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Festival d'Avignon

3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 11:55
L’AFRIQUE, C’EST CHIC

Fort du triomphe de ses précédents one-man shows, Eric Bouvron remet le couvert avec Afrika, spectacle qui mixe humour, imitation, danse, dessin… et dans lequel le public est largement mis à contribution. Pas si seul que ça en scène. 


D’origine hellène et française, il est né à Alexandrie en 1962, mais c’est en Afrique du Sud qu’Eric Bouvron a grandi. Comédien, danseur, mais également metteur en scène, l’ « Africain blanc », tel qu’il aime à se décrire, a plus d’une corde a son arc. Et il entend bien nous en faire montre sur la petite scène du Théâtre de Trévise à l’occasion de son spectacle sobrement intitulé Afrika.

L’arrivée en scène est fracassante : sous ses airs de british coincé, Eric Bouvron emprunte davantage à la spontanéité africaine qu’à la réserve anglo-saxonne. Il entame son spectacle par une série d’imitation d’animaux, avec une affection toute particulière pour les oiseaux. Poursuit avec une flopée d’anecdotes de la brousse. Les accessoires, minimalistes, ont pour vocation de démontrer qu’avec un bout de ficelle et un nez rouge, on peut tout faire (ou presque). Son costume de scène même est réduit à l’essentiel : T-shirt, bermuda, rien de grandiloquent, c’est l’homme qui est là, pas l’apparat. Et il est là, c’est certain : il raconte, il n’a de cesse de raconter, l’Afrique, celle qui est dégagée du temps, qui ne court qu’après l’instant. Il en parle avec attachement, de cette Afrique qui l’a vu grandir, qui est bercée par l’amour – de la Nature, de l’Autre –, par la mémoire, par la nostalgie, par la danse (la leçon de « Patsula jive », danse issue des ghettos : quel moment épique !), mais aussi par l’espoir. Avec son acolyte au tam-tam battant, Eric Bouvron n’a besoin que d’une heure pour condenser la profondeur de la pensée africaine, et se moquer, il faut bien le dire, de l’Occident.

L’art délicat de la dérision

Loin de peindre, toutefois, un tableau idyllique de l’Afrique, Eric Bouvron dénonce sous couvert de légèreté le racisme qui y sévit toujours. Au fond, sa question est simple : un Blanc peut-il être Africain ? Les cicatrices de la colonisation blanche sont en effet encore très vives en Afrique du Sud et l’ère de la ségrégation raciale très présente dans les esprits, si bien qu’il y a encore deux Afrique du Sud : une noire et une blanche. Sans jamais y faire allusion directement, Eric Bouvron ne se contente pas de faire le pitre : il casse les frontières, les barrières invisibles, les préjugés pas si éteints qu’il n’y paraît.

Et brise au passage les barrières tacites qui sépare le public du comédien. Enfantin, taquin, titilleux, à l’image de son jeu de scène ingénu et espiègle, il se fait un malin plaisir à nous mettre à contribution, à nous intégrer dans son spectacle, à nous faire monter sur scène. La satisfaction est entière quand il s’offre la joie de tourner en dérision l’auteur de ces lignes, l’érigeant presque (malgré elle !) en personnage du spectacle dont le public scandera gentiment le prénom qu’Eric n’aura pas cité dans ses remerciements. Afrika, Eric Bouvron, la rencontre des deux : c’est bien davantage qu’un simple spectacle comique. On se marre, oui, on réfléchit, aussi, mais surtout, qu’est-ce qu’on rougit… Un bon conseil : y aller, certes, mais éviter à tout prix le premier rang.

Faustine AMORE (Paris)

Afrika
Interprétation : Eric Bouvron
Mise en scène : Sophie Forte

Au Théâtre Trévise à Paris du 31 mars au 23 juin 2008
14 rue de Trévise – 75009 Paris – Tél. 01 48 65 97 90 – Résa. 01 45 23 35 45

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Published by Faustine AMORE - dans À Paris 2007-08
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