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Festival d'Avignon

20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 08:18
ROSSINANTE ADAPTATION

C’est Cervantès revisité par le maître portugais du baroque Antonio José da Silva que propose de faire découvrir ce spectacle. Malgré un travail louable par son originalité, l’ensemble s’enlise dans l’outrance et la démesure que ne sauvent ni un texte, parangon de niaiserie, ni des comédiens plutôt ternes.


Il ne faut pas entrer dans la salle Richelieu de la Comédie Française en s’attendant à voir les pales d’un de ces moulins à vent auquel le héros de Cervantès aime à s’adresser. Il s’agit ici des aventures du célèbre chevalier errant et de son écuyer revisitées par un voisin du génial dramaturge ibérique, un certain Antonio José da Silva qui en 1733, reprend donc à son compte ce récit en y assortissant de nouveaux éléments : marionnettes, chanteurs…


La mise en scène que propose de cette œuvre Emilie Valantin, secondée par Eric Ruf (une pointure) ne manque pas d’originalité. Sur la grande scène du mythique lieu, l’espace est habité de manière aussi terrestre qu’aérienne. Par un système complexe de poulies, les marionnettes s’activent au milieu des personnages de chair, une bonne quarantaine pour dix comédiens. Ca arrive de partout, ça descend du ciel, ça émerge du sol, ça court, ça danse, ça virevolte, ça chevauche. Etourdissant ? Certes. Mais surtout indigeste car rien n’a été fait pour insuffler un peu de simplicité, pour ne pas dire de modestie, dans ce spectacle.

L’ennui au bout du chemin

Bien sûr, la marque baroque du texte peut justifier cette démesure dans la mise en scène. Mais trop, c’est trop. Le spectateur est noyé dans ces aventures abracadabrantes d’où n’émerge qu’une pauvreté textuelle. Des rires, plus convenus que spontanés, accueillent des phrases d’un dialogue indigent, sans grand  relief et terriblement suranné. On nage dans un galimatias chanté, déclamé et pas toujours bien joué (quelques bafouillages qu’on a tout de même du mal à pardonner de la part de comédiens de cette trempe) qu’alourdit cette overdose de décors. L’ensemble finit par virer davantage à l’exposition ostentatoire de moyens démesurés qu’à l’exercice subtil consistant à les mettre au service d’un projet tenant la route.  Et derrière tout cela se profile l’hydre du pire ennemi de l’amateur d’art : l’ennui.

C’est dommage car voilà le genre de spectacle qu’on aimerait adorer, qu’on aimerait conseiller aux jeunes spectateurs qui n’ont pas forcément lu Cervantès. Mais leur proposer ce gros gâteau dégoulinant de crème mais si creux à l’intérieur ne serait pas du meilleur goût. Totalement dépourvu d’intérêt pédagogique, ce spectacle n’incite même pas à se replonger dans les aventures trépidantes du héros de la Mancha. Ca s’agite plus que ça n’agit et malgré l’absence des moulins, ça brasse surtout du vent…

Franck BORTELLE (Paris)

Vie du grand Dom Quichotte et du gros Sancho Pança (Paris)
Texte d’Antonio José da Silva
Traduction de Marie-Hélène Piwnik
Mise en scène, mise en marionnettes et costumes : Emilie Valantin
Collaboration artistique et décor : Eric Ruf

Lumières : Gilles Drouhard
Chants et direction musicale : Vincent Leterne
Réalisation sonore : Jean-Luc Ristord
Avec Véronique Vella, Michel Favory, Isabelle Gardien, Sylvia Bergé, Christian Blanc, Alain Lenglet, Nicolas Lormeau, Christian Gonon, Léonie Simaga, Grégory Gadebois
Comédie-Française, 2 rue Richelieu, 75001 Paris (M° Palais Royal-Musée du Louvre)
Réservation : 08 25 10 16 80 ou www.comedie-francaise

Jusqu’au 20 juillet 2008
Durée : 1h45

photo : Cosimo Mirco Magliocca


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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