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Festival d'Avignon

6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 18:02
CARTE PERSONNELLE ET CARTOGRAPHIE D'UN PAYS

Une épopée ethnique, un récit de vie : rien qu'un petit fragment de l'Histoire, trente ans d'une vie tout de même… Celle de Diogène et celle, dramatique, de son pays, le Rwanda.


Comme l'indique cette fameuse carte d'identité, Diogène (dit "Atome" N'Tarindwa) est né en 1977 au Burundi, réfugié d'origine rwandaise, et Tutsi, ces précisions sont d'importance. Après le monument que fut  "Rwanda 94" du Groupov (1), voici un "simple" témoignage "de terrain" (génocidaire) en même temps que la relation d'un parcours personnel plutôt étonnant : démobilisation à 19 ans du FPR/APR (Front Patriotique Rwandais, et son bras armé), études de droit au Rwanda, puis études… d'art dramatique en Belgique.

Avec "Carte d'Identité", il devient auteur et acteur, il devient Diogène. Pour lui, le théâtre c'est plus que l'occasion, c'est "la nécessité, de parler de mémoire, de traces, d'identité, d'exil, de lien entre petite et grande histoire".


"Seul en scène", Diogène y fait monter une foule de personnages…

Seul sur un plateau dépouillé à l'extrême, avec les mises en ombres et lumières de Xavier Lauwers, l'humour de Diogène (l'humour que permet le recul et… sa propre personnalité) se teinte de noir, et de rouge sang. Il ne joue pas la comédie, il se raconte. Il raconte des petits ou des grands événements vécus de l'intérieur en puisant dans un dur passé qu'il ne renie pas et ne veut pas gommer. Tout au contraire, il s'est donné carte blanche pour revendiquer la véracité des faits et la réalité des multiples personnages qu'il campe avec aisance. Ces personnages, il ne les a pas imaginés, ce ne sont même pas des composites sur base de personnes réelles, ils sont comme "cette guerre entre vivants et morts", bien présents encore - intéressant dédoublement de(s) N'Tarindwa fils et père ! - ou disparus, comme certains de ses amis. D'abord acteur de/dans sa propre vie, il n'est plus sur une scène de théâtre qu'un torrent de souvenirs. Diogène est conteur, danseur et chanteur aussi. Il n'est ni historien, ni conférencier (d'ailleurs il ne se prive pas de se moquer des péroreurs de tout poil) et, bien sûr, que ce "témoignage personnel est partiel sinon partial" (2)… mais il est de première main et c'est ce qui en fait tout le prix. Avocat de son passé, il le défend avec la fougue du guerrier-patriote qu'il fut et le talent  très prometteur du jeune comédien qu'il est maintenant… 

Après un démarrage du projet assez chahuté (tracasseries à propos de visa, justement !), après Bruxelles, Diogène compte bien continuer sur sa lancée, parcourir les grandes cartes d'Afrique (Rwanda, Burundi, Congo…) mais aussi d'Europe. Y compris Avignon en 2009.

Suzane VANINA (Bruxeles)

1)"Rwanda 94" : grande tournée du spectacle-fleuve créé en 2000/Théâtre de la Place, Liège. Film-reportage sur la tournée, livre aux Editions Théâtrales (2002)…et nombreux prix.
2) Colette Braeckman

Texte : "Carte d'Identité" de Diogène N'Tarindwa
Interprétation : Diogène
Mise en scène : Philippe Laurent - regard extérieur : Jacques Delcuvellerie
Collaboration artistique : Olivier Wiame
Lumière : Xavier Lauwers

Coproduction Théâtre de Namur /"La Charge du Rhinocéros"/Théâtre de Poche
Au Poche du 3.6 au 14.6.2008 -Tél :+32(0)2.649.17.27 – www.poche.be

Crédits photos : Véronique Vercheval

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
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