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Festival d'Avignon

24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 18:36
LE RETOUR DU SALTIMBANQUE

Sept ans après sa dernière apparition sur une scène française, le plus espagnol des chanteurs français revient pour une série de quelques concerts seulement à Paris. Seul avec sa guitare, il offre un spectacle vivant et vibrant...


Nilda Fernandez est de ces artistes qui déboulent là où on les attend le moins. On le sait espagnol, chantant en français des titres qui l’ont rendu célèbre et c’est de Moscou qu’il revient où il a appris le russe pour une collaboration fructueuse avec la fine fleur de la chanson locale. Il cartonne il y a quelques années au Casino de Paris. Sa tournée suivante il la fera en roulotte tirée par des chevaux.



Sa culture transpyrénéenne lui permet d’aborder le monde poétique de Garcia Lorca dans un album dont il signe simplement les musiques. L’album qui suivra sera un hommage à Mike Brant, Nino Ferrer, Barbara, Christophe, Dassin et quelques autres dans des reprises où il s’approprie avec une confondante facilité des textes que d’aucuns taxeraient aisément de parangon de la ringardise (son « Qui saura » de Mike Brant est une perle).

Nilda l’imprévisible


Sur scène, Nilda Fernandez conserve cette imprévisibilité en permanence. Alors que dans ses albums, les textes et mélodies teintés d’un romantisme intemporel sont rehaussés de riches orchestrations avec renfort de tous les instruments possibles, sur scène il se contente d’une simple guitare électrique. Sept ans après ses dernières gammes sur une scène parisienne, le pari est gonflé. Disparu de la circulation, il revient. De son air manouche et sa voix androgyne, sa silhouette fine et ses cheveux dans le cou, que reste-t-il ?

TOUT ! Dès les premières notes, dès les premiers mots de « Entre Lyon et Barcelone », il ne fait pas de doute que rien n’a changé. Même look, même pseudo-timidité au départ et surtout une voix intacte. Deux heures durant c’est elle qui va faire vibrer la salle du théâtre de la Gaîté. La prestation est étonnante. « Nos fiançailles », « Madrid, Madrid » bien sûr. Quelques titres extraits d’un album passé inaperçu inspiré de Garcia Lorca. Et quelques nouveautés dont un titre en russe. Grâce à l’incontournable « Innu Nikamu », hymne à l’humanisme inter-racial,  et une explication de ce titre inspiré de la langue indienne, nous partons encore plus loin.

Mais c’est le flamenco qui domine, souligné par des éclairages aux teintes rouges et chaudes. La guitare s’emballe et fait oublier les instruments entendus dans les albums studio. Les crescendos vont bon train. Homme orchestre, Nilda électrise les foules, envoûte son public et ne manque pas de ponctuer son propos d’un humour bon enfant quand il présente ses titres ou évoque un passé lointain. On aurait du mal à l’arrêter. Avec ce don de soi et cette rage au cœur, cette joie d’être là, cette envie d’offrir du plaisir et de la bonne humeur, il va se défoncer. Rien n’est trop bien pour ce public qui vient lui rendre le plus beau des hommages, celui de la fidélité. Sa reconnaissance s’exprime dans une connivence avec ce public. C’est chaud comme un fuego andalou, c’est sanguin comme un flamenco et ça a la démesure slave. Le beau mélange !

Franck BORTELLE (Paris)

Nilda Fernandez : Escale à Paris
Théâtre de la Gaité Montparnasse, 26 rue de la Gaité, 75014 Paris (M° Gaité ou Edgar Quinet)
Réservations au 01 43 22 16 18 et lieux habituels
Du 20 au 30 mai 2008 à 21 heures
Durée : environ 2 heures


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Frederic 29/05/2008 08:51

Peu habitué à fréquenter les salles parisiennes, Nilda, pour l'avoir écouté dans quelques de ses mélodies les plus fortes, a vraiment le talent de partager sa musique. A quelques metres du public meme sans micro ses mots, ses sons s'envolent dans la magie provoquée par sa présence. En effet, M. Bortelle, à la seule guitare nous avons là un artiste ouvert, de proximité comme il se définit. Une soirée simple sans fioriture et intensément belle.     

Simon BASINGER 26/05/2008 18:51

Nilda Fernandez est de retour ! déjà l'année dernière un ultime concert au Petit Journal Montparnasse et puis hop ! disparu. cette fois ci , à la 'gay-thé ' !! il est là , à la fois tendre, violent, passionné , cruel, féroce, et voluptueux,  Nilda nous entraine dans 'son monde' , grace à lui Frederico Garcia Lorca revit, Antonio Macchado et tous les autres, et  Barcelone, Madrid si cher à l'artiste, l'espagne au coeur, la France  et la Russie en mains , seul regret que Boris Moissev ne soit pas là, et qui sait ? il nous le 'volerait' encore... Spectacle émouvant, sensible, sensuel, Nilda nous revient , et c'est tant mieux !Simon BASINGER  Rédacteur Musical

Franck BORTELLE 26/05/2008 18:40

Pour être has been, il faut avoir été à la mode. Nilda Fernandez ne l'a jamais été. Son phrasé est intemporel, son style aussi puisqu'il emprunte aux gitans, à ces nomades qui sont les plus vieux habitants de la planète. Certes il a fait quelques télés, il est passé en radio mais en comparaison du matraquage qui est fait quand certains ectoplasmes de la chanson française sortent un disque, c'est peanut ! Et puis, comme je le disais dans ma critique, son imprévisibilité est la plus grande garante de sa sincérité, de son authenticité. Qui aujourd'hui va oser creuser un sillon nouveau quand celui qu'il a commencé lui apporte gloire et consécration ? Quant à ces histoires de "tubes"... Gérard Manset vend des centaines de milliers d'albums : qui connaît sa tête à part sa femme et ses amis ?

Patchouli 25/05/2008 18:14

Bien sûr que non Géraldine, NF n'est pas "un peu has been" comme tu dis car il n'est jamais tombé dans l'oubli et je peux t'assurer que son public est là et bien là. Le talent ne se mesure pas à la place occupée dans le top 10 ni au nombre de fois qu'une chanson passe en radio, bien au contraire, les "tubes à la mode" se démodent très vite et ce sont eux qui deviennent très rapidement les "has been".Nilda, lui, est intemporel, c'est là toute la valeur d'un grand.Je terminerai en t'annoncant que tu es la gagnante du casting.Sans rancune, bien sûr, je faisais juste un peu d'humour, comme toi !

Ninise 25/05/2008 17:02

Ho lala, Géraldine....mais pourquoi penser qu'il faille un tube à écouter en boucle sur toutes les ondes pour savoir si un chanteur a du talent ??????Du talent, Nilda en a à revendre, quoique le connaissant, il le partagerait plutôt que de le revendre......Sans rancune bien sûr, car je ne suis qu'une inconnue, qui apprécie son répertoire, pas has been pour deux sous, et qui traverse les époques....il suffit d'entendre le public reprendre tous ses mots (maux?) mis bout à bout (n'est ce pas là que l'on reconnait la vraie valeur d'un "tube")?

Chronique Fraîche