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Festival d'Avignon

13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 22:44
QUAND DEUX ETRES SE CHERCHENT

Les chorégraphes Meg Stuart et Philippe Gehmacher élaborent un pas de deux nostalgique. Quand deux êtres se cherchent et ne se trouvent plus, il reste les ébauches. « Maybe forever » trace les contours d'un poème intime, et désillusionné sur des airs de guitare éthérés.

Patience, attente, suspension. La danse ébauchée par le duo Meg Stuart/ Phillipp Gehmacher demande une attention toute particulière. Artifice zéro, esbroufe nulle sur la scène de la Volksbühne habituée à plus d’effervescence. Pour leur premier spectacle en commun, la chorégraphe américaine et le jeune artiste autrichien construisent une rencontre au-delà de toute agitation dans une communication maladroite, douloureuse et tendue, à l'image de cette première scène obscure.


Est-ce l'aube ou la tombée de la nuit ? Dans une pénombre enveloppante où se distinguent à peine les êtres, les corps à l'état presque larvaire, insectes lentement déployés, semblent opérer une mue. Un couple se reconnait, se réveille d’une histoire commune. Une bande son terrienne et minérale accompagne les étreintes anciennes et rampantes. Après de longues minutes la lumière apparaît enfin, la guitare électrique résonne, en live. Le jour éclaire désormais d’un jour crû le couple désormais debout et son histoire.

Etreintes furtives

Est-ce le constat d'une impossible communication amoureuse, du gouffre qui règne entre ces êtres fourmillant et s'agitant à la lumière du jour pour mieux s'ignorer ? La déstructuration règne sur une scène dépouillée où les micros et d'épais rideaux noirs délimitent l’arène sociale. L'émotion est là, fugace, se loge dans un mouvement cassé, une étreinte ratée, une mélodie de guitare atmosphérique. Explosive, Meg Ryan laisse ses membres lui échapper, roule vers lui, y croit encore. Mais non, il est trop tard. "I take it back" scande t-elle au micro dans un long poème où elle regrette tous ces moments amoureux où l'on laisse des bouts de soi et ses sentiments pour rien, pour des rencontres ratées, avortées.

Elle, souffre, s'interroge dans des mouvements saccadés, énergiques, inutiles. Lui tente de communiquer, échoue dans une gestuelle minimale et déséquilibrée. Quand il marche, il tangue un peu, jamais vraiment assuré. Parfois les corps s'atteignent dans une étreinte déjà terminée, trop furtive. Comme cette photo géante de pissenlits éphémères qui passe du noir et blanc à la couleur éclatante, pour se faner à nouveau, leur histoire n'en finit pas de se finir dans des soubresauts d’espoir. Ils y croient encore le temps d'une chanson, et des accords de guitare délicats du songwriter belge Niko Hafkenscheid qui sur scène distille nonchalamment ses longues chansons folk. La musique, le son accompagnent les danseurs, les habillent, les rendent moins solitaires.

Même teintée de tristesse et de regret, la rencontre a lieu. Avec le public aussi. Dans la fragilité des mouvements, les deux chorégraphes disent douloureusement la difficulté de se re-trouver. La romance n'est plus. Sauf dans les refrains un peu menteurs des guitares.

Stéphanie PICHON (Berlin)

« Maybe forever » de Meg Stuart et Philipp Gemacher
Chorégraphie et danse : Meg Stuart, Philipp Gehmacher
Musique en direct : Niko Hafkenscheid
Dramaturgie : Myriam Van Imschoot
Lumières : Jan Maertens
Scénographie et costumes : Janina Audick
Musique et son : Vincent Malstaf
Assistante chorégraphie : Cigal Zouk
Les 20 et 21 juin au Pact Zollverein, Essen, Allemagne.
Le 10 juillet à Salzbourg

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Published by Stéphanie PICHON - dans En Europe 2007-08
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