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Festival d'Avignon

20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 19:59
QUAND LE THÉÂTRE PEUT OUVRIR L’ESPRIT

Les Inactualistes affrontent le courageux choix de mettre en scène un morceau d’histoire qui fait mal au cœur, l’exécution de Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, accusés à tort de meurtre. Un spectacle difficile et émouvant qui touche car au cœur de ce qui fait toujours très mal : l’injustice.


Anarchistes et étrangers dans l’Amérique de la prohibition et de la terreur des années 20 Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti ont été arrêtés pour possession d’armes et de tracts incitant à la rébellion, puis accusés du meurtre d’un comptable et d’un vigile à la fabrique de chaussures «Slater and Morrill». Malgré les doutes et la faute de preuves à leur charge,  ils ont été retenus coupables  et exécutés sur la chaise électrique le 23 août 1927, après 7 ans de procès,  dans la prison de Charlestown au Massachusetts.


Encore un peu d’histoire, ce procès, l’un des plus retentissants du siècle dernier,  le méritant bien : Celestino Madeiros, un détenu qui avait participé au hold-up et qui aurait complètement déchargé Sacco et Vanzetti, ne fut jamais entendu. Le juge Webster Thayer, malgré la mobilisation de la presse mondiale, des intellectuels, les appels de l’Italie et les innombrables  pétitions, demeura d’une totale intransigeance. Ce n’est qu’en 1977, cinquante ans après la mort des deux hommes, que le gouverneur du   Massachusetts Michael Dukakis reconnut dans un document officiel les fautes du procès et réhabilité la mémoire de Sacco et Vanzetti.

Vérité et opinion publique


La mise en scène de cette adaptation vise à retranscrire la noirceur du propos, en recréant le climat de peur et d’agitation politique qui caractérisait l’époque du président Wilson. Un décor où tribunal et rue se confondent, comme fusionnent la vérité et l’opinion publique, sert de toile de fond à cet épisode noire devenu un symbole d’injustice et d’intolérance.

Ainsi,  Loïc Joyez, en prenant le public à parti, comme s’il en faisait le jury du procès, met en évidence l’innocence de Sacco et Vanzetti, boucs émissaires de la vague répressive du ministre Palmer et victimes d’une politique xénophobe qui les perdit notamment par leur mauvaise connaissance de la langue anglaise.

Une tension et une émotion croissantes touchent le spectateur, assailli par un sentiment d’impuissance. Une sensation confirmée par les mots que Vanzetti lui-même prononça  pendants le procès : «Jamais en vivant l’entière existence nous aurons pu espérer de faire autant pour la tolérance,  la justice, la compréhension entre les hommes ». Mais parfois même le théâtre peut chercher à ouvrir l’esprit et les yeux, comme ici, sur toutes les iniquités et les abus qui touchent notre époque et même sur la valeur de la peine de mort. A quelques mois du moratoire réclamé par l’Italie à ce sujet, ce spectacle ferait presque figure de manifeste.

Le spectacle sonne donc comme un hymne à la mémoire, à la justice et à la tolérance, à l’image de la sublime chanson immortalisée par Joan Baez  sur les notes d’Ennio Moriconne et dont s’égrènent les quatre vers à la fin du spectacle : 

« Here's to you Nicola and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph!”

Cristina BARBATO (Paris)

Sacco et Vanzetti
Une pièce écrite et mise en scène par Loïc Joyez
Avec : Cyrille Andrieu-Lacu, Julien Vialon, René Carton, Marc Hazan, Fedele Papalia, Maïla Dive, Sacha Azoulay, Ane-Laure Connesson, Mathieu Bétrancourt, Martin Verschaeve, Alexandre Foin
Assistante mise en scène : Séverine Chabin
Lumières : Ludovic Fermaut
Responsable technique : Alexis Joy
Production Les Inactualistes

Théâtre Déjazet • 41, boulevard du Temple • 75003 Paris
Les 5, 12, 19 et 26 mai 2008 à 20 h 30

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Published by Cristina BARBATO - dans À Paris 2007-08
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