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Festival d'Avignon

5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 23:53
PASSÉ PRÉSENT

Une chorégraphie qui bouleverse les codes du corps, qui s’allie avec des musiques médiévales mystiques d’Hildegard von Bingen et d’autres issues de la tradition syrienne, qui suscite le rire autant que l’exultation, voilà le spectacle mis en images spatiales contemporaines par Sidi Larbi Cherkaoui.


Les chants qui nourrissent les gestes et subjuguent les oreilles ont quelque chose de sublime. Leur pureté s’accommode joliment des voix des chanteuses, des instruments joués en direct. Ils s’harmonisent avec la diversité incarnée par les quatre danseurs du chorégraphe belgo-marocain. Ils tranchent parfois sur le traitement corporel qui oscille entre danse et pantomime.


En guise de décor, un écran divisé en quatre parties sur lesquelles apparaissent en ombre chinoise des éléments mobiliers de quatre lieux domestiques, devant lesquels de vrais objets  accompagnent les danseurs. C’est l’habituelle navette entre réel et virtuel. À ceci près que le virtuel, l’incroyable, l’impossible, ce sont le plus souvent les interprètes qui le réalisent sous les yeux du public.

L’exemple le plus frappant est sans conteste les séquences durant lesquelles un homme se voit transformé en objets successifs. Le voilà devenu téléphone portable, douche, miroir, cendrier, planche à repasser, vêtement et même hauts talons pour élégante factice. La fluidité des actes enchaînés contraste souvent avec l’énergie, la violence, la caricature de notre monde.

Mutations, convictions, impressions


Façonnement de la terre par les mains d’un créateur, passage par l’animalité tant de quadrupèdes que d’oiseaux, corps sculptés, voix éructée ou bouche cousue, alternances des victimes offertes et des bourreaux envahissants, cultures brassées, rituels consécutifs de transmission forment la trame des actes. La solitude s’associe avec l’union du couple, les liens de la collectivité. Cette « Origine » est celle du monde, de la vie, de nos comportements, de nos croyances.

Beaucoup de virtuosité dans tout cela. Mais jamais gratuite. Toujours au service de la  transformation d’idées en concrétisations visuelles. Le rythme ne se dément jamais, même si vers la fin, le renouvellement des trouvailles chorégraphiques faiblit. C’est essentiellement un spectacle de vitalité personnifiée qui envoûte. Mais qui, avec le recul, laisse néanmoins la sensation d’une œuvre hybride.

Michel VOITURIER (Lille)

À la Rose des Vents de Villeneuve d’Ascq les 27 et 28 mai.

Origine
Mise en scène et chorégraphie : S.L. Cherkaoui
Assistants à la chorégraphie : Nienke Reehorst, Satoshi Kudo, Claire Cunningham
Distribution: Kazutomi Kozuki, Navala Chaudhari, Valgerour Runarsdottir, Shawn Mothupi Musique : Hildegard von Bingen, Rabi’a van Basra
Musiciens : Fadia Tomb El-Hage (chant), Miriam Andersen (chant et harpe gothique), Vladimir Ivanoff (direction musicale, arrangements, percussion et luth)
Costumes : Isabelle Lhoas, Frederick Denis
Lumières : Enrico Bagnoli
Marionnette : Filip Peeters
Images : Gilles Delmas et « One of many »
Conseiller dramaturgique : Guy Cools

Photo © Koen Bross

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Published by Michel VOITURIER - dans En Région 2007-08
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