costumes, le décor, les attitudes ne sont pas sans rappeler un village de gitans. Les commentaires racistes des militaires à la frontière non plus.

Trouver sa place en tant que spectateur

Ici, pas de pause, pas de relâche, les spectateurs vont et viennent 24h sur 24, certains même y passent la nuit. La nuit la musique résonne, certains se saoulent à la vodka avec les acteurs, d’autres passent dans les arrière-cours où pour un euro des jeunes femmes acceptent de se mettre nue. Dans le petit matin, les habitants s’éveillent, grognons, fatigués, la ville est calme. Chacun glisse un œil à l’intérieur des cabanes, vole le sommeil des habitants, prend un café au restaurant. Mais y’a t-il une histoire ? Oui, chaque acteur improvise tout en suivant une dramaturgie établie. L’histoire existe, mais il faut aller la chercher, en grappiller des bribes auprès de chaque personnage. Ou pas.

Le spectateur n’a pas de place prédéfinie, il faut qu’il la trouve. Voyeur, simple curieux, ami, imposteur, il est surtout invité à devenir lui-même acteur. La frontière est ténue. En cette fin de semaine, à 24 heures de là fin de la performance,  les traits sont tirés, l’ambiance pesante. Tout dans le jeu des acteurs - visages, allées et venues, discours – dénote un état de tension. Les habitants s’apprêtent à lever le camp. Martha Rubin, dans sa robe à froufrous sans âge, a les yeux cernés. Dans un sanglot elle annonce que « la ville devra être évacuée d’ici demain ». On aimerait rester, connaître la fin de la tragédie dont on a partagé quelques heures. Que le spectacle continue sans nous génère une frustration, un sentiment étrange d’abandon. Samedi 10 mai, à 18h, Martha Rubin et sa troupe ont rendu les clés de la ville, après la plus longue performance de l’histoire de Signa.

Stéphanie PICHON (Berlin)

« Die Erscheinungen der Martha Rubin », une performance-installation « non-stop » de Signa créée en octobre 2007 à Cologne. Jouée pour la deuxième fois à Berlin du 2 au 10 mai 2008

Concept : Signa Sorensen/Arthur Köstler
Mise en scène : Signa Sorensen
Scénographie : Signa Sorensen/Thomas Bo Nilsson/Arthur Köstler

Technique scénographique audio et vidéo : Arthur Köstler
Décor : Thomas Bo Nilsson
Costume : Signa Sorensen/Thomas Bo Nilsson
Dramaturgie : Sybille Meier

Avec Louisa Aisin, Frank Bätge, marie Pai Bertoldi, Tristan Alexander Kold Christensen, Angelika Christ-Dydra, Toaseef Chugtai, Jeanne-Hélène Dolberg Elkjaer, Judith Fraune, Ana Valeria Gonzales, Emil Groth Larsen, Gry Worre hallberg, Ulf Rathsen Kring Hansen, Nina Hellenkemper, Gabi Hift, Jens, Ibsen Kurre, Birgitte Klaebel, Dominik Klingberg, Arthur Köstler, Emily Kraus, Gregor Kukwa, Ilil Land Boss, Sol Montaldo, Frank Morath, Stefanie Mülhan, Andreas Nickel, Thomas Bo Nilsson, Marie-Lydie Nokouda, Kathrin Osterberg, Juri Padel, Max Pross, Saskia Rüsenberg, Nina Sigurd, Ebbe Herman Sorensen, Signa Sorensen, Jenny Steenken, Momo Subotic, Norbert, Thomé, Sarah Türks, Stig Eivind Vatne, Katrin Wälz, Mareike Wenzel, Tom Wirtz.

Photo © Arhtur Köstler, Signa Sorensen






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Published by Stéphanie PICHON - dans En Europe 2007-08
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