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Festival d'Avignon

3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 11:25
PECHE D’ORGUEUIL

La valeur n’attend pas le nombre des années. La jeune metteur en scène Audrey Sourdive , 24 ans, nous offre une œuvre magistralement montée et interprétée. Pièce peu connue du répertoire shakespearien, Coriolan résonne de questions très actuelles, comme la suffisance des hommes de pouvoir, le jeu de la démocratie et la manipulation du peuple.


Martius est un héros de la guerre. Son défaut : l’orgueil. Fort de ses victoires, il se croit au-dessus de tout et de tous, et surtout de la plèbe, la racaille, ce peuple qu’il méprise et exècre. Après la prise de la ville de Coriole, ravie à son ennemi de toujours Aufidius, il reçoit le nom de Coriolan et l’accès à la fonction de consul de Rome. Mais pour être confirmé dans ses fonctions, il doit gagner les voix non seulement des nobles, qui lui sont acquises, mais aussi des citoyens ordinaires. Coriolan se plie de mauvaise grâce à l’exercice et ils lui donnent leurs voix… dans un premier temps.


La pièce est la dernière tragédie de Shakespeare, et puisque c’est une tragédie, on se doute que tout cela finira mal. Qui est à blâmer ? Coriolan et son caractère trop « entier » ou les tribuns qui parviennent à retourner le peuple contre lui ? Ce serait aller trop vite que d’interpréter l’histoire comme la mise en accusation de l’arrogance des hommes de pouvoir, même si toute ressemblance avec des personnages existants n’est pas forcément tout à fait fortuite. La pièce donne avant tout à voir plus qu’elle ne condamne.

Des acteurs charismatiques

Et l’intrigue n’est pas unidimensionnelle. Se mêle aux nœuds politiques de la vie romaine le jeu de l’histoire familiale, avec une mère de Coriolan, plantée par l’énergique Sylvie Mauté, étouffante, et un père spirituel (Pierre Sourdive) admiratif et blessé dans son affection. S’y ajoute le rapport complexe entre deux ennemis, Coriolan et Aufidius, où la haine est tellement exacerbée qu’elle est proche de l’amour.

Coriolan est la première mise en scène d’Audrey Sourdive et on peut dire que c’est un coup de maître. Elle est aidée en cela par un travail d’adaptation signé Isabelle Desalos et Andrea Dolente qui ont réduit la durée de la pièce et le nombre de figurant tout en resserrant son intrigue.

La scène est nue, ce qui donne aux corps un espace d’expression à la hauteur du charisme de chacun des acteurs. Et aucun ne démérite. Ils sont tous justes dans l’interprétation, Coriolan (Andrea Dolente) en tête, avec toute la morgue qui sied à son personnage mais qui sait ployer sous les supplications de sa mère. Seule l’épouse, jouée par Audrey Sourdive, est un peu effacée, mais face à la mère, ce personnage a peu de place dans l’histoire.

Les acteurs sont mis en valeur par des costumes qui évitent un pseudo réalisme antique par leur classicisme et marquent le rang de chacun, avec des matières brutes et contrastées : robes de lin pour les tribuns, aspect cuir pour les longs manteaux des guerriers, rouges pour les romains, noirs pour leur ennemi, bure grossière pour le Coriolan banni de la cité, voile blanc pour la robe de la tendre épouse…

Enfin, les lumières dessinent une atmosphère toute en clair-obscur qui donne du relief à la mise en scène et nous offrent des impressions visuelles très picturales. Ainsi, sans élément de décor, les espaces sont créés par suggestion, du champ de bataille aux salles des palais. Aux sons des tambours, ces deux heures de l’histoire romaine nous offrent frissons et quelques sourires. Une bien belle réussite.

Alexandra FRESSE (Paris)

De William Shakespeare
Adaptation : Isabelle Desalos et Andrea Dolente
Mise en scène d’Audrey Sourdive
Assistée de Charlotte Gaudelus

Avec : Nicolas Berno, Laurent Cabrol, Mathieu Davidson, Andrea Dolente, Jack Gallon, Yves Jégo, Sylvie Mauté, Yannick Petitjean, Audrey Sourdive, Pierre Sourdive, Gabriel Ulysse.

Son : Manu Bur
Costumes : Catherine Lainard
Lumières : Audrey Sourdine, Andrea Dolente, Charlotte Gaudelus

Du 22 mai au 22 juin 2008
Les jeudis, vendredis et samedis à 21h et les dimanches à 18h30

Au Sudden Théâtre, 14 bis, rue Sainte Isaure, 75018 Paris
Réservations : 01 42 62 35 00

Photo : DR

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Published by Alexandra FRESSE - dans À Paris 2007-08
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