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Festival d'Avignon

30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 19:48
UN FLAUBERT PLUS INTIME ET ELECTRIQUE

« Ce qui est certain, c’est qu’il est beaucoup moins confortable pour moi d’être metteur en scène qu’acteur. Et en même temps, c’est beaucoup plus important, intimement. » A trente deux ans, Loïc Corbery, pensionnaire de la Comédie Française depuis 2005, propose au théâtre de la Gaîté- Montparnasse, une mise en scène électrique et passionnante de Flaubert avec sur scène un Jacques Weber inédit.

En quoi cette pièce a-t-elle évolué par rapport à sa première mise en scène ?
Physiquement et affectivement, Jacques aborde la pièce avec douze ans de plus,  et entre temps, il y a eu ma rencontre avec lui, mon chemin d’acteur, mes premiers pas d’homme de théâtre (un bien grand mot !). Arnaud Bédouet donne tout d’un coup à Flaubert un  partenaire, un miroir, une écoute qui est le personnage de Marie. Avec Magali Rosenzweig, que j’aime énormément, j’avais envie que cette gouvernante puisse prendre, tout au long de cette nuit, tous les visages possibles : de la gouvernante, de l’amie, de la fille, de la sœur, de la mère, de l’amante fantasmée par Flaubert. Et le silence qu’Arnaud lui a imposé dans la pièce permettait cela.


La dramatisation de la nuit d’orage est réalisée ici à partir d’éléments anachroniques (électricité, bouteilles d’eau en plastique, etc.), pouvez-vous nous en parler un peu plus ?

C’est terrible qu’aujourd’hui les gens aient à ce point envie d’être rassurés, de vouloir reconnaître les choses quand ils vont au théâtre ! Ce qui est merveilleux, c’est que j’ai travaillé sur des mots, les mots qu’un homme a vraiment écrits. Ce qui est important c’est qu’un acteur dise ces mots-là sur un plateau de théâtre à des spectateurs et que ces gens l’entendent. Que ce soit Flaubert ou pas, peu importe pour moi. Il se trouve que là on est à Paris au XXI° siècle dans un théâtre avec Jacques Weber et Magali Rosenzweig et ces mots-là.

Comment avez-vous travaillé avec Jacques Weber qui a sur scène cette façon incroyable de dire le texte, quasi électrique ?
Le travail du texte en amont, c’était vraiment important pour moi. Grüber, qui est mort la semaine dernière (et c’est terrible pour le théâtre), quand il travaillait sur le tragique avec des acteurs, il leur disait : « Pensez la réplique avant et dites-la simplement et franchement. Mais ne pensez pas pendant la réplique. » Aller au bout d’une respiration mentale, ne pas enchaîner ces pensées, ne pas les mélanger, mais les additionner clairement précisément.

Quels sont les traits de personnalité qui vous fascinent chez « votre Gustave » ?
Dans le spectacle, ce qu’on découvre de Flaubert, c’est cette partie intime de Gustave et non l’œuvre publique de Flaubert. Celui, qui, le soir, fermait son cahier et écrivait du courrier où il se lâchait, se répandait, hurlait. Mais de la même manière que les gens vont au théâtre et s’attendent à voir chez Weber le personnage public, bonhomme, sympathique qu’ils imaginent, je pense qu’ils ressortent en ayant vu quelqu’un d’autre, qui à mon avis ressemble plus à Jacques.


Propos recueillis par Laetitia HEURTEAU (Paris)

Lire la critique de Sacré nom de Dieu par Franck Bortelle.

Sacré nom de Dieu
Une pièce d’Arnaud Bédouet
D’après la correspondance de Gustave Flaubert
Mise en scène : Loïc Corbery
Avec Jacques Weber et Magali Rosenzweig
Théâtre de la Gaîté Montparnasse, 26 rue de la Gaîté, 75014 Paris
Du mardi au samedi à 21h30, le dimanche à 18 heures
Réservations : 01 43 22 16 18
Durée : 1h30

A noter que Loïc Corbery joue actuellement à la Comédie Française  en alternance dans Cyrano de Bergerac, La Mégère apprivoisée et Figaro divorce.

Photo © Mireille Ampilhac

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Published by Laetitia HEURTEAU - dans En bonne compagnie
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