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Festival d'Avignon

5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 23:49
UN SPECTACLE BIGARRE

Avec un art mesuré de la démesure et une manière construite de déconstruire, le jeune Guillaume Meurice dynamite les codes du spectacle dans un non-show déjanté mais joliment écrit et doté d’une mise en scène rigoureuse. Politiquement incorrect mais au réalisme mordant, son numéro scénique et cynique fait souffler un vent frais sur un humour hexagonal qui s’empâte. Salvateur.


Avec la tronche du type qui n’aurait réussi dans sa vie que ses examens d’urine ou serait arrivé premier dans un concours de circonstances, un ouvreur arrive sur scène. Les lunettes en deux morceaux reliés par un bout de ruban adhésif, le pif et la glotte englués dans  une angine qui lui provoque des expectorations forcément pas très glamour sur ses bonbons chocolats et esquimaux, "il a plus l’air d’un point virgule dans « Les Misérables » que d’un trait d’union dans « L’Amant de Lady Chaterley » (1)". Il va nous raconter sa vie jusqu’au moment où une voix-off le fout dehors.


Faux spectacle mais vraie déconnade. Durant une heure, nous allons naviguer, tantôt à vue, tantôt dans un blackout complet, sur les eaux d’un monde où le délire règne en maître. Mais le capitaine de bord, lui, sait très bien où il va, fortement aidé par son précieux collaborateur à la mise en scène. Les numéros s’enchaînent à un rythme effréné, les changements de costumes relèvent du marathon. Pas le temps de mettre la tête hors de l’eau.

A 27 ans, le jeune Guillaume Meurice, ancien élève du cours Florent, ne choisit donc pas vraiment la voie royale pour son premier one man show. Mais les chemins de traverse lui vont bien et surtout lui permettent d’aller où bon lui semble. Certes, son spectacle très bigarré (mais Bigard n’a rien à voir là-dedans, Dieu merci) n’est pas à mettre devant tous les yeux. Dérangeant, cynique, un tantinet blasphématoire, il secoue le cocotier des conventions avec un aplomb qui peut en crisper plus d’un. Et pourtant, les affres du comédien faisant le guignol sous l’accoutrement d’un panda pour pouvoir bouffer, la survie des Africains ou les ravages du tabagisme dans le sketch de la Mort ou encore la revue de presse faite par le Divin dans le final ne sont-ils pas autant de thèmes criants de réalisme ?

De drôles de sponsors

Mais si Guillaume peut déranger, ce n’est pas tant dans son propos dont le texte, soigneusement écrit, reste plutôt correct et poli, que dans la manière d’amener les choses. Parler de la mort, voire l’incarner, n’est pas nouveau dans l’humour, noir ou pas. Proposer des cigarettes à l’assemblée en présentant le « cowboy Marlboro qui prendra nos bronches au lasso » (2) comme le premier sponsor de la Camarde risque de moins bien passer. De même que de maintenir l’assistance dans une fausse attente en « meublant » les silences pendant dix minutes dans le noir le plus total.

Ces partis pris osés de faire rire en jouant sans arrêt sur la prédisposition du public au second degré prennent des allures d’authentiques défis. Mais avec son talent de comédien et sa présence sur scène, il n’y a pas à douter que ce jeune humoriste devrait rapidement trouver sa place, même si elle ne sera pas forcément (et heureusement) entre Dubosc et Roumanoff.

Franck BORTELLE (Paris)

(1)    dans « Cuisse de mouche » chanson de Pierre Perret
(2)    dans « Normandie Lusitania » chanson d’Alain Souchon

Mort de rire (Paris)
De et avec Guillaume Meurice
Mise en scène : Luc Martin
Théâtre Comic hall, 8 rue Pradier, 75019 Paris (Métro : Pyrénées)
Les jeudis, vendredis et samedis à 21h30 jusqu’au 28 juin 2008 (prolongé jusque fin août).
Photo : Franck Bortelle

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2007-08
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