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Festival d'Avignon

3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 12:52
Sont réunies dans ce volume trois pièces brèves dont la programmation a fait l’objet d’émissions sur France Culture. Elles adoptent un ton badin de comédie. Elles prennent assise sur l’absurde. Le romancier Jean Rouaud (prix Goncourt 1990 pour Les champs d’honneur) s’est manifestement amusé et n’hésite pas à vagabonder à travers la parole pour lui faire jouer une logique de la déraison qui se base souvent sur le principe des associations d’idées enchaînées les unes après les autres.

La fuite en Chine sied bien au festival d’Avignon 2008. Elle montre un metteur en scène draguant une comédienne à qui il veut donner le rôle d’Ysé dans « Le Partage de midi » de Claudel, programmé cette année dans une version de Valérie Dréville. C’est prétexte à jouer sur plusieurs niveaux d’humour. D’abord, la caricature du directeur de troupe prêt à monter une pièce non pour ce qu’elle est mais pour les effets spectaculaires qu’il peut y ajouter, considérant les auteurs uniquement comme « une convention pour l’affiche ».

Ensuite se déclinent des variations drolatiques sur l’identité, la quête de soi, problème récurrent de ceux qui endossent sur scène des rôles chaque fois différents. Cela suppose quelque interrogation sur la différence entre théâtre et vie, mensonge et réalité, spectacle vivante et émissions télévisées enregistrées.

Rose Rose s’en prend aux stéréotypes, mettant en présence une jeune femme et deux fonctionnaires de police.  La perte de mémoire de la plaignante, y compris de ses nom et prénom,  devient prétexte à une sorte de batifolage ludique où les jeux de mots n’ont vraiment pas l’air sérieux. Comme chez un Courteline qui aurait été influencé par Ionesco.

Enfin, Prise de tête prend un malin plaisir à se servir d’expressions à double sens afin de miser sur des quiproquos de langage. L’animatrice radio et son invité à l’antenne se mettent, eux aussi, en quête d’identité jusqu’à aboutir à une photo de groupe où un personnage est sans tête, ce qui rejoint le sous-titre de l’œuvre : Judith et Holopherne.

C’est plaisant, sans prétention. C’est du divertissement pour amateurs de littérature. Ce qui nous change du boulevard et surtout des hectolitres d’hémoglobine déversés dans les feuilletons télévisés voués au culte des tueurs en série.

Michel VOITURIER

Jean Rouaud, La fuite en Chine, Bruxelles/Paris, Impressions nouvelles, 94 p. (13 €)


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Published by Michel VOITURIER - dans Côté Livres & DVD
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