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Festival d'Avignon

6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 00:05
LA FEMME ESCARGOT

Ce n’est pas un spectacle, mais ça y ressemble fort. Une famille pas ordinaire, une fille qui tue son père de quatre coups de révolver… L’histoire se joue dans des costumes sobres sur une scène vide : c’est la mise en espace d’un texte fort.


Le Théâtre Ouvert, avec l’EPAT, Ecole Pratique des Auteurs de Théâtre, offre régulièrement aux spectateurs la rencontre avec un texte et avec son auteur. Un metteur en scène travaille avec ses acteurs pendant une dizaine de jours, travail de questionnement auquel assiste l’auteur, et présente ensuite une mise en espace de ce texte. Au spectateur d’imaginer le spectacle qui pourrait en découler. Trois sessions ont eu lieu cette saison, la première, fin 2007, ayant été la version scénique de « Entre les murs », de François Bégaudeau, dont l’adaptation cinématographique vient de remporter la palme d’or à Cannes.


D’autres procédés peuvent être mis en œuvre autour du texte : « Chantier », travail avec un auteur ponctué de rendez-vous publics ; « le Gueuloir », lecture par l’auteur ; « Carte blanche » lecture publique par un comédien, un auteur, un metteur en scène ou une personnalité d’un texte nouveau de son choix. Chacun de ces modes d’action, nés à Avignon à l’initiative de Jean Vilar, est suivi d’un débat public avec l’auteur et l’équipe artistique. Sont également proposés des spectacles à part entière.

Une pièce autour d’un cercle

En cette fin mai, le Théâtre Ouvert a présenté la pièce « Extraviada », ce qui signifie « égarée », pièce de Mariana Percovich, mise en espace par Jeanne Champagne. Pour cette histoire de parricide, tirée d’un fait-divers qui a secoué l’Uruguay et la ville de Montevideo, quatre acteurs lisent ou récitent le texte sur un espace nu au centre duquel un cercle enferme le dessin d’un cadavre. Et ce n’est pas le père qui est ici dessiné au sol, c’est Iris, la fille meurtrière enfermée dans le cercle de sa folie, la folie qu’on devine engendrée par le cercle familial.

La mise en espace s’appuie donc sur ce cercle symbolique, sur lequel reviennent toujours les acteurs. Iris, jeune institutrice, a grandi entre une mère fantasque, qui fredonne toujours le même air de tango tel un disque rayé, et un père pontifiant et brutal. C’est Jean-Claude Durand, abonné à ce genre de rôle, qui interprète ce père inquiétant et incestueux. Face à lui, Iris (Gwenaëlle David) est comme les petits escargots qu’elle affectionne. Elle se rétracte, se fait discrète, mais quand la mort vient, c’est une coquille vide qui reste.

La rencontre avec l’auteur, la metteur en scène et les acteurs permet d’éclairer les ressorts de la pièce. Mariana Percovich s’est appuyée, pour écrire cette histoire, sur la monographie clinique de ce cas psychiatrique. L’imbrication des voix et la complexité des enchaînements de ce texte très fragmenté rendent compte de la difficulté qu’a Iris mais aussi le spectateur à « comprendre » ce qu’il se passe. Mariana Percovich a introduit l’édition originale de sa pièce par une citation de Lacan : « Commencez par ne pas croire que vous comprenez… » Ainsi, Iris sent qu’il y a « un problème » dans sa famille, qui lui fait peur, mais chaque fois qu’elle croit l’avoir trouvé, celui-ci se déplace.

Mais aussi, ce que le spectateur français ne comprend pas au premier abord, c’est combien cette famille uruguayenne est le reflet de la société de son époque, où règne la sauvagerie de la dictature militaire. C’est ainsi une histoire-parabole qui est proposée. Une tragédie moderne, car on ne voit pas ce qui pourrait sauver cette jeune fille, écrasée par son destin.

Alexandra FRESSE
(Paris)

Extraviada
De Mariana Percovich
Traduction de Guy Lavigerie
Session animée par Jeanne Champagne
Avec Suliane Brahim, Christiane Cohendry, Gwenaëlle David, Jean-Claude Durand
Assistant stagiaire : Nicolas Charaux
Les 26-27 et 28 mai 2008 (les 26 et 28 mai à 20h, le 27 à 19h)

Extraviada est parue aux éditions Indigo et Côté-femmes, dans une traduction de Guy Lavigerie


Théatre Ouvert
Centre Dramatique National de Création
4 bis cité Véron 75018 Paris
Réservation : 01 42 55 55 50
www.theatre-ouvert.net

Photo c Jean-Julien Kraemer

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Published by Alexandra FRESSE - dans À Paris 2007-08
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