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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 23:15
LA OU L’AMOUR SE LOVE

En amour, il faut être deux. De ce pléonasme, Hervé Devolder a tissé un canevas de la rencontre amoureuse et du coup de foudre des plus originaux. L’écriture est vive, pertinente. Les deux comédiens qui lui donnent corps et âme font un sans faute.


« Elles vous plaisent mes fesses ? ». Avant d’avoir eu le temps de répondre, Eric, tranquillement assis sur un banc sous les frondaisons printanières d’un parc new-yorkais, récolte une volée de bois vert de Lisa qui, lassée de voir son postérieur reluqué de tous, a décidé de régler ses comptes au premier venu. On se croirait dans la séquence d’ouverture de « Tenue de Soirée » et l'on se dit que la claque monumentale qu’assène Depardieu à Miou-Miou pourrait bien servir de péroraison au discours de cette péronnelle, prototype de la chieuse parfaite.


Mais Hervé Devolder se montre plus placide et stoïque que Blier et, de cette ouverture, il amorce une drôle de conversation où s’entremêlent des « Je t’aime » plus ou moins convaincants, des chantages au suicide, des menaces à main armée, un cadeau sincère mais mal perçu, des promesses de faire rimer « amour » et « toujours », des mensonges, de l’attirance, de la répulsion… Bref tout le faisceau d’incompréhensions, de situations, de questions qu’induit l’amour…

Un texte d’une fulgurante beauté

Le texte de Devolder est rempli de petits bonheurs dans chaque mot, dans chaque intonation. En épousant les circonlocutions méandreuses que peut prendre tout discours amoureux, le propos se love, se tapit sans cesse dans une alcôve laissée vacante au détour d’une chausse-trape verbale avant d’en ressurgir métamorphosé et de s’engouffrer à nouveau sur un sentier déserté le temps d’un répit discursif. Ce sont de véritables joutes oratoires, avec un terrain dont aucune parcelle ne doit être cédée, par risque d’être perdue à tout jamais, qu’animent ces personnages. Le noble sentiment est étudié, trituré, interrogé. L’auteur nous soumet ses tourments, ses questionnements et tente de répondre à ce que personne ne sait vraiment de cette alchimie étrange.

Ainsi, durant un peu plus d’une heure, les personnages sont multiples. Lisa, agaçante en diable les dix premières minutes, suscite vite cette compassion que l’on accorde aux êtres qui souffrent. Une souffrance qui trouve écho dans cette solitude réclamant sollicitude de l’autre, dans cette obsession à ne comprendre dans une phrase que ce qui allume l’étincelle de l’espoir. Jusqu’au moment où cette solitude se lit à livre ouvert chez celui avec lequel on voudrait rompre la sienne. C’est alors que les personnages prennent une autre figure, que bourreau et victime se confondent.

Hervé Devolder parle d’amour avec des phrases d’une fulgurante beauté parce que d’une totale simplicité (« Tu n’as plus besoin de t’occuper de toi, je suis là pour ça. Occupe toi de moi »). Il en explore les arcanes avec des situations extrêmes (une histoire de greffe cardiaque où l’organique et le sentimental se rejoignent dans les frasques ventriculaires du plus précieux des muscles), le conjugue à l’art (« L’art, c’est l’expression d’un besoin d’amour »), à la famille (« Ceux qui ont des enfants arrêtent de s’aimer : ils aiment leurs enfants ») sans jamais se départir d’un humour subtil, certaines vérités étant aussi bonnes à rire.

C’est entre deux eaux que navigue ce texte en permanence. Ce texte qu’une mise en scène réduite à sa plus simple expression rehausse encore et que renforcent deux magnifiques comédiens viscéralement habités par leur rôle.

Franck BORTELLE (Paris)

Jupe courte et conséquences
Texte et mise en scène de Hervé Devolder
Avec : Stéphanie Caillol et Hervé Devolder

Décor : Lalaô Chang
Durée : 1h10

Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 PARIS
Métro : Notre-Dame-des-Champs/Vavin

A partir du 26 mars 2008
Du mardi au samedi à 20h00
Le dimanche à 17h00
Réservations au 01.45.44.57.34 ou www.lucernaire.fr et autres points de vente
habituels.

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Franck BORTELLE 30/09/2008 16:46

Il faut effectivement voir avec le Lucernaire. Demander la librairie. Ils vous renseigneront. 

Franck BORTELLE 27/09/2008 12:25

Bonjour, J'ignore s'il a été publié. Il est possible qu'il le soit car Devolder est assez connu désormais. Si tel était le cas, le Lucernaire serait susceptible de l'avoir puisque c'est ce théâtre qui a abrité ce spectacle. Je me renseigne de mon côté et reviens vers vous d'ici quelques jours. A bientôt.

courbet 26/09/2008 16:18

bonjour,j'aimerais beaucoup relire ce texte que j'ai vu jouer et aimé. savez-vous où je peux me le procurer?Merci

Chronique Fraîche