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Festival d'Avignon

28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 10:59
VIVONS HEUREUX EN ATTENDANT LA MORT !

Osé, drôle, iconoclaste, débridé, loufoque, explosif, décalé, vivant…Les adjectifs ne manquent. Quelque part entre théâtre, performance et cabaret, on ne sait franchement où situer cet ovni du genre que nous a concocté le Groupe Incognito. Avec en substance une interrogation sur notre faculté à être heureux. Cette mixture indéfinissable est comme un élixir de bonheur à la portée de tous.

Fin de la conférence de presse. Le spectacle débute. Attablés derrière une table immense qui se transformera plus tard en scène, les conférenciers interrogent l’auditoire. « Avez-vous encore des questions ? » Chacun d’entre eux a défendu son idée de l’Utopie avec le sérieux d’un Thomas More ou d’un Campanella. Mais comme dans la réalité, entre gens de savoir et la masse inculte, le message a du mal à passer. Nos « Docteurs Es-Utopies » vont alors user d’autres moyens, plus accessibles ceux-là, pour s’exprimer. Alternent alors chansons, poèmes et textes. Damia, Léo Ferré, Pierre Desproges et quelques autres sont mobilisés et revisités à la sauce Incognito pour « le plus grand bonheur de notre humanité ». Deux talentueux musiciens accompagnent les comédiens dans leur démonstration tandis que le tout est agrémenté  par les folles et explosives inventions qu’une bricoleuse en bleu de travail réalise pendant tout le spectacle.


Comme une étoile filante dans un ciel obscur


Expression d’une génération désabusée appelant de ses vœux la fin de « la culpabilité judéo-chrétienne» et recherchant sur des cartes héritées de mai 68 sa propre « route du bonheur », le Cabaret des Utopies ne serait-il pas au fond une exhortation à vivre heureux ? Et cela, malgré les coups durs que nous réserve parfois la vie…  


Certes ce spectacle est construit autour d’une véritable réflexion philosophique, mais il demeure avant tout un travail d’artistes. De talentueux artistes (comme sait en former le TNS par lequel ils sont passés). Chacun des membres de ce groupe tient impeccablement sa place avec un plaisir contagieux. Les thèmes abordés ne sont pourtant pas toujours drôles. Par exemple, ce rêve -qu’ils ont fait collectivement- évoquant la mort d’un de leurs amis et que nous raconte de façon si poignante Julia Côte recèle une véritable charge émotionnelle. Sérieux également, cet appel à signatures lancé par un des comédiens durant la représentation pour une pétition en faveur d’un numerus clausus dans les prisons hexagonales parce que « Trop c’est trop ! ». Preuve que l’on peut être rêveur et garder les pieds sur terre ou aborder les sujets les plus graves avec la légèreté et l’éclat d’une étoile filante… 

Cette compagnie a choisit de s’appeler le Groupe Incognito. Mais comment ne pas faire parler d’elle en proposant des spectacles de cette qualité ? Vraiment, n’est-ce pas cela qui relève de l’utopie.

Idrissa SIBAILLY (Paris)

Le Cabaret des Utopies
Théâtre de la Cité Internationale 
17, boulevard Jourdan - 75014 Paris
Réservations 01 43 13 50 50

Création du Groupe Incognito
Scénograhie : Jane Joyet
Lumière : Kelig Le Bars
Costumes : Alice Laloy
Musiciens : Christophe Imbs, Eric Recordier
Manipulatrices : Jane Joyet, Alice Laloy
Regard : Gaël Chaillat

Avec Olivia Côte, Guillaume Durieux, Maud Le Grévellec, Catherine tartarin, jean-baptiste Verquin, Hélène Viaux
Collaboration Antoine Besson  

Photos © Elisabeth Carecchio

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Published by Idrissa SIBAILLY - dans À Paris 2007-08
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