Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:33
IONESCO VERSION CARTOON

Un des classiques du « théâtre de l'absurde » nous est donné en version carrément cartoonesque. Il est manifeste que le « non sense » sur quoi repose la démarche de cette oeuvre n'est pas sans ressembler furieusement à celui qui préside à l'esprit des dessins animés américains de la grande période, façon Tex Avery.

L'argument de départ est bien connu : une jeune fille vient chez un professeur pour une leçon particulière. Mais comme l'indique la scène prémonitoire en préambule, cela ne peut que mal finir car c'est bien de meurtre qu'il s'agit, sauf que l'assassinat qui nous est montré dans cette préface clownesque, c'est celui du professeur... à l'inverse donc de ce qu'avait initialement prévu l'auteur.


Le point de vue du metteur en scène Yves Sauton – qui sous son nom d'acteur (Erwan Alec), interprète le professeur – peut-il battre en brèche peu ou prou la vision tragico-grotesque de Ionesco, ou encore y suppléer ? Voilà qui est tout à fait vraisemblable dans le cadre d'une oeuvre dadaïste, limite surréaliste, où la dimension théâtrale n'intervient que pour lui donner sa part d'apparente gratuité, trompeuse, par rapport à la réalité extérieure... Derrière tout cela, il y a, en vérité, mais nous le savions déjà, un regard extrêmement pessismiste sur le devenir humain.

Vanité des connaissances et de la culture...

Sur le plateau du théâtre,  nous sommes en un lieu surréaliste où, comme dans les cartoons hollywoodiens, tout peut arriver, même et surtout l'inattendu et l'improbable... Les gags viennent à point pour ponctuer et renforcer çà et là l'absurdité des situations, des dialogues et surtout du contenu pseudo-pédagogique de cette fameuse leçon. Ils répondent au slapstick verbal du texte.  Ionesco avait déjà traité de l'inanité du discours. Ici, c'est de celle de la culture même dont il est question. Face aux instincts humains, face à l'état de guerre qui règne à l'extérieur, en coulisses, et même aux douleurs d'une banale rage de dents, la culture
est impuissante à changer quoi que ce soit et surtout pas à délivrer l'individu de ses peurs et de ses  pulsions destructrices envers lui même et ses semblables.

Cette conception hautement subversive, irréaliste sinon irréelle,  de la dérisoire condition humaine est magnifiquement mise en évidence par les trois interprètes : Julie Arcq (la bonne), Christine Eckenschwiller (l'élève) et Erwan Alec (le Professeur).  Tous trois se livrent à un véritable marathon théâtral qui, le plus  souvent, force l'admiration.

Henri LÉPINE (Avignon)

Les Ateliers d'Amphoux, 10, 12, rue d'Amphoux, Avignon.
Du 10 juillet au 2 août 2008 à 16h20.  Réservation :04 90 86 17 12.

Partager cet article

Repost 0
Published by Henri LÉPINE - dans Festival Off 2008
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche