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Festival d'Avignon

24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 15:39
DAVID FRISZMAN - RÉGIS ROMÉLÉ : TANDEM SOUS HAUTE-TENSION

A la sortie du Guichet Montparnasse, on cause. De Ta petite douleur. David Friszman, l’auteur, joue Al qui inspecte des chambres d’hôtel dans lesquelles il n’arrive pas à dormir. Régis Romélé joue Egg, conscience bavarde avec laquelle s’établit un dialogue nocturne quotidien... inquiétant. Additionnez le tout et cela fait Alter Eggo. Sur des airs de Fight Club, ambiance Hôtel minable, Ta petite douleur est un spectacle incisif, qui fait rire jaune... Séance de photomaton avec deux semeurs de trouble.

David Friszman est Al” Depuis toujours, je travaille sur l’univers du quotidien. Comment le quotidien influence notre façon de penser,  nos choix, nos actes .”

Régis Romélé est Egg :  ” C’est très troublant pour le spectateur,  car c’est un dialogue qui pourrait  ressembler à celui que nous entretenons  avec nous-mêmes lorsque nous sommes confrontés à des questions existentielles ! ”

RDT :  Vous n’en êtes pas à l’écriture de votre première pièce ?

David Friszman :
C’est la troisième. La première s’intitule Le Jardin de porcelaine, puis vient ensuite La Chanson des nuages (Editions Alna).

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire Ta petite douleur ?

Mon expérience personnelle. Depuis toujours, je travaille sur l’univers du quotidien. Comment le quotidien influence notre façon de penser, nos choix, nos actes. Ce que j’aime dépeindre, ce sont les gens de tous les jours, qui n’ont rien d’exceptionnel, mais qui sont passionnants malgré eux. Le point de départ, ce sont mes tournées de spectacle pour enfants à travers la France, lors desquelles je me retrouvais dans des chambres d’hôtels insipides où je n’arrivais pas à dormir !

C’est un texte très efficace...

Oui, c’est ma façon d’écrire... Alors, vous-même allez trouver cela efficace et certains me diront qu’il manquera un peu de poésie ! J’écris en effet de façon peu littéraire, mais plutôt sur le phrasé, la respiration, l’oralité. En somme, j’écris pour des gens qui parlent ! Et ça, j’essaie de ne pas l’oublier. C’est peut-être cela qui rend le texte efficace ou dynamique. Mattéo Porcus a également apporté un côté un peu trash à ce texte, qui renforce ce dynamisme.

Qu’est-ce qui vous plaît chez Al ?

Il n’arrive pas à se décider, il est perdu. C’est un personnage entier qui ne se satisfait pas de petites choses, il veut toujours plus. C’est la chanson de Souchon, en fin de compte, Le bagad de Lann Bihouë :
“Tu la voyais pas comme ça ta vie,
Pas d'attaché-case quand t'étais p'tit,
Ton corps enfermé, costume crétin,
T'imaginais pas, j'sais bien.”

Grâce à vous, Al paraît plus sympathique...

Régis Romele : Je ne pense pas qu’Al soit antipathique... Egg lui témoigne tendresse, franchise. C’est ce qui rend Al peut-être plus proche du spectateur. En fin de compte, Al n’est que le reflet d’une faiblesse que nous partageons tous : celle de se laisser étriquer dans un quotidien parfois peu glorieux ! C’est tout simplement une schizophrénie manifeste de Al, seul dans la tourmente. C’est très troublant pour le spectateur, car c’est un dialogue qui pourrait ressembler à celui que nous entretenons avec nous-mêmes lorsque nous sommes confrontés à des questions existentielles !

On ne se sent pas toujours à l’aise à travers cette amitié...

Oui, cela fait effectivement penser à une relation bourreau-victime parfois. Le spectateur est partagé et éprouve à la fois de la sympathie pour ce couple bizarre et un malaise certain.

Jouer une conscience n’est pas évident !

Oui, mais le choix de David et de Mattéo (Mattéo Porcus, le metteur en scène) était de ne pas intellectualiser et de rendre le rôle très physique. C’est d’ailleurs très important pour le spectacle qui n’en est que plus vivant et très dynamique ! Paradoxalement, c’est à travers ce rôle que j’ai pu jusqu’à présent exprimer le plus de choses !

David, vous travaillez actuellement sur des séances filmées de théâtre pour France 5. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?

David Friszman : Oui, cela s’appelle “Les Rimaquoi”, cela passe tous les dimanche, à 10 h, sur France 5. Ce sont de petites séquences filmées de scènes classiques, transposées dans un univers contemporain. Nous avons commencé avec Don Juan, version banlieue, qui courtisait, à bord de sa  décapotable, Charlotte, décrochant son scooter... Nous avons enregistré une trentaine de séquences, et ce n’est pas fini.

Des projets après Ta petite douleur ?

Régis Romele : Dard-Dard, une comédie insecticide au Point-Virgule, les lundi et mardi soir, à 22 h et deux spectacles pour enfants : Alice au Pays des merveilles, avec la participation de Philippe Noiret en voix du narrateur et Le Roman de Renart, toujours au Point-Virgule et en tournée en France.

Propos recueillis par Marie-Pierre FERRÉ

Lire aussi la critique de Marion ROTRUBIN.

Ta petite douleur - Metteur en Scène : Mattéo Porcus. Auteur : David Friszman. Comédiens : David Friszman, Mattéo Porcus, Régis Romele (en alternance)
Au Guichet Montparnasse, Paris XIVe, du mercredi au samedi à 20 h 30, jusqu'au 11 mars 2006. Rens. : 01 43 27 88 61.

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Published by Marie-Pierre Ferré - dans En bonne compagnie
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