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Festival d'Avignon

1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 11:16
UN CALAFERTE'S CIRCUS DRÔLATIQUE ET CRUEL

Ecrivain en marge, voire à l'écart, des milieux et confréries littéraires – mais non marginal, car l'écriture était pour lui une raison essentielle de vivre ou plutôt de survivre – Louis Calaferte a laissé une oeuvre importante et dense. Alain Timar et le Théâtre des Halles nous offrent ce « voyage en pays de Calaferte » à partir de plusieurs de ses écrits.

Une piste de cirque vert clair, un grand rideau rouge, voilà le décor dans lequel Alain Timar, le metteur en scène, a choisi de situer l'évolution des trois comédiens qui vont donner vie à de multiples personnages.  Ils se caractérisent par leurs comportements dans lesquels entrent beaucoup de dérision, de naïveté, de cruauté parfois. Ce postulat de départ : les avoir situés dans un tel cadre, entre Guignol et un univers très bigarré qui peut évoquer certains films  de Fellini,  permet d'alléger quelque peu, trompeusement, le message de Calaferte, un message dans lequel il entre une bonne part de fascination non feinte pour la naïveté, la bêtise, la méchanceté imbécile dont sont parfois capables les êtres humains envers leurs semblables.


Comme un miroir que l'on ne peut traverser...

Au fil des nombreux et parfois courts extraits des oeuvres de Louis Calaferte, trois excellents comédiens développent une sorte de kaléidoscope de l'humanité dans ses aspects souvent les moins plaisants, y compris chez les enfants.... Tout cela à travers une vision extrêmement drôlatique, voire clownesque en surface. Mais en surface seulement !... A telle enseigne que l'on a pu craindre parfois que certains spectateurs aux rires un peu forcés et aux applaudissements trop fréquents ne se soient laissés abuser par les apparences. Car ce qui nous est donné à voir ici, c'est bien le miroir intraversable de nos propres turpitudes et de nos lâchetés  Rien de drôle donc dans cette succession de messages, sinon dans la façon de nous les transmettre, soit le spectacle lui-même dans son déroulement...

Des scènes de la vie quotidienne, des situations banales mais transcendées par le regard d'Alain Timar, avec une mise en scène – ou plutôt une mise en piste car nous sommes bien, en effet, au cirque...- en forme de mises en abyme successives, comme des poupées russes, dont il faut souligner une fois de plus l'intelligence, la subtilité et le dynamisme. Elle semble venir en contrepoint total des signifiants du texte. Mais est-elle réellement en contradiction avec lui ? Les trois comédiens font plutôt dans l'excellence ! Nicolas Gény et Roland Pichaud – ce dernier, en acteur protéiforme, fait preuve d'extraordinaires capacités de métamorphose – et Yaël Elhadad, leur partenaire féminine, au rayonnement étonnant. Leurs performances doivent être saluées sans la moindre réserve.

Drôlatique et cruel, hilarant et tragique, tout cela en même temps, ce spectacle a sans conteste les vertus décapantes du meilleur humour noir !

Henri LÉPINE (Avignon)

« Je veux qu'on me parle » - Voyage en pays de Calaferte, à partir des oeuvres
suivantes : « Droit de cité », « Requiem des Innocents », « Septentrion », « L'Homme
vivant », « Carnets », « Black Out », « Clap », « Un Riche, trois Pauvres », « Pièces
intimistes », « Poèmes »... Mise en scène et scénographie : Alain Timar, avec Yaël
Elhadad, Nicolas Gény, Roland Pichaud. Théâtre des Halles, rue du Roi René.  Festival
Avignon Off 2008 : tous les jours du 5 juillet au 1er août à 17h (Relâche le 20 juillet).

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Published by Henri LÉPINE - dans En Région 2007-08
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