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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 23:00
VIVA LA VIDA !

Corinne Cousin, figure emblématique germanopratine, fière de ses plus de 70 printemps, remonte sur scène pour une nouvelle saison de son spectacle « Les Années Saint-Germain » qui a déjà triomphé un peu partout. Sa vitalité clouerait le museau à bien des blancs-becs de la scène d’aujourd’hui. Du bonheur à l’état pur.


« Il n’y a plus d’après à Saint-Germain des prés »… Le lamento que Guy Béart composa pour la Gréco viendra clôturer une heure quarante d’un spectacle qui entend bien nous prouver l’inverse. Pour l’heure, deux musiciens s’installent. Un piano droit, son jumeau à bretelles, celui dont Gainsbourg avait concocté, également pour la « Jolie Môme », une de ses plus belles compositions. Un peu d’air dans les poumons de l’accordéon, premières touches effleurées sur le piano : la scène s’anime, prend vie…


Présentations : Raoul Duflot et Roland Romanelli, deux pointures dont les biographies prennent des airs de générique à en faire pâlir plus d’un. A eux deux, c’est Barbara, Brel, Reggiani, Aznavour, Legrand, Montand, Barbara Hendrix, Goldman et bien d’autres. Comme deux gosses dissipés, ils s’amusent lorsque déboule la maîtresse des lieux qui va les mettre au diapason. C’est presque « Barbara » chantant « Mes hommes »… Corinne Cousin, légende vivante du quartier Saint-Germain des Prés, crinière rousse léonine, nous met de suite dans le bain : « On n’est pas là pour se faire engueuler », manifeste de la bonne humeur signé Boris Vian. Manifeste surtout à la vie, même après la mort, puisque « chez Satan c’était épatant ».

Rouge vivant


Durant plus d’une heure et demi, ce sont une vingtaine de chansons qui vont ainsi se rappeler à nous ou que nous allons découvrir. Toutes avec comme point commun cette vie, ce « seul luxe ici-bas » (1) que chantait Brassens. Tout confère à propulser de l’énergie à ce spectacle dynamique, bouillonnant. Le travail formidable de Jacques Rouveyrollis, l’éclairagiste phare de tout le spectacle vivant, vient apporter, par touches d’un rouge vif, la chaleur, la vitalité d’un cœur qui bat, d’une femme qui se bat pour faire vivre cette chanson « sur mille et une scènes qui n’veulent pas mourir » (2)…

Le rouge est mis. Rouge vif, rouge vie. Rouge du boa qui se promène du cou à la main, rouge aux lèvres de la chanteuse, rouge de l’imperméable qu’elle ôte puis remet. Les effets de scène, mise à part cette dominance colorimétrique, sont minimalisés car Corinne Cousin n’est pas là pour l’esbrouffe et l’opulence scénographiques. Il lui suffit de presque rien pour faire vivre les textes de Gainsbourg, Brel, Prévert, Mouloudji, Desnos et autres Sartre ou Vian. Ses déplacements, ses poses languides sur la table de bar, le mime de quelques situations (pour la délicieuse « Confiture » des Frères Jacques, grand moment d’une exquise drôlerie) prennent leur plein effet grâce à ce minimalisme que relaie aussi la précision du geste et bien sûr de la voix.

Pas puissante à la manière de Piaf, cette voix. Plutôt rocailleuse. On est davantage dans l’expressionnisme de Gréco, avec des phases et des phrases parlées au milieu du chant. Corinne Cousin est comédienne et c’est aussi ce talent-là qu’elle met au service du texte. Elle ne pratique donc point l’emphase vocale, mais un juste dosage entre jeu et chant, le tout ponctué de quelques prises de paroles où l’autodérision (notamment sur son âge) prend sa place dans un show qui aurait aussi bien pu s’intituler « Je suis comme je suis ». Elle est comme elle est, en effet. Et elle en joue, elle en rit, faisant la nique au temps qui passe et  à ses 72 printemps. Allez, roulez jeunesse !

Franck BORTELLE (Paris)

(1)    in « Mourir pour des idées »
(2)    in « Trois petites notes de musique » chanté par Yves Montand

Les Années Saint-Germain
Spectacle musical d’après une idée originale de Corinne Cousin
Avec Corinne Cousin (chant), Roland Romanelli (accordéon), Raoul Duflot (piano)
Mise en espace : Dominique Conte
Lumières : Jacques Rouveyrollis
Théâtre du Petit Gymnase, 38 Boulevard Bonne Nouvelle, 75010 Paris (Métro : Bonne Nouvelle ; Parking : Rue d’Hauteville)
Location : 01 42 46 79 79
Durée : 1h40
Du 19 mai au 16 juin, tous les lundis à 20h30



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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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